Nouredine Smail

Nouredine Smail a terminé 19e du semi-marathon de Paris.

 

Victime d’une rupture du tendon d’Achille en mondovision lors de la finale du 3 000 m steeple des Championnats du monde 2013 de Moscou, Nouredine Smail espère regoûter à l’équipe de France cet été, quatre ans après sa grave blessure. De retour lors du semi-marathon de Paris, le Francilien compte bien prouver, à 30 ans, que sa carrière n’est pas encore terminée malgré les nombreuses saisons galères qu’il vient de vivre. Rencontre.

Avant lui, le sort avait déjà frappé l’international Vincent Le Dauphin (8’15’’79 en 1 999) lors des Championnats d’Europe de Göteborg en 2006. En grande forme, le Français avait été foudroyé en série du 3 000 m steeple par une rupture du tendon d’Achille à la sortie de la rivière. Sept saisons plus tard, c’est Nouredine Smail qui était fauché à son tour, cette fois en finale des Championnats du monde de Moscou, toujours sur cette rivière si traumatisante.

Champion d’Europe juniors et espoirs

Ce 15 août 2013 sonne comme la dernière apparition du Francilien sous le maillot de l’équipe de France. Un gouffre tant les qualités du bonhomme ont toujours impressionné les observateurs. Car Nouredine Smail fait partie de ceux qu’on attend depuis ses débuts sur les plus hautes marches des podiums. Champion d’Europe juniors du 5 000 m en 2007, champion d’Europe de cross et deuxième sur 5 000 m en espoirs (2009), le Français a toujours affiché cette facilité, que peu ont la chance d’avoir.

Une facilité qui lui a permis, sur un coup de tête, de passer du 5 000 m au 3 000 m steeple en 2010, pour un chrono de 8’22’’67 pour son troisième essai sur la distance. Juste bluffant. D’ailleurs, jusqu’à cette blessure à Moscou, la carrière de l’athlète de Livry-Gargan était quasiment linéaire, entre sa domination sur les France de cross court (victoire en 2010, 2011 et 2012) et sur le 5 000 m (Champion de France en 2008, 2009, 2010 et 2013). De quoi commencer à rêver de médailles, après une cinquième place aux Europe de Barcelone sur 5 000 m en 2010. Mais alors qu’en Russie, il aurait sûrement, au vue de sa forme, joué un Top 8 (8’15’’89 en 2013), tout s’est arrêté.

Des soucis personnels

Depuis, Nouredine Smail est réapparu épisodiquement sur les pistes, signant un 28’56’’57 sur 10 000 m à Portland en 2014 ou un 8’55’’53 sur le steeple à Standford un an plus tard, après un exil aux Etats-Unis. « Depuis ma blessure, j’ai fait ce 10 000 m, avec trois mois d’entrainement, dans un meeting où il n’y avait pas trop d’opposition. Je pense que je valais beaucoup mieux. Mais il faut un enchainement, un hiver, des compétitions. Puis à des moments, ma vie personnelle a pris le dessus. Il y a plein de choses qui ont fait que je ne suis pas revenu plus tôt. »

Pourtant, cet automne, l’athlétisme semblait être revenu sa priorité. En forme ascendante, il enchainait les séances et les posts Instagram se mettant en scène à l’entrainement. Le plaisir était là et le niveau revenait au galop. « Cet automne, j’étais bien. Au Portugal, en stage avec l’équipe de France, j’ai fait la première séance devant. Mais je commençais à avoir mal au tendon d’Achille (le droit cette fois). En rentrant, j’ai fait une IRM qui a révélé une déchirure de trois centimètres au tendon. »

Retrouver l’équipe de France

Stoppé un mois, Smail a repris la course début janvier, quelques jours avant de s’envoler pour l’Ethiopie pour un stage de reprise sur les conseils de son manager Riad Ouled. Depuis, tout semble s’enchainer malgré un gros coup de froid lors du semi-marathon de Paris, le 5 mars dernier (19e en 1h10’17). « C’était le premier semi-marathon de ma carrière. Je voulais le faire comme un test. Malheureusement, les conditions de course ont été compliquées avec du froid, du vent et de la pluie, alors que je venais de rentrer d’Ethiopie (il est rentré le 3 mars). J’avais les bras gelés et je ne voyais plus rien lors des six derniers kilomètres. Il fallait finir mais je n’en ai jamais autant chié. »

Une nouvelle épreuve difficile, une de plus, qu’il a domptée et qui le rapproche un peu plus du retour. « Le semi est passé. Maintenant, je vais me focaliser sur la piste pour revenir sur 5 000 m (13’26’’67 en 2013) et peut-être sur 3 000 m steeple. En tout cas, j’ai envie de battre mon record sur 1 500 m (3’42’’40 en 2009). Je sais qu’il me manque du travail. Il faut continuer à bosser. C’est la régularité qui prime. Pour le moment, j’ai souvent eu des soucis. Si j’arrive à enchainer les entrainements, ça devrait le faire ! »

« Le faire » pour Nouredine Smail c’est être du voyage à Londres cet été. Un projet ambitieux mais dans les cordes de celui qui a toujours prouvé qu’il n’avait pas besoin de centaines de jours d’entrainement pour être en forme. « J’ai envie de revenir en équipe de France. J’ai réussi à le faire quand j’étais plus jeune. Je ne vois pas pourquoi je n’y arriverais pas de nouveau. J’y pense vraiment et je vais me donner les moyens d’y arriver. »

S’il se donne les moyens, Nouredine Smail devrait revenir, et de loin.

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Journaliste professionnel. Fondateur et rédacteur en chef de Track and Life.

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