Mamadou Kasse Hann

Mamadou Kasse Hann participera ce jeudi 7 juillet à son premier grand championnat sous les couleurs de la France.

 

Le spécialiste du 400 m haies d’origine sénégalaise participera aujourd’hui à sa première compétition internationale sous les couleurs de la France. Retour sur un athlète atypique qui n’a débuté l’athlétisme qu’à l’âge de 22 ans.

Le 26 juin dernier, Mamadou Kasse Hann remportait son premier titre de champion de France sur le 400 m haies au stadium du Lac de Maine à Angers (50’’26). Il avait déjà fini premier de cette course au même endroit, quatre ans plus tôt, mais il n’avait pas eu le droit de goûter au titre, puisqu’à l’époque, il était encore Sénégalais. « Ca fait plaisir de gagner officiellement le titre de champion de France », lâchait-il avec un grand sourire après le podium.

Moins de 50’’ pour le premier 400 m de sa vie

Pourtant, rien ne le prédestinait à devenir un jour sportif sous bannière française. D’ailleurs, rien ne le prédestinait à devenir un sportif tout court. « J’ai commencé l’athlétisme à 22 ans. Avant, je ne faisais rien du tout. Je préférais rester chez moi. Je ne regardais même pas le sport à la télévision. » Mais un jour, en se rendant à une compétition scolaire avec sa sœur (coureuse de 800 m), Mamadou Kasse Hann est appelé en renfort pour combler un trou dans un relais 4×400 m. « Au début, je ne voulais pas mais ma sœur m’a dit d’essayer. Finalement, j’ai été chronométré en 49’’. »

Malade pendant une semaine à la suite de cette course, il ne souhaite plus jamais mettre les pieds sur un stade. Mais le lobbying d’un entraineur du club de Dakar finit par fonctionner. « L’entraineur de ma soeur m’a demandé d’intégrer le club à Dakar mais je ne voulais pas car c’était trop dur. Il a insisté auprès de mes parents pour que je vienne. Du coup, j’ai fini par céder. »

Bourse de l’Ambassade de France

Meilleur espoir africain la saison suivante, il intègre le Centre International d’entrainement pour les Africains à Dakar. C’est là, que son entraineur Tidiane Correa, alors cadre technique au centre, le découvre. « Quand j’étais à Dakar, j’ai eu une bourse de l’Ambassade de France qui m’a permis d’intégrer le centre d’entrainement, explique-t-il. Mon coach était le directeur technique du centre de Dakar. Quand il a fini de travailler là-bas, il est revenu en France. Et on m’a donné une bourse pour que je vienne m’entrainer à Montpellier. C’est lui qui m’a toujours encadré. »

Une arrivée en France qui correspond à l’envolée de ses résultats. « Au bout de deux mois d’entrainement en France, j’ai fait les minima pour les JO. » Demi-finaliste à Londres sur 400 m haies en 2012, il termine septième de la finale mondiale un an plus tard à Moscou (record : 48’’50). De quoi attirer les sirènes de la Fédération française d’athlétisme. « En 2013, on m’a proposé de courir pour la France et j’ai été naturalisé en 2014. »

Opéré des deux genoux en juin 2015

Opéré des deux genoux le 26 juin 2015 (suite à des tendinites rotuliennes à répétition), il n’avait pas pu porter la tunique bleu-blanc-rouge la saison passée. Et c’est donc ce jeudi (7 juillet), aux Championnats d’Europe d’Amsterdam, qu’il entamera une nouvelle histoire avec l’équipe de France. « La France a toujours participé d’une manière ou d’une autre à ma carrière. »

Un championnat où il aimerait s’affranchir des minima olympiques (49’’10), dont il est si proche (49’’15 le 11 juin à Genève). « Normalement je peux les faire. Je pense qu’aux Europe ça va le faire. Je fonctionne comme ça. Dans les championnats, tout est possible, il faut juste se concentrer à fond. Et se donner les moyens. Y aller sans réfléchir. »

De quoi participer à ses deuxièmes Jeux olympiques de suite. Plutôt pas mal, pour un athlète qui ne connaissait rien au sport et encore moins à l’athlétisme, il y a moins de neuf ans (il a 29 ans). « J’ai découvert l’athlétisme comme ça. Maintenant, j’aime ca. Je me concentre à fond dedans. »

Pour son plus grand bonheur et celui de la Fédération française.

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Journaliste professionnel. Fondateur et rédacteur en chef de Track and Life.

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