Riad Guerfi

Suspecté par l’IAAF d’avoir un passeport biologique anormal, le demi-fondeur Riad Guerfi souhaite se défendre.

 

Les variations sanguines prélevées dans le passeport biologique du spécialiste du 10 000 m seraient anormales selon des informations du Monde. L’athlète du Val d’Europe AC, qui nie toute implication, risquerait jusqu’à quatre ans de suspension. 

Habitué des premières places sur le 10 000 m (double champion de France du 10 000 m en 2013 et 2015), l’athlète Riad Guerfi pourrait être malheureusement le premier athlète français suspendu à cause d’un passeport biologique anormal. C’est ce que révèle le journal Le Monde aujourd’hui dans ses colonnes. D’après le quotidien, les données hématologiques de ce dernier ont été jugées anormales selon un collège de trois experts de l’IAAF.

« Je ne comprends rien, c’est un truc de fou »

Prévenu au début du mois de septembre par l’IAAF, l’athlète avait jusqu’à hier (13 octobre) pour fournir des éléments expliquant ses variations sanguines comme une maladie, une pathologie ou des variations d’altitude lors de stages. Sans réponse de sa part, la procédure va entrer dans une phase de sanction diligentée par la commission disciplinaire de la Fédération française d’athlétisme. « Je n’ai jamais rien reçu pour pouvoir parler, pour pouvoir me défendre, explique Riad Guerfi que nous avons joint. Je ne comprends rien, c’est un truc de fou. Je reçois tous mes courriers de la banque, les amendes. C’est comme si on venait me dire que j’avais braqué une banque et que je n’ai rien fait. Je n’y crois même pas. »

Une annonce qui a créé un choc à son entraineur actuel Pascal Machat. « Je suis très, très surpris, lâchait hagard celui qui s’occupe de Riad Guerfi depuis deux saisons. Je ne vois pas comment il pourrait tricher car il est très régulier sur ses performances à l’entrainement. C’est surprenant car je ne sais pas combien ça coûte des produits mais je pense qu’il n’a pas les moyens de tricher. Il ne part déjà pas souvent en stage (20 jours la saison dernière) car ses revenus sont limités. » D’ailleurs, dans l’entretien qu’il nous avait accordé en avril dernier (voir article), Riad Guerfi disait : « je cours pour le plaisir, je me subventionne tout seul ».

Seulement sept contrôles en quatre saisons

Non concerné par le suivi ADAMS, Riad Guerfi n’était plus inscrit sur les listes de haut niveau depuis la fin de l’année 2014. De quoi laisser un doute sur la pertinence de son passeport biologique. « Je viens de regarder, depuis 2013 je n’ai eu que sept contrôles (2 contrôles subis en 2016, 1 en 2015, 3 en 2014 et 1 en 2013), nous explique-t-il. Je ne suis pas du tout suivi. »

Néanmoins, une simple annonce permet de jeter le trouble. « Je ne le vois pas assez pour avoir un avis tranché (Riad Guerfi s’entraine en région parisienne alors que Pascal Machat est basé à Amiens) mais je l’avais tous les jours au téléphone pour parler de l’entrainement. J’ai conscience de ce qu’il est et ce n’est pas dans son tempérament. »  « C’est l’athlétisme qui a fait que je n’ai pas bifurqué sur un mauvais chemin, lâchait-il encore dans notre précédent entretien. Je n’ai jamais fait de bêtises contrairement à beaucoup de personnes que je connais dans mon quartier. J’ai appris beaucoup avec le sport. »

Garçon attachant, Riad Guerfi se retrouve donc dans une course qu’il ne contrôle pas, lui qui aime imposer son rythme à l’avant des pelotons. Les prochaines procédures pourront néanmoins lui permettre de se défendre et de prouver, s’il en est capable, qu’il n’a pas pris un raccourci. Ensuite, il dira stop. « J’ai envie de me défendre. Mais une fois que ça sera clair, j’arrêterai l’athlétisme. »

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Journaliste professionnel. Fondateur et rédacteur en chef de Track and Life.

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