Philippe Dupont

Philippe Dupont lors d’une séance d’entrainement à l’INSEP avec son nouveau groupe d’entrainement.

 

L’ex-manager national du demi-fond à la Fédération française d’athlétisme, a pris, depuis le début du mois de septembre, le poste d’entraineur de demi-fond à l’INSEP avec l’ambition de relancer un groupe pouvant attirer les meilleurs coureurs français.

En 1977, le jeune Philippe Dupont, alors junior prometteur sur 800 m intégrait l’INSEP pour parfaire sa formation. Quarante ans plus tard, après avoir couru 1’45’’55 en 1989 (11e performeur français de l’histoire sur 800 m), le natif du Mans est de retour dans l’antre du bois de Vincennes, mais cette fois comme entraineur. Arrivé depuis le début du mois de septembre à l’INSEP, l’ex-manager national du demi-fond a trouvé un nouvel objectif, après huit années passées au sommet du demi-fond national. « Je pense qu’à un moment, il était intéressant de changer, livre celui qui a trouvé refuge dans le bureau « Alain Mimoun » sous la halle Joseph Maigrot. J’ai eu envie de faire autre chose. »

Recréer une dynamique demi-fond à l’INSEP

La Direction technique nationale faisant peau neuve avec la valse des différents cadres techniques, Dupont a hérité d’un poste d’entraineur à l’INSEP, qui n’existait plus depuis le départ de Bruno Gajer en septembre dernier pour Montpellier. « Mon challenge c’est de recréer une dynamique sur le demi-fond, explique-t-il. J’ai été athlète ici. J’ai l’impression de boucler une boucle. »

Et alors que l’INSEP accueillait la saison dernière le champion du monde du 800 m Pierre-Ambroise Bosse (entre ses stages), et les internationaux Maëva Danois (Adrien Taouji), Hassan Chahdi et Alexandre Saddedine (avec Jean-Claude Vollmer), ils sont plusieurs à être arrivés ou revenus cette année dans la foulée de Dupont. Déjà présents à l’INSEP il y a quelques saisons, Morhad Amdouni et Samir Dahmani (une semaine par mois) ont intégré le groupe, tout comme le champion d’Europe 2014 du 3 000 m steeple Yoann Kowal (voir article), l’international Nouredine Smail et les espoirs Rami Guerra et Abderrazak Charik. « Avoir un groupe d’une dizaine d’athlètes serait bien dans un futur proche, concède Dupont qui logera la semaine en région parisienne avant de rentrer pour les week-ends chez lui à Angers. Le but est d’ancrer de nouveau une culture demi-fond sur l’INSEP, que ce soit du 800 m au 10 000 m. A nous de montrer qu’il y a tout ici pour être performant, de montrer un élan, une motivation. C’est un challenge. »

Usé par les dernières saisons

La motivation s’était d’ailleurs un peu étiolée après huit ans à la DTN. « Manager national c’était un travail permanent de composition, de diplomatie. Sur les huit dernières années je me suis retrouvé assez seul, c’était usant. Mon boulot était de faire du lien avec les athlètes et les coaches. Ce que je pense avoir bien fait pendant quatre, cinq ans. Puis, à partir du moment où j’ai réentrainé (Mahiedine Mekhissi et Taoufik Makhloufi notamment), même si ce n’était pas beaucoup d’athlètes, je me suis rendu compte que ça devenait plus compliqué. Le contact et le crédit auprès des autres coaches ont été altérés. »

Un contact qu’il a également perdu avec Mahiedine Mekhissi, juste après la troisième médaille olympique obtenue sur 3 000 m steeple à Rio par celui qu’il entrainait encore à l’époque (voir article). « Il y a de la déception que des relations humaines se terminent comme ça, avoue Dupont, alors que les deux hommes ne se parlent plus. Après, chacun fait son chemin et les choix sont respectables. C’est le problème d’un sport qui n’est pas professionnel. Quand c’est le cas, le côté affectif est disproportionné. »

Des regrets sur la densité du demi-fond

On ne l’y reprendra plus. Pour ses nouvelles fonctions, il compte prendre un peu de distance. « Je ne partirai pas en stage avec les athlètes. » Et il va essayer de combler une mission qu’il juge n’avoir pas remplie. « En terme de résultats on ne peut pas me jeter la pierre. Par contre, je peux avoir des regrets puisqu’on n’a pas réussi à densifier notre élite. Le travail aujourd’hui doit tendre vers çà. Avoir un objectif de réussite sur nos forts potentiels et amener de la densité derrière. »

Des missions dont devraient hériter Patricia Djaté-Taillard (entraineur à Bordeaux) et Gilles Garcia (entraineur à Montpellier), les nouveaux responsables du demi-fond à la FFA. Pour Dupont, l’histoire s’écrit dorénavant à l’INSEP.

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Journaliste professionnel. Fondateur et rédacteur en chef de Track and Life.

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