Philippe Dupont

Philippe Dupont, manager du demi-fond français et entraineur de Mahiedine Mekhissi, espère que son athlète va réaliser les minima pour les Jeux olympiques sur 3 000 m steeple au meeting de Montbéliard.

 

Alors que Mahiedine Mekhissi tentera de réaliser les minima olympiques sur 3 000 m steeple ce soir lors du meeting de Montbéliard, son entraineur Philippe Dupont a accepté de répondre à nos questions, pour aborder ces derniers mois et l’état de forme du double vice-champion olympique (2008 et 2012) de la spécialité, absent des pistes depuis quasiment deux ans.

– Track and Life : Mahiedine Mekhissi est engagé ce soir au meeting de Montbéliard, quel objectif avez-vous en tête ?

« L’objectif de ce soir est évidemment de faire les minima pour les Jeux olympiques (8’22). Ce n’est pas la peine de faire un truc de fou. Il n’y a pas d’intérêt à cela. On espère régler au plus vite cette histoire de minima pour qu’il puisse passer à autre chose. Après Rabat, on a passé une semaine de stage à Angers. Il a pu retrouver de la sérénité. Le stage précédent l’avait marqué au corps. Là, tout est rentré dans l’ordre. Réussir les minima lui permettrait de débloquer le système et sa tête.

« J’assume complètement la décision de faire Rabat » 

– Suite à son abandon au meeting de Rabat la semaine dernière, beaucoup de questions ont été posées quant à la décision de débuter dans un meeting aussi relevé.

Rabat c’est un petit accident de parcours avec des raisons. J’assume complètement la décision de l’avoir fait courir là-bas. A la base, ce meeting n’était pas une étape de la Diamond League avec tous les meilleurs athlètes kenyans. Mais quand cela a été modifié, on a décidé de ne pas changer notre fusil d’épaule. Mais on ne peut jamais mesurer l’effet de vingt mois sans compétition sur un athlète, même du calibre de Mahiedine.

– Justement, pour revenir à cette blessure (opéré en avril 2015 du talon, Mahiedine Mekhissi s’est reblessé au tendon d’Achille droit en glissant un mois plus tard), comment avez-vous vécu cette longue période d’indisponibilité pour votre athlète ?

On éprouve une grande frustration quand on voit son athlète blessé. On est derrière lui et on le sent malheureux. Il était blessé physiquement mais aussi touché dans ses tripes. C’était une période très frustrante pour lui et pour moi. Je l’avais au téléphone au quotidien et c’était dur de le sentir mal. J’étais triste pour lui.

« J’ai vu des athlètes blessés ne pas faire un dixième de ce qu’il a fait »

– Depuis le mois de décembre 2015, Mahiedine Mekhissi a repris l’entrainement, comment cela s’est passé ?

Il a fait preuve d’un sérieux énorme, comme toujours j’ai envie de dire. Mahiedine, quand il a un objectif, il s’y tient. Il a été irréprochable. J’ai vu des athlètes blessés ne pas faire un dixième de ce qu’il a fait pour revenir à son meilleur niveau. C’est un travail frustrant car on voit tous les efforts qu’il fait au quotidien pour seulement gravir une étape supplémentaire. On sait que le plaisir ne sera pas pour tout de suite. Mais il faut passer par là.

Mahiedine Mekhissi

Après vingt mois d’absence, Mahiedine Mekhissi espère retrouver toutes ses facultés en vue des Jeux olympiques.

 

– En tant que double vice-champion olympique en titre, il était annoncé comme l’un des favoris pour Rio avant ses blessures. Qu’en est-il aujourd’hui ?

Savoir s’il serait compétitif cette année, c’est une question qu’on s’est posée tout l’hiver. On peut toujours y croire. Les entrainements en mai ont été vraiment bons. Ce n’est pas encore suffisant pour faire 8’ mais en deux mois, on peut combler le retard. Surtout que ce n’est pas un retard si énorme que ça.

« On va essayer de moduler au jour le jour »

– Pour l’heure, Mahiedine est engagé aux meetings de Montreuil (7 juin) et de Nancy (14 juin) sur 1 500 m. Avez-vous déjà planifié l’ensemble de son programme jusqu’aux JO, et notamment la distance sur laquelle il s’alignera aux Championnats d’Europe ?

Pour le moment, on n’a pas encore choisi pour les Championnats d’Europe. On part sur les deux distances (1 500 m et 3 000m steeple). Ca va dépendre de ce qu’il réalise. Selon le 3 000 m steeple de ce soir, on verra la suite. Peut-être qu’il courra à Montreuil et à Nancy sur 1 500 m, où seulement sur l’un des deux. Le programme va s’affiner après les quinze prochains jours où on aura eu des indications sur son état de forme. Habituellement, il faut toujours faire preuve de souplesse dans la programmation. Mais cette année, c’est encore plus vrai. On va essayer de moduler au jour le jour pour être le plus optimal possible.»

 

Pour suivre le meeting en live sur France 3 à partir de 19 heures.

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Journaliste professionnel. Fondateur et rédacteur en chef de Track and Life.

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