Jimmy Vicaut

Jimmy Vicaut avait du mal à cacher sa détresse à la suite de sa troisième place sur le 100 m.

 

Seulement troisième du 100 m des Championnats d’Europe, Jimmy Vicaut est passé à côté du premier rendez-vous majeur de sa carrière. Le recordman d’Europe de la ligne droite (9’’86) n’est toujours pas couronné chez les seniors.

A la vue de son début de saison, Jimmy Vicaut était prêt pour le couronnement continental. 9’’86 à Montreuil le 7 juin, 9’’88 deux semaines plus tard aux Championnats de France, on ne voyait pas comment il pouvait manquer sa première médaille d’or internationale chez les seniors. Surtout que le buffet composé d’un nouveau Turc (Jak Ali Harvey) et d’un ancien Hollandais (Churandy Martina) n’avait vraiment pas de quoi l’effrayer. Mais comme dans un mauvais rêve, Vicaut a pris un départ poussif, a eu du mal à accélérer et s’est finalement crispé pour terminer troisième, laissant le sceptre à Churandy Martina, local de l’étape et étonné de se retrouver couronné (10’’07). « C’est un échec, lâchait un Vicaut encore sous le choc. Avec 9’’86, je dois être premier. J’étais venu pour l’or et je finis troisième. »

« Il faut que je travaille mentalement »

Un tremblement de terre que l’entraineur Guy Ontanon ne comprenait pas non plus. « Il faut surtout qu’on se pose, nous, pour comprendre ce qu’il s’est passé. Il y a eu une énorme crispation qui l’a empêché de se libérer complètement dans la course et de pouvoir exprimer ce qu’il sait le mieux faire à partir des 50-60 m. »

Alors quoi, le prince Vicaut ne supporterait pas la pression ? « Il faut que je travaille mentalement, avouait-il. Il y a toujours des choses à travailler. Ce n’est pas encore parfait. Je me suis crispé et je fais une fin de course à l’arrache. » « A aucun moment j’ai senti qu’il allait se libérer dans la course, continuait Ontanon. J’espérais sincèrement qu’il allait avoir le déclic mais il n’est jamais venu. Probablement le fait d’avoir sur ses épaules ce statut de grandissime favori. J’avais dit que la médaille n’était pas accrochée avant d’avoir couru. Dans tous les cas, c’est une course très compliquée à analyser car il n’y a pas les ingrédients qu’on a vu tout au long de l’année. »

Réconforté par Kafétien Gomis

Habitué aux joies sincères depuis le début de la saison, Vicaut avait du mal à cacher sa tristesse. Il fallait même le pousser pour qu’il s’empare du drapeau tricolore pour faire semblant de parader. D’ailleurs, à ce moment-là, « Tonton » Kaf (Kafétien Gomis, 7e de la longueur) était là pour lui glisser un petit mot. « Il m’a dit de penser à Rio et il a raison ! »

Rio, ses plages, ses Jeux olympiques et ses fauves affamés, loin des petits chats qui étaient ce soir alignés sur la ligne droite. « Quand tu as la meilleure performance européenne, tu t’attends à l’or. On va rebosser, il n’y a plus que ça à faire. De toute façon, il faut passer à autre chose. Car si je reste sur ça, je ne vais pas avancer. »

Cap sur Rio

Est-ce qu’il en sera encore capable ? « Ce sont des courses qu’on a dû mal à digérer, avançait Ontanon. Il va falloir travailler très vite dessus et retrouver de la confiance. Le meeting de Londres (22 juillet) sera un passage obligé, avec l’envie de se reconstruire. »

Le couronnement continental attendra. Par contre, pour monter sur le trône du roi Bolt, il reste encore des places. Et s’il en fait partie, Jimmy Vicaut aura vite oublié le rendez-vous manqué d’Amsterdam.

Partager cet article

Journaliste professionnel. Fondateur et rédacteur en chef de Track and Life.

Facebook Comments

Website Comments

Post a comment