Pascal Martinot-Lagarde

En plus d’être recordman de France du 110 m haies, Pascal Martinot-Lagarde est un YouTuber en herbe.

 

Le recordman de France du 110 m haies a lancé sa chaîne YouTube depuis la mi-décembre afin de partager son expérience de champion. Entre des vidéos pédagogiques sur l’entrainement et des séquences « inside », la chaîne « PML » vous permet d’en savoir plus sur l’athlétisme de haut niveau. Rencontre.

Parmi les meilleurs mondiaux sur les pistes d’athlétisme, Pascal Martinot-Lagarde est une petite poussière dans l’univers YouTube. Avec ses 833 abonnés (au 14 février), « PML » est encore très loin des Norman, Squeezie ou Cyprien, stars 2.0, qui comptent des millions de fans. D’ailleurs, le défi pourrait être organisé mais il n’est pas sûr que ces YouTubers soient capables de passer rien qu’une haie perchée à 1,06 m, ce qui est le quotidien du recordman de France du 110 m haies (12’’95). Lui, de son côté, se débrouille plutôt bien, caméra en main, pour créer du contenu pour sa chaîne éponyme.

« Donner envie aux jeunes de faire de l’athlétisme »

Depuis la mi-décembre, les abonnés de « PML » peuvent en effet découvrir l’un des talents cachés du hurdleur. Auteur de quatre vidéos « tuto » sur l’entrainement, le quatrième des derniers Jeux olympiques est là pour transmettre. « Je fais ça par passion tout simplement, lâche le YouTuber en herbe. J’aime l’athlétisme, j’aime apprendre et j’aime enseigner. Je pense que le partage d’expérience par des athlètes qui savent ce qu’est le haut niveau n’existe pas encore en France. C’est enrichissant de se dire que grâce à une carrière, on peut partager des choses et donner envie aux jeunes de faire de l’athlétisme. Et surtout de le faire bien. Ma chaîne est axée sur ça. Donner des bons conseils. Il faut vraiment que la jeunesse qui regarde de plus en plus les nouvelles technologies soit guidée par les bonnes personnes. »

Pour l’heure, le champion a déjà parlé des principes de l’entrainement, de l’échauffement mais il compte bien aborder tous les thèmes, de la nutrition au mental, en passant par les étirements et le sommeil. Le tout avec un « souci de crédibilité ».

Il s’est jeté dans l’aventure

Très bien rythmées, ses vidéos collent parfaitement aux standards de YouTube, où l’attention du spectateur est comptée. « Je me suis jeté de la même manière que les premiers YouTubers. Généralement, les Youtubers qui sortent aujourd’hui, le font avec de belles vidéos de super qualité. Mais Cyprien (le Français qui compte le plus d’abonnés) a commencé avec un Iphone 4. Moi j’ai commencé un peu de la même manière. De vidéo en vidéo, si on regarde la première à celle d’aujourd’hui, à chaque fois, il y a un truc de mieux, que ce soit les couleurs, les effets, la musique, le montage. Plus j’en fais et plus j’apprends. Réaliser un truc c’est kiffant. J’aime apprendre, monter, raconter des histoires, c’est passionnant et enrichissant. »

Cependant, loin de lui l’idée de devenir une star du web. « Je ne suis pas forcément intéressé par le nombre d’abonnés. Je pense que celui-ci va fluctuer en fonction de ma carrière sportive. Ma popularité d’athlète sera à peu près la même que celle que j’aurai sur youtube. Je n’imagine pas un boom sur YouTube. Mes spectateurs sont ceux qui me suivent déjà sur les autres réseaux. Après, si je fais un truc plus ouvert peut-être. Mais pour l’instant, avec des sujets centrés sur l’athlétisme, je touche uniquement mes fans. Ceux qui marchent, ce sont ceux qui publient beaucoup de vidéos. Moi ce n’est pas mon cas. J’ai ouvert ma chaîne à la mi-décembre et je n’ai sorti que quatre vidéos depuis. Là, je n’en prévois aucune car je me consacre à mes compétitions. La prochaine sortira peut-être en mars, après les Championnats d’Europe.»

Sa carrière avant tout

Car son métier c’est d’être un athlète professionnel. « Il ne faut pas que ces vidéos prennent trop de place dans ma vie. La caméra ne doit pas empiéter sur mon quotidien de sportif, c’est hors de question ! Par contre, dès que j’ai du temps, je me fais plaisir. »

Un plaisir qu’il a appris au fur et à mesure des années. Des petites séquences filmées et postées sur Facebook, il a voulu évoluer pour, de fil en aiguille, ajouter un son, un effet, avant de se retrouver assis derrière un ordinateur pour monter ses vidéos. « J’ai appris sur le tas. Et en fait, j’ai découvert que c’était super passionnant. Je me suis dit « pourquoi pas ? » J’ai du temps et la passion. Ce sont deux moteurs pour être créatif. »

Des vidéos « inside » en compétition

Une créativité qu’il aimerait pousser jusque dans les endroits où les caméras n’ont habituellement pas le droit de tourner. « J’ai l’intention de faire découvrir quelques « inside ». De faire découvrir comment ça se passe à l’intérieur d’une compétition. Voir ce que c’est qu’une chambre d’appel par exemple. Juste pour faire connaître le sport et être dans le réel. »

La réalité actuelle de PML ce sont les Championnats de France Elite ce week-end. Déjà auteur des minima pour les Championnats d’Europe de Belgrade et de la meilleure performance française de l’hiver au meeting de Bercy (7’’51, ex-aequo avec Dimitri Bascou), il arrivera en Serbie dans la peau d’un prétendant au podium. Statut qu’il n’est pas prêt d’avoir sur YouTube où les Norman et compagnie sont pour le moment intouchables. Mais une chose est sûre, il est le YouTuber le plus rapide de France.

 

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Journaliste professionnel. Fondateur et rédacteur en chef de Track and Life.

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