Carole Zahi

Carole Zahi a participé à sa première sélection avec l’équipe de France lors des Championnats du monde en salle de Portland.

 

Sélectionnée pour la première fois en équipe de France pour les Championnats du monde de Portland, la sprinteuse Carole Zahi a vu sa préparation finale contrariée par un problème administratif.

Jusqu’au mercredi 16 mars, Carole Zahi ne pouvait se rendre aux Etats-Unis, la faute à un visa non délivré par le pays hôte des Championnats du monde en salle. Naturalisée française en novembre dernier, la sprinteuse du pôle espoirs de Fontainebleau n’a reçu que le 11 mars, le décret de naturalisation lui permettant de faire un passeport français.

Départ le jeudi aux Etats-Unis pour une course le samedi

C’est donc avec son passeport ivoirien, son pays d’origine, qu’elle a demandé un visa américain, ce qui a entrainé des retards. Prévenue le mercredi à 23h30 que sa demande avait été acceptée, elle était dans le premier avion pour Portland le jeudi matin (les séries du 60 m avaient lieu le samedi). Pas la meilleure façon de préparer des Championnats du monde. « J’avais presque lâché l’affaire quand j’ai vu que le mardi (15 mars) rien n’était encore arrivé, explique la sprinteuse de 21 ans. C’a gâché ma dernière semaine de préparation où je n’ai pas pu beaucoup m’entrainer. C’est dommage, car jusque-là, j’avais fait du bon boulot et une demi-finale était abordable. »

Eliminée dès les séries en 7’’36 (son meilleur chrono de la saison était de 7’’18), l’athlète de l’Athlé Sud 77 n’avait pas les armes pour lutter à son niveau. « Je suis arrivée fatiguée. J’avais quelques doutes par rapport à la fin de ma préparation mais j’ai essayé de faire abstraction et de rester dans ma course. Je suis déçue car j’aurais pu faire mieux. » Néanmoins, toutes ces péripéties, n’ont pas gâché le plaisir de Carole Zahi de porter pour la première fois le maillot de l’équipe de France. « C’est une fierté de porter ce maillot. J’attendais ce moment depuis longtemps. C’est mon projet de haut niveau qui se concrétise. »

Prise de conscience du haut niveau

Un projet qu’elle a débuté à Toulouse en 2011. « J’ai commencé l’athlétisme au lycée mais dès l’école primaire on m’avait conseillé ce sport. » Pour sa première année d’athlétisme, la jeune Carole Zahi s’impose sur le 100 m des Championnats de France cadettes (meilleur temps de sa saison 11’’95). S’en suivent deux médailles de bronze aux Championnats de France juniors toujours sur 100 m (2012 et 2013), avant un départ pour le pôle de Fontainebleau en septembre 2013. « Ma première année a été compliquée car je me suis blessée. » Sous les ordres d’Alex Menal, Carole Zahi ne se fait pas à l’entrainement de haut niveau. « Au bout d’un an, j’ai décidé de quitter la structure, explique-t-elle. Je suis partie vivre sur Paris. Ca ne se passait pas bien. »

Une année en dilettante qu’elle boucle néanmoins avec une médaille d’argent sur 100 m aux Championnats de France Elite 2015. « L’année dernière, je n’avais pas envie, avoue-t-elle. Mais cette deuxième place en bricolant toute l’année a créé un déclic. » Depuis septembre, Carole Zahi est donc retournée au pôle de Fontainebleau avec cette fois-ci, une forte envie de travailler. Un investissement vite récompensé puisque après une rentrée prometteuse en janvier en 7’’33 sur 60 m, elle a explosé son record au meeting féminin d’Eaubonne en 7’’21. Tout près des minima pour les Monde (7’’18), elle les arrachait finalement en finale des Championnats de France à Aubière, le titre en prime (2e en 7’’18 derrière l’Ivoirienne Ta Lou).

Découverte d’un nouvel environnement

Un niveau de performance qui lui a permis après les péripéties que l’on connaît, de découvrir l’équipe de France. « J’ai très bien vécu ce moment. Les autres athlètes ont vraiment été très sympas avec moi. Et j’ai découvert Jeanine (Assani-Issouf, 7e du triple saut), qui m’avait même laissé un petit mot sur mon lit quand je suis arrivée pour me souhaiter la bienvenue. »

L’occasion également de côtoyer un nouvel environnement. « La ville de Portland est sympa et les Américains sont cool. En plus, ils nous abordaient facilement car on avait nos tenues de l’équipe de France. C’est la première fois que je voyage aux Etats-Unis et j’ai été impressionnée par l’accueil. »

Le collectif relais comme objectif

Un continent américain qu’elle espère retrouver dès cet été. « J’aimerais intégrer le collectif relais pour faire partie de l’aventure à Rio. Et évidemment, je voudrais me qualifier pour les Championnats d’Europe sur 100 m. »

Des objectifs envisageables à la vue de son hiver. « Chaque année on apprend des nouvelles choses. J’ai découvert des trucs cet hiver, comme la poussée, qui vont m’aider cet été sur le 100 m. »

De retour en France ce mardi matin (22 mars), Carole Zahi aura le droit à quelques jours de repos avant de retrouver les pistes de Fontainebleau pour une préparation qui, cette fois, ne devrait pas être perturbée. « J’aurai mon passeport. Je vais pouvoir m’entrainer dans les meilleures conditions sans penser à l’administratif. »

Histoire de seulement sprinter sur la piste.

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Journaliste professionnel. Fondateur et rédacteur en chef de Track and Life.

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