Raihau Maiau

Raihau Maiau a terminé deuxième du saut en longueur des Championnats de France Elite avec 7m99.

 

Arrivé en France en septembre 2013, le sauteur en longueur Raihau Maiau (24 ans) ne cesse de progresser, ce qui le rapproche centimètre après centimètre de l’équipe de France.

Il n’en reste qu’un. Un ultime essai à réaliser pour les quatre derniers concurrents de la finale de longueur des Championnats de France Elite d’Aubière. En tête depuis son entrée dans le concours (7,91 m), Raihau Maiau connaît la menace. Elle vient de Lille, en connaît un rayon sur la longueur et adore le dernier essai. « On l’attendait le sixième essai de Kaf (Kafétien Gomis) », soupire Raihau Maiau. Et comme souvent, Gomis s’est envolé au sixième acte (8,23 m), concours anéanti. « Mon but était plutôt de faire les minima pour les Monde (8,18 m) ou les Jeux olympiques (8,15 m). J’aurais préféré faire cinquième et faire les minima. »

7,92 m de moyenne aux France

Le Polynésien d’origine se contentera d’une deuxième place, comme l’été dernier à Villeneuve d’Ascq, surtout que son concours était le meilleur de sa jeune carrière. « C’est la première fois que ma moyenne dans un concours est aussi élevée (7,92 m de moyenne avec un saut mordu et une pointe à 7,99 m). J’ai presque fait tous mes sauts à plus de 7,90 m. A un moment ça va passer. »

Comme le lui a glissé Renaud Longuèvre, l’entraineur de Kafétien Gomis, à la fin de son concours : « il faut attendre, ce n’est pas encore le moment ». Passé pour la première fois au-delà des huit mètres le 4 février à Nantes (il avait déjà réalisé plus de 8 m mais avec un vent irrégulier), le Tahitien sent que sa progression est constante depuis son arrivée en France en septembre 2013. « C’est vraiment ma moyenne des sauts en concours qui monte. Au début de l’année dernière, j’étais régulier à 7,70 m. Puis, au milieu de la saison je commençais à l’être à 7,80 m. Maintenant, je le suis à 7,90 m et je fais la gueule. J’espère qu’un jour je ferai 8 m et que je ferai la gueule ! »

Raihau Maiau

Entrainé par Dominique Hernandez à Toulouse, Raihau Maiau vise une qualification pour les Jeux olympique (8,15 m).

 

Une chute à vélo aurait pu anéantir sa carrière

La tronche, il l’a faite un peu en arrivant en France au mois de septembre 2013, « en hiver », selon lui. « Ca a été un grand changement pour moi. Les températures, les entrainements, tout était dur. Mais je voulais faire confiance à Dominique. » Dominique Hernandez, responsable du pôle d’athlétisme au CREPS de Toulouse, avait déjà remarqué le talentueux Maiau lorsqu’il était venu encadrer l’équipe tahitienne pour les Jeux du Pacifique. Depuis, les deux hommes avaient gardé contact. Alors, quand Raihau Maiau s’est retrouvé à deux doigts d’arrêter l’athlétisme, le Toulousain a pris son téléphone. « En 2013, j’ai fait une chute à vélo en allant surfer à Tahiti, explique le vice-champion de France de la longueur. Je me suis coupé deux tiers du tendon d’Achille gauche, mon pied d’appel. Pour moi, l’athlé c’était fini. »

Une fin vite reportée. Après un début de rééducation sur son île, Raihau Maihau entame le voyage vers la Métropole, un de plus. Car, depuis ses débuts en athlétisme, il a fait des grands sauts d’île en île. « En 2011, j’avais terminé deuxième des Jeux du Pacifique avec 7m54, raconte-t-il. Lamine Diack (président de la Fédération internationale démissionnaire en novembre dernier) était venu me parler en me disant qu’il avait été champion de France avec un saut à 7m63 (en 1958). Et de là, il m’a proposé une bourse d’études en Australie. »

Envoyé en Australie par Lamine Diack

Intégré au groupe de la championne olympique du 100 m haies (2012) Sally Pearson à Gold Coast (côte est de l’Australie), le Polynésien a découvert un autre milieu avant de revenir sur son île en octobre 2012.

Depuis, il s’est fait un nom dans les bacs à sable métropolitains. Champion de France espoirs en 2014 et vainqueur du Match Méditerranéen, il a porté son record personnel à 7,98 m l’été dernier, avant cet hiver probant. « Depuis que je suis arrivé en France j’ai battu tous mes records, donc tout va bien ! »

De retour une fois par an à Tahiti– « mon île me manque beaucoup » – Raihau Maiau devra peut-être repousser son voyage s’il se qualifie pour les Jeux olympiques. « J’ai déjà participé aux Championnats du monde en salle en 2012 avec Tahiti (sur 60 m à Istanbul). Maintenant j’aimerais le faire avec le maillot de l’équipe de France. »

Une sélection qu’il pourrait partager avec les deux « anciens » Salim Sdiri et Kafétien Gomis. « Avant de commencer la longueur, je les regardais à la télévision. Ils m’ont inspiré. »

Des connaisseurs de grands sauts, dont il aurait tort de se priver des conseils.

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Journaliste professionnel. Fondateur et rédacteur en chef de Track and Life.

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