Kévin Menaldo

Blessé une longue partie de la saison, Kévin Menaldo avait terminé 2e lors des Championnats de France 2016 à Angers.

 

Basé à l’INSEP, le perchiste Kévin Menaldo (24 ans) a passé ses quatre derniers mois à Bordeaux, afin de changer d’air et de se refaire un physique pour voler. Plusieurs fois blessé en 2016, ce qui ne l’a pas empêché de rallier Rio, le troisième des Championnats d’Europe 2014 avait besoin d’un break pour se reconstruire. Aujourd’hui, tous les voyants semblent au vert et c’est avec appétit qu’il va rejoindre ce 29 décembre son camp de base parisien, avant d’attaquer sa saison au meeting de Tignes.

Le 26 juin dernier, il n’avait fallu que six sauts à Kévin Menaldo pour s’envoler pour Rio, après ses 5,80 m (record à 5,81 m en 2015) et sa médaille d’argent aux Championnats de France Elite (voir article). Un véritable hold-up pour le perchiste, blessé pendant les premiers mois de 2016 et auteur, jusqu’à son exploit angevin, de seulement cinq sauts en compétitions. Les ischio-jambiers, puis les mollets avaient sifflé, et ce n’est qu’après « six semaines d’entrainement intensif avec une hygiène de vie irréprochable » qu’il avait réussi à refaire surface au meilleur moment.

« J’avais besoin de souffler, de me ressourcer »

Mais en athlétisme, le manque d’entrainement finit toujours par punir, et ses 5,75 m du meeting de Londres (22 juillet), n’ont pas effacé son zéro en finale des Championnats d’Europe d’Amsterdam et son élimination en qualification aux Jeux olympiques de Rio. « J’ai terminé l’année sur une déception et sur de la frustration car je n’ai pas pu vraiment m’exprimer. Aux JO, les blessures m’ont rattrapé (blessé au mollet). »

Une lassitude physique et mentale qu’il lui a donné envie de quitter le confort de l’INSEP pour retrouver famille et amis à Bordeaux, dès la rentrée de septembre. « Je sortais d’une année avec beaucoup de blessures, explique-t-il. J’avais besoin de souffler, de me ressourcer, d’être plus près des miens. Le projet avec mon retour à Bordeaux (dans le groupe de Théo Gaboreau) était de faire une grosse préparation physique avec notamment un gros renforcement des ischio-jambiers et des mollets, le tout pour reprendre de la confiance. Car avec tous mes pépins, je n’ai pas pu faire beaucoup de compétitions. Je n’ai pas eu vraiment le temps de me régler sur les élans. Là, j’ai tout reconstruit presque de zéro, de quatre à seize foulées. Tout s’enchaine très bien. C’était le bon moment pour le faire. »

Entrainement à la dure loin de l’INSEP

Une délocalisation qui a entrainé un changement radical dans ses conditions d’entrainement. « Passer de l’INSEP à un entrainement sous huit degrés avec des lieux différents pour l’entrainement, la musculation, le kiné, ce sont des conditions difficiles mais ça renforce. Quand tu sautes avec le vent de face et la pluie alors que tu prépares la saison en salle, c’est bon pour le mental. C’est comme revenir un peu à l’état brut. Quand on est depuis longtemps à l’INSEP, on a tendance à ne plus se rendre compte de la vie réelle. Tout y est fait pour la performance donc quand tu y reviens, tu es deux fois plus motivé ! »

Un retour sur Paris prévu pour le 29 décembre après des mois de préparation et deux stages, dont le dernier la semaine dernière dans la salle Pierre Quinon de Nantes (l’autre à la Réunion avec notamment Renaud Lavillenie). De quoi monter en puissance. « Je me sens très bien. Je ressens un peu de fatigue mais j’ai de très bonnes sensations et beaucoup de confiance. Je suis déjà revenu au même élan que lors des Jeux olympiques (seize foulées). J’ai des indications qui montrent que je suis plus fort physiquement car je prends déjà de plus grosses perches et que je saute des hauteurs conséquentes. »

Une séance plutôt qu’un réveillon

Sa saison indoor aurait pu d’ailleurs s’ouvrir dès son stage nantais où une compétition était initialement prévue. « On a eu l’aide d’Alain Donias (entraineur au pôle espoirs de Nantes) pour avoir accès à la salle de Nantes, raconte Menaldo. Le stage s’est vraiment bien passé et c’est là que j’ai pu prendre de grosses perches et de l’élan. C’a été pour moi la conclusion de ma préparation. On aurait pu faire une compétition officielle mais cela ne s’est pas fait, pour X raisons. Mais on s’est fait une compétition officieuse entre nous, dans laquelle j’ai eu de super sensations. »

Kévin Menaldo

A partir du 29 décembre, Kévin Menaldo retrouvera son entraineur Gérald Baudouin à l’INSEP.

 

Pour s’envoler, Kévin Menaldo attendra donc le meeting de Tignes (3 au 6 janvier) face notamment à Renaud Lavillenie. Une bonne occasion de lancer sa saison. « Le but de l’hiver est d’être dans la continuité de ma préparation, avance-t-il. Je veux prendre du plaisir en compétition tout en évitant évidemment les blessures. J’aime beaucoup la salle mais j’ai des objectifs différents. Je veux profiter des bonnes conditions en salle pour asseoir toute la progression technique que j’ai eue cet hiver et mettre le pied à l’étrier pour la saison estivale. »

Une motivation qui verra DJ Menaldo faire l’impasse sur les platines pour le Nouvel An puisque dès le 2 janvier, une séance de perche est à son programme à l’INSEP sous les conseils de son entraineur Gérald Baudouin. « Je suis actuellement tellement dans une optique de compétition que je vais reprendre l’entrainement dès le 30 décembre à l’INSEP. J’ai une séance le 2 (janvier) et je pars le 4 pour Tignes. Je n’ai rien prévu pour le 31 car j’ai déjà assez perdu de temps pour en perdre encore. Je suis compétitif donc j’ai juste envie d’y aller à fond ! »

A l’INSEP pour « les quatre prochaines années », Kévin Menaldo a apprécié sa parenthèse bordelaise. Il lui tarde juste de le montrer.

Parrain de l’association SO Perche

A Nantes, Kévin Menaldo était en stage avec son association SO Perche (Sud-Ouest Perche) qui est composée des athlètes du groupe d’entrainement de Théo Gaboreau, basé à Pessac (banlieue de Bordeaux). « C’est une association qu’on a créée pour démarcher des partenaires et trouver du budget pour permettre aux jeunes athlètes du groupe de faire des stages et d’avoir des conditions d’entrainement de haut niveau pour progresser« , explique Kévin Menaldo. Eloigné de Bordeaux, Menaldo compte néanmoins continuer à s’investir au sein de cette association, puisqu’il en est le parrain.

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Journaliste professionnel. Fondateur et rédacteur en chef de Track and Life.

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