Mahiedine Mekhissi

Déjà double vice-champion olympique (200! et 2012), Mahiedine Mekhissi sera en course à Rio pour une troisième médaille olympique.

 

Pendant cinq jours, du côté d’Amsterdam, les éclaircies ont eu du mal à percer le ciel hollandais. Une atmosphère automnale qui a ressurgi sur les performances de l’équipe de France, qui, avec seulement dix médailles, a emmagasiné un tiers de moins de breloques que lors des Championnats d’Europe d’Helsinki (2012), organisés dans la même configuration pré-JO (15 médailles). Inquiétant dans la perspective de Rio ?

Aux Pays-Bas, la France ne s’attendait pas à briller. La liste des absents sur la feuille de match (Tamgho, Lemaitre, Lesueur, Diniz, Mayer) avait déjà fait reculer l’enthousiasme de la Direction technique nationale. Et quand Jimmy Vicaut manquait son penalty d’entrée de jeu (seulement 3e du 100 m), les têtes se sont vite baissées et la pression est montée sur les frêles épaules d’une jeune formation, à l’image du faux départ de Stella Akakpo en demi-finale du 100 m. Que dire alors quand le capitaine Lavillenie se faisait expulser du concours de la perche à cause d’un zéro à 5,75 m ?

Le meneur Mekhissi

Zéro comme le nombre de médaille d’or française avant l’entrée en lice du buteur Mekhissi. Toujours prolifique devant les cages, le Rémois n’a une nouvelle fois pas manqué sa cible en décrochant son troisième titre européen sur le 3 000 m steeple (le 5e en ajoutant le 1 500 outdoor 2014 et le indoor 2013). « Il faut savoir qu’on m’a mis la pression avant la course, livrait-il après son nouveau sacre. On m’a annoncé que Renaud avait fait zéro et qu’ils comptaient sur moi pour offrir cette médaille d’or. » Et à l’image d’un taulier de vestiaires, Mekhissi en profitait pour haranguer ses coéquipiers. « J’espère que les camarades vont me suivre demain (samedi 9 juillet) et qu’il y aura beaucoup de médailles. »

Message reçu 5/5 par les hurdleurs Bascou (1er) et Belocian (3e), ainsi que l’heptathlète Antoinette Nana-Djimou (2e) et la demi-fondeuse pleine de fraîcheur Rénelle Lamote (2e), qui étaient au rendez-vous dès le lendemain. Un sursaut en fin de match qui a même permis à Jimmy Vicaut, en pleine hallucination le jeudi – rien d’anormal à Amsterdam – de retrouver ses jambes pour offrir l’argent à ses jeunes potes du relais. En ajoutant la traditionnelle médaille du relais 4×400 m féminin, la France termine ces Championnats d’Europe avec dix médailles, soit un tiers de moins qu’à Helsinki, il y a quatre ans, pour la même répétition pré-JO.

Des retours attendus

En 2012, c’a c’était encore conclu avec trois petites médailles du côté de Londres. Planqué à Amsterdam, le soleil pourrait pourtant faire son retour à Rio au-dessus de l’équipe de France. Les rentrées de Lemaitre, Mayer, Diniz, et peut-être du joker Martinot-Lagarde, donneront plus de poids en attaque dans une équipe en manque de munitions.

Surtout qu’au Brésil, peut-être que Tavernier (éliminée en qualification aux Europe), Robert-Michon (5e du disque) voire Compaoré (12e du triple saut), auront la bonne idée de se souvenir qu’ils ont déjà joué à des hauteurs irrespirables par le passé. Et si Vicaut et Lamote reproduisait leur résultat individuel des Europe à l’échelle olympique, ils en seraient, cette fois, les premiers comblés. Tout comme la folie d’un Pierre-Ambroisse pourrait le pousser dans la foulée de David Rudhisa si son corps a enfin récupérer de son virus contracté avant les Championnats de France.

Faire oublier Amsterdam à Rio

« Le but d’Amsterdam était de se mettre dans l’ambiance d’un grand championnat, rappelait Dimitri Bascou. En tirer un maximum de positif et le transporter à Rio ». Sa valise en sera pleine tout comme celle de Mekhissi – « le podium me paraît accessible », lâchait le double vice-champion olympique. Cela suffira-t-il à monter sur la boîte ?  Peut-être pas, tant le niveau mondial en une année olympique est à son paroxysme.

C’est néanmoins tout dont raffole Renaud Lavillenie, le seul Français à remettre son titre en jeu. Sûrement vexé, il aura à cœur de remonter tout en haut de l’olympe. Une chance pour la France, puisqu’il s’il y parvient. Une grande partie du chemin sera faite pour atteindre le total de trois médailles. Et avec un peu de réussite, les grandes équipes en n’ont toujours un peu, elle pourrait battre le total de Londres. Et là, Amsterdam ne sera qu’un vague souvenir.

Tout comme doit l’être la soirée post-championnats pour une partie des athlètes présents cette semaine aux Pays-Bas.

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Journaliste professionnel. Fondateur et rédacteur en chef de Track and Life.

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