Pierre-Ambroise Bosse

Comme à son habitude, Pierre-Ambroise Bosse était très détendu lors de sa rencontre avec les médias.

 

Impressionnant en début de saison (victoire au meeting Ligue de Diamant de Rabat le 22 mai), le recordman de France du 800 m (1’42’’53 en 2014) est tombé malheureusement malade (gastro-entérite) la semaine précédant les Championnats de France. Forfait en finale à Angers, il espère avoir retrouvé ses moyens pour venir « jouer » en finale cette semaine aux Championnats d’Europe.

– Track and Life : Pierre-Ambroise, on vous avait quitté malade et forfait pour la finale des Championnats de France il y a dix jours (24-26 juin). Comment allez-vous ?

« J’ai pris cher pendant une semaine. Je n’ai pas beaucoup couru. Je suis légerement désentrainé. Aux France, le doc m’a convaincu de ne pas courir. J’aurais peut-être gagné mais mon virus aurait eu la médaille d’or. Je pense avoir opté pour la bonne stratégie. Là, on est venus en se disant qu’on n’allait pas en mettre plus à l’entrainement pour se foutre dedans encore plus. On a beaucoup opté pour la récupération. Aux Championnats de France, j’étais complètement dans le trou. Avec Mounir Chennaoui (docteur à l’INSEP), j’ai fait un test sur la testostérone (comme la plupart des athlètes de l’équipe de France). Je n’avais jamais eu un taux aussi bas. Mais ça va mieux, sinon je ne serais pas là.

« J’ai encore deux jours pour me remettre »

– Il y a deux ans aux Championnats d’Europe de Zurich, vous étiez le grand favori et vous étiez passé au travers en finale (8e). Cette année, vous êtes moins attendu mais vous semblez avoir plus de cordes à votre arc.

Ce n’est pas le même contexte qu’il y a deux ans. J’arrive sûrement avec plus d’armes et moins de pression sur les épaules. Je n’ai pas fait 1’42 cette année. Mon chrono s’est arrêté à 1’44. Mais j’ai été malade aux France. En tout cas, j’étais plus costaud en début de saison. Malheureusement, je n’ai pas la forme que j’avais à Birmingham (2e du 600 m en 1’13’’21, meilleure performance européenne de tous les temps) ou à Stockholm (2e en 1’45’’23). Peut-être que je ne suis plus le même homme. Après ca ne veut rien dire. J’ai encore deux jours (les séries du 800 m débutent jeudi 7 juillet) pour me remettre de mes émotions corporelles. On verra bien. Je suis un peu dans le flou, je ne le cache pas. Je ne suis pas non plus dans un état critique mais je n’arrive pas à 100 %.

– Comment abordez-vous ces Championnats d’Europe, situés juste avant les Jeux olympiques ?

Je viens là pour jouer. Avoir trop de pression ne me réussit pas. Ca ne sert plus à rien d’arriver avec un poids énorme sur les épaules. J’ai des concurrents sérieux, depuis deux ans ce sont toujours les mêmes. Adam Kszczot, Marcin Lewandoski, Amel Tuka, ce sont des mecs qui vont se battre jusqu’au bout pour la médaille d’or et je compte être de la partie pour la finale. Cette année, mon chrono s’est bloqué à 1’44 (1’44’’51) mais ça me met quand même premier au bilan européen. Même si les autres valent mieux que 1’44, je fais partie des favoris pour cet Euro. Après, ce qu’il se passe en finale…

« Tuka est redoutable, j’en suis persuadé »

– Avez-vous une idée du niveau de vos adversaires ?

Tuka a le même niveau que l’année dernière, j’en suis persuadé. Personne ne veut me croire. Il est redoutable et je pense qu’il va le démontrer. Kszczot, il n’a pas l’air très serein. On est amis donc on discute. A priori, il est moins bien et je ne le vois pas bluffer. Je pense qu’il a un niveau inférieur par rapport à l’année dernière.

– Finalement, il y aura trois tours avec des séries qui débutent ce jeudi…

On s’était préparés pour deux courses. On pensait qu’il n’y aurait pas de séries mais c’était une fausse info. Ca va faire une belle répétition pour les Jeux olympiques. J’ai appris que Jimmy (Vicaut) demandait à faire la série (Jimmy Vicaut souhaitait participer aux séries du 100 m mais, à la vue de son niveau, il a été exempté). C’est marrant. Moi, si j’avais pu m’en passer, je l’aurais fait. »

Partager cet article

Journaliste professionnel. Fondateur et rédacteur en chef de Track and Life.

Facebook Comments

Website Comments

Post a comment