François Barrer

François Barrer a réalisé la plus belle performance de sa jeune carrière lors du meeting de Carquefou.

 

A tout juste 24 ans, l’ex-international jeunes a franchi un cap important dans sa carrière ce samedi en bouclant le 5 000 m de Carquefou en 13’27’’69. Une renaissance pour cet athlète qui a failli stopper sa carrière en fin de saison dernière et qui, depuis septembre, s’est relancé à Reims dans le groupe de Farouk Madaci, après plusieurs saisons à Lille. Reportage.

En athlétisme, les exploits de l’été ont toujours pour origine les gouttes de sueur perdues lors des longs mois de préparation. Pour François Barrer, après un hiver studieux du côté de Reims, toutes les fondations avaient été posées pour que l’été soit beau. Sa rentrée sur 5 000 m à Oordegem à la fin du mois de mai avait d’ailleurs déjà scellé son niveau (13’42’’17, record personnel).

Séance costaud avec Mekhissi

Mais depuis, le Rémois avait passé une séance de costaud, en compagnie de Mahiedine Mekhissi, un vrai costaud. Sur la piste du CREPS de Reims, les deux hommes, tirés en vélo par leur entraineur Farouk Madaci, avaient enchainé 20 tours de piste, à l’allure très soutenue de 61’’, avec seulement une minute de récupération entre chaque répétition. Le genre de séance qui met le corps à dure épreuve mais qui renforce la tête. « Cette séance m’a fait beaucoup de bien, avoue-t-il. Pendant tout l‘entrainement, je n’arrêtais pas de me demander quand j’allais exploser. Et je n’ai jamais explosé. »

Un test que peu de coureurs en France sont capables de passer, parole de triple médaillé olympique. « J’ai fait toute une semaine d’entrainement avec Mahiedine. Et comme j’avais réussi à l’accrocher, ça m’a sûrement donné un peu de confiance en plus. » Cette confiance il s’en est servie pour prendre le bon wagon d’entrée à Carquefou (8’05 au 3 000 m), avant de finir en trombe, après un dernier coup d’œil à la cloche sur le chrono qui affichait 12’27. 400 m et 60’’ plus tard, il franchissait la ligne en 13’27’’69, s’arrêtant cinquante mètres plus loin dans les bras de son entraineur, léger comme une plume. « Je suis super content. L’objectif était de faire moins de 13’30. Avec dans un coin de la tête les minima mondiaux comme tout sportif qui veut gagner. Ils ne sont pas très loin. Mais c’est une énorme revanche par rapport aux années précédentes. C’est une bonne soirée. »

Besoin de quitter Lille

Une belle soirée d’été, que le Français n’avait plus connu depuis un moment. C’est d’ailleurs ça qu’il était venu rechercher à Reims en début de saison, quand après plusieurs années passées à Lille dans le groupe d’Alain Lignier, il avait besoin de prendre une grande bouffée d’air frais. « J’avais besoin de changement, avoue-t-il. J’en avais marre. J’ai presque eu envie d’arrêter l’athlétisme à la fin de la saison dernière. J’avais besoin de quelque chose de nouveau. Je ne regrette pas du tout. Il y a quelques mois, j’avais dit que c’était une renaissance, je revis ! Que ce soit psychologiquement et physiquement, ça n’a rien à voir. »

Pour cela, l’athlète du DAC Reims a choisi la thérapie du groupe rémois de Farouk Madaci, avec notamment le triathlète international Vincent Luis, l’international belge Tarik Moukrime et le triple médaillé olympique sur 3 000 m steeple Mahiedine Mekhissi. Un choix en connaissance de causes, puisqu’il avait été formé par Vincent Phélizot au CREPS de Reims, où il avait déjà côtoyé Madaci. « Je ne me suis pas posé de questions cette année car je savais que je bossais bien, que je faisais des bonnes séances. Même si au niveau des chronos des séances, j’allais plus vite quand j’étais à Lille, je vais beaucoup plus vite en compétition maintenant. J’ai confiance en mon coach. Quand on met tout en place, ça ne peut que fonctionner. »

Un palier de franchi

Un coach qui quittait la piste les yeux embrumaient, heureux pour son athlète, lui qui a pourtant déjà connu les lauriers olympiques en 2012 dans l’ombre de Mekhissi. « Je suis vraiment content pour François. Aujourd’hui (hier), il avait l’œil du tigre. C’était beau à voir. » Une joie qu’il avait envie de partager, allant jusqu’à écrire un message à Vincent Phélizot, avec qui il est brouillé, pour le prévenir de la perf de son ex-poulain. « C’est aussi un peu grâce à lui. Tous les gens qui suivent François doivent être heureux pour lui. »

Surtout que ça ne semble que le début pour Barrer, qui après avoir connu de nombreuses sélections chez les jeunes, vient de passer le cap chez les seniors. « Je pense que c’est un palier qui a été franchi, lance-t-il. Les prochaines années seront de bonnes occasions pour faire les minima internationaux. Ils ne sont pas loin cette année. L’année prochaine, ils seront là, j’espère. »

Première sélection chez les grands ?

Dans tous les cas, il ne courra pas après les 13’’22’’60 demandés par la FFA. Surtout qu’après les France Elite (14-16 juillet), il devrait être repêché pour Abidjan (19-29 juillet) et les Jeux de la Francophonie, avant de s’aligner sur les Universiades à Taïwan au mois d’août. Avant cela, il courra le 1 500 m du meeting de l’Artois (4 juillet) aux côtés de certains de ses collègues d’entrainement comme Mekhissi ou Moukrime. Par contre, pas de 3 000 m steeple au programme pour le moment, même s’il avait voulu tenter l’aventure en début d’été. « Je voulais faire du steeple en début de saison. Mais j’ai vite compris que ce n’était pas encore pour maintenant. Mais je ne ferme pas la porte. »

Pour l’heure, la porte s’est ouverte en grand sur le 5 000 m. Et il n’est pas prêt de la refermer.

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Journaliste professionnel. Fondateur et rédacteur en chef de Track and Life.

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