Pierre Vincent

Après trois années à l’INSEP, Pierre Vincent a décidé de revenir à Neuilly-Plaisance.

 

Le sprinteur de 24 ans a décidé de retourner s’entrainer à Neuilly-Plaisance avec Joël Hegesippe, l’entraineur qui l’a fait émerger. Un retour aux sources pour le vice-champion d’Europe juniors du 200 m en 2011, qui vient de passer ses trois dernières saisons à l’INSEP dans le groupe de Guy Ontanon. Un choix évident à ses yeux pour relancer sa carrière. Rencontre.

En ce milieu du mois d’octobre, Pierre Vincent nous attend sur son stade de Neuilly-Plaisance, une grosse doudoune sur le dos. Il faut dire que le vent est froid et la salle surchauffée de l’INSEP n’est pas là pour s’y réfugier. « La vraie vie c’est d’être ici dans le froid, lâche-t-il. C’est là que tu deviens résistant. »

Toucher le haut niveau à l’INSEP

En tout cas, c’est ici qu’il est devenu vice-champion d’Europe juniors (2011) et champion de France Elite en salle sur le 200 m (2013). Un début de carrière parfaitement dans les clous pour atteindre Rio en 2016. C’est d’ailleurs dans cette optique qu’en septembre 2013, il rejoint Guy Ontanon et sa team d’étoiles à l’INSEP. « Je ne voulais pas partir. Mais je me disais que je pouvais peut-être perfer ailleurs, en étant aux côtés de Jimmy Vicaut, dans une structure magnifique où il y a tout pour toucher au haut niveau. »

La première saison valide son choix avec un record personnel sur 200 m (20’’54) et une médaille de bronze avec le relais 4×100 m aux Championnats d’Europe de Zurich. La suite, malgré un record sur 100 m en 2015 (10’’40), n’est pas au niveau de ses espérances, surtout cette dernière année olympique. « Ce qui s’est passé cette saison, il ne faut plus que ça se reproduise. Je m’étais bien concentré sur Rio. Tout allait bien jusqu’à ce que les blessures et un malaise dans le groupe n’apparaissent. »

Un malaise dans la team Ontanon

Gêné à un ischio-jambier deux semaines avant les France Elite, Pierre Vincent déclare forfait après un échauffement non concluant à Angers. Il sait alors que l’avion pour Rio partira sans lui. Mais il est également certain que son avenir ne s’écrira plus avec la team Ontanon. Un choix personnel qui a pourtant était celui de quasiment tous les athlètes du groupe, de Jimmy Vicaut à Stuart Dutamby, en passant par Teddy Atine-Venel. « Certains avaient envie de certaines choses, d’autres en demandaient d’autres, explique-t-il. Il y avait un certain malaise dans le groupe. Les choses doivent être simples en année olympique. On ne doit pas changer énormément de trucs. Il faut être dans la continuité. Mais ce n’est pas ce qui a été fait. »

Comme d’autres, le spécialiste du demi-tour de piste manquait d’attention. Et c’est donc ça qu’il est venu retrouver à Neuilly-Plaisance, dans les mains de Joël Hegesippe. « J’ai voulu tout changer. Je tenais beaucoup à cette olympiade et je n’y suis pas allée. Guy n’était pas en mesure de m’apporter ce que je voulais. Le principal était de retrouver quelqu’un qui ait une attention à 100 % sur moi.  J’ai déjà perfé quand j’étais ici. Le coach me connaît super bien. Avec lui je me sens mentalement capable d’aller au plus loin dans ma carrière. »

Se la jouer en solo

Mais avant de grappiller des centièmes, le duo va devoir se redécouvrir. « Il a très vite cerné le personnage que je suis devenu. Il compte faire un bon travail individualisé. J’ai beaucoup de curiosité. Ce qui me maintient c’est de me demander jusqu’où je peux aller. Dans tous les cas, il va tout faire pour que, dans quatre ans, je puisse assurer une place en individuel aux Jeux olympiques. »

C’est vrai qu’à 24 ans, on cherche à s’émanciper. « J’ai ce truc en moi qui me dit que je vaux mieux qu’une médaille par équipes », glisse-t-il sans dénigrer les courses à témoins qui « donnent confiance ». Surtout que le temps passe toujours trop vite. « On m’a toujours dit que j’avais le temps. Mais j’en ai perdu. On n’a pas le temps. Si je dois perfer, c’est maintenant ! »

Son retour aux sources et une mentalité d’athlète de haut niveau – « que j’ai acquise à l’INSEP » – devraient lui permettre dans les années à venir de voyager en solo.

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Journaliste professionnel. Fondateur et rédacteur en chef de Track and Life.

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