Aïssé Sow

Après un hiver probant, Aïssé Sow semble toujours en grande forme en cette saison estivale.

 

Après un hiver riche en médailles, la pensionnaire de l’Athlé Sud 77 semble dans la forme de sa vie. Et après une année 2015 compliquée, la saison 2016 pourrait être celle de la révélation au plus haut niveau sur le 3 000 m steeple, sa distance.

Comme Johanna Geyer–Carle, sa camarade d’entrainement au pôle espoirs de Fontainebleau, Aïssé Sow a connu les lauriers cet hiver, avec une médaille de bronze sur le 3 000 m en salle, suivie d’une d’argent dans la boue du Mans (cross court). De quoi lui laisser des étoiles dans les yeux. « Aux France de cross, c’était comme si je m’étais redécouverte, avoue-t-elle. Ca faisait longtemps que je n’avais pas couru devant, avec des sensations pareilles. A la base, j’étais partie pour un top 6, comme la saison précédente. C’a été une grosse surprise ! »

« Je suis en mode monstre »

Depuis, l’athlète de Thierry Choffin est en lévitation, avec des records à la pelle (9’27’’33 sur 3 000 m et 4’19’’61 sur 1 500 m). « Depuis le mois de décembre 2015, je sens que je monte en puissance. Je le vois à l’entrainement. En fait, j’ai eu un déclic psychologique à la fin de l’année 2015. La saison dernière, j’ai eu des problèmes personnels, je n’étais pas bien dans ma tête. Là, ça s’est fait par étapes. Et quand je me mets à fond dans mon truc, je suis en mode “monstre’’. Je suis dans ma bulle. »

Finalement, seul son premier steeple de la saison au meeting de Tergnier (10’53’’64), l’a fait quitter cet état de grâce. « Ca fait partie des trois courses les pires de ma vie, rigole-t-elle. Je m’étais un peu mise la pression car le steeple c’est ma spécialité. D’habitude, je suis assez détachée par rapport aux compétitions. Mais là, j’y pensais déjà une semaine avant. Avec mes derniers résultats, je sens qu’il y a quelque chose à faire sur le steeple et ç’a m’a un peu inhibée. »

Aïssé Sow

Lors du 3 000 m steeple de Tergnier, Aïssé Sow a fini loin de ses ambitions.

 

« J’y ai toujours cru »

Un simple coup d’arrêt qui ne devrait pas freiner sa progression. Championne de France juniors du 2 000 m steeple en 2010, Aïssé Sow a, depuis, progressé lentement mais sûrement. Troisième espoirs en 2011, championne de France deux ans plus tard (en 2013), elle a même obtenu une médaille d’argent aux Elite en 2014 (à chaque fois sur le 3 000 m steeple), portant son record à 10’07’’54. « Avant de faire mon premier podium national en juniors 2, je voyais tous les gens autour de moi à l’entrainement qui obtenaient des médailles. Je me disais que ç’allait finir par m’arriver. J’y ai toujours cru. C’est ça ma force, je crois toujours en moi. Si ce n’est pas maintenant, ce sera après. La patience c’est important dans l’athlétisme et dans la vie en général. Mon père me dit toujours : “il faut être patiente, même si c’est dur’’. »

Une patience qui semble être récompensée cette saison et qui pourrait l’être d’autant plus dans les semaines à venir. Engagée sur le steeple au meeting d’Oordegem (Belgique) ce samedi (28 mai), notamment au côté de sa partenaire d’entrainement Emma Oudiou, Aïssé Sow aura à cœur de se racheter de sa dernière sortie axonaise. « Je n’aime pas trop parler des performances avant de les faire, signale-t-elle. Mon objectif de la saison c’est de faire mieux que mes 10’07 d’il y a deux ans. Et après, on verra. »

La suite, cela pourrait être de rejoindre Rénelle Lamote, une autre copine d’entrainement, du côté des Championnats d’Europe d’Amsterdam. En tout cas, son niveau actuel laisse supposer une performance pas loin des minima demandés (9’42’’00). Mais patience.

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Journaliste professionnel. Fondateur et rédacteur en chef de Track and Life.

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