Ninon Guillon-Romarin

Ninon Guillon-Romarin a réussi les minima pour les Championnats du monde de Londres au saut à la perche.

 

En réalisant les minima pour les Championnats du monde au saut à la perche (4,60 m), l’athlète Ninon Guillon-Romarin est passée dans une nouvelle dimension ce samedi lors du meeting de Pierre-Bénite. Un juste retour des choses pour celle qui a gravi toutes les étapes du haut niveau depuis ses années cadettes, en passant par tous les championnats internationaux jeunes. Entretien.

Il y a des jours comme ça, où tout paraît plus facile. Pour Ninon Guillon-Romarin c’est arrivé ce samedi lors du meeting de Pierre-Bénite. En grande forme depuis le début de la saison, l’athlète de 22 ans a littéralement plané pendant tout son concours en franchissant coup sur coup au premier essai 4,10 m, 4,30 m, 4,40 m, 4,50 m et 4,60 m, synonyme de minima pour les Championnats du monde de Londres. Ce concours de rêve aurait même pu se prolonger à 4,72 m, puisque sa première tentative contre le record de France n’était pas ridicule. « Quand tout va bien comme ça, c’est dingue, explique-t-elle. Pendant le concours, je n’ai pas eu le temps de me rendre compte que les barres montaient. C’était un concours parfait ! »

Le déclic à Montreuil

Un jour de grâce qui en appelle sûrement d’autres tant l’athlète de l’EA Cergy-Pontoise Athlétisme semble dans une belle dynamique depuis le début de l’été. « J’ai senti que j’avais passé un cap après le meeting de Montreuil (voir article) où j’avais pu rivaliser avec des filles très fortes. Je me suis dit qu’elles n’avaient rien de plus que moi et que moi aussi je pouvais viser des barres aussi hautes. »

De là à tenter 4,72 m ? « Mon entraineur Sébastien Homo m’a dit après mes 4,60m de demander le record de France car c’était le bon jour pour me confronter à ça. Et j’ai bien fait de le tenter car je me dis maintenant que ce n’est pas impossible. »

Changement de structure au mois d’avril

Un résultat qui conforte également son choix de venir s’installer à Cergy-Pontoise depuis le mois d’avril pour rejoindre la structure d’Axel Chapelle, sixième des Championnats d’Europe en salle cet hiver, avec Sébastien Homo comme entraineur et Emmanuel Chapelle comme préparateur physique. « J’ai prouvé que cette décision était la bonne. Je m’entrainais depuis quatre ans à Clermont-Ferrand avec Fabrice Le Monnier mais il a décidé d’arrêter. Et j’avais fini mon master 1 pour devenir professeur des écoles. C’était donc le bon moment pour partir et pour tenter le coup ! »

Son premier coup, elle vient de le réussir à Pierre-Bénite. Les prochains sont près à être réalisés, comme à la Coupe d’Europe par équipes de Lille (23 au 25 juin) où elle fêtera sa première sélection en équipe de France A. « J’ai l’expérience des Championnats chez les jeunes (elle a participé aux Mondiaux cadets 2011, aux Europe juniors 2013, aux Mondiaux juniors 2014 et aux Europe espoirs 2015). Là, le Championnat d’Europe par équipes va me permettre de mettre un premier pas chez les grands. C’est bien de passer par là avant les Mondiaux. »

Objectif Europe espoirs

D’ailleurs, avant les Mondiaux prévus du 4 au 13 août, Ninon Guillon-Romarin aura rendez-vous à Bydgoszcz (13-16 juillet) pour décrocher sa première médaille internationale. « J’ai toujours répondu présent en championnat. La plupart du temps, je repartais avec un meilleur classement que celui des bilans (4e des Europe juniors en 2013, 7e des Europe espoirs en 2015). Là, ça va être la première fois que je vais arriver dans le rôle d’une favorite (première au bilan européen). Je vais apprendre à arriver à une compétition dans cette position. Mais je ne suis pas du genre à stresser. Au contraire, ça va me booster ! »

En passant d’un record de 4,40 m à 4,60 m, Ninon Guillon-Romarin sait qu’elle devra avant tout trouver une régularité autour des 4,50 m pour continuer de briller cet été. Pour cela, elle compte bien écumer les sautoirs avec à son programme avant la Coupe d’Europe par équipes, les meetings de Blois et de Cergy-Pontoise, où elle pourra égrener son nouveau statut de patronne de la perche française.

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Journaliste professionnel. Fondateur et rédacteur en chef de Track and Life.

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