NawalMeniker

Nawal Meniker s’entraine depuis le mois de septembre au pôle de Dijon.

La vice-championne d’Europe juniors du saut en hauteur vient de prendre la tête des bilans nationaux avec un bond à 1m84 au meeting d’Hirson (02). Une mainmise sur sa discipline qui ne fait que commencer.

A l’écouter, et surtout en la regardant sauter, on a cette impression que tout semble facile pour Nawal Meniker. Du côté d’Hirson (le 23 janvier), la jeune internationale a débuté son concours à 1m72 alors que toutes ses adversaires avaient déjà rejoint les tribunes. Et en quelques minutes, elle s’est emparée de la meilleure performance française de la saison (1m84), avant d’échouer de peu à 1m86. Le tout dans un mélange de grâce et d’esthétisme. « 1m84 c’est un bon résultat, lâche-t-elle. J’ai plein de meetings qui vont arriver. J’aimerais faire 1m90 dès cet hiver. »

1m90, rien que ça. Mais dans la bouche de la protégée de Patrick Leger, la détermination et la confiance résonnent comme un gage de sûreté. « Nawal est née pour faire de la hauteur, avance Patrick Leger, son entraineur. Elle est alignée, placée, naturellement. Elle n’a pas un gros potentiel physique comme peut l’avoir Dior Delophont (1m87 en 2013), qui est beaucoup plus puissante. Nawal ce n’est pas les qualités physiques, mais des qualités techniques spécifiques au saut en hauteur. Et pour un entraineur, c’est plus facile de partir sur quelqu’un qui est techniquement bon et construire son physique, que de partir sur quelqu’un qui a de grosses qualités physiques mais qui est moins technique. Car parfois, c’est impossible de corriger des défauts techniques. »

Le BAC en deux ans

Un don qui fait de la Perpignanaise le futur du saut en hauteur français, et peut-être même un peu plus, au regard de la Fédération française qui a décidé de choyer son joyau. « La Fédération m’a proposé de venir à Dijon pour faire du haut niveau car ce n’était pas possible à Perpignan. Je n’avais pas d’emploi aménagé. C’était impossible de concilier l’athlétisme et les cours en même temps. Là, je fais mon BAC ES en deux ans. Je passerai certaines matières cette année et les autres l’année prochaine. »

Un choix dicté par Patrick Leger, le responsable du suivi des jeunes de la spécialité à la FFA et qui a également créé une structure dédiée au saut en hauteur au pôle espoir de Dijon. « Nawal était entrainée par Alain Nieto sur Narbonne, un entraineur très compétent mais dans une structure inadaptée pour le haut niveau, explique Leger. Le problème c’est qu’elle avait comme partenaires d’entrainement des minimes qui faisaient d’autres disciplines. Et comme son entraineur est un passionné, et il le dit lui-même, il s’occupait plus de celui qui avait besoin de conseils que de Nawal qui pouvait se débrouiller toute seule. Ce n’était pas un problème de compétences. La structure n’était pas adaptée avec tout ce qu’il faut pour les soins, la musculation par exemple. On lui a donc proposé un projet fédéral. »

NawalMeniker_PatrickLéger

Patrick Leger a fait venir Nawal Meniker au pôle de Dijon pour qu’elle continue sa progression dans les meilleures conditions.

Un temps conseillée à distance par Patrick Leger, Nawal Menicker a rejoint le pôle de Dijon en septembre dernier. « A Dijon, les conditions climatiques ne sont pas les mêmes que chez moi mais je m’y plais bien. Je suis dans un groupe où l’ambiance est énorme ! Avant, je m’entrainais un peu dans mon coin. Et en plus, il y a des garçons donc ça me tire vers le haut. »

Aller toujours plus haut, Nawal Meniker semble ne penser qu’à ça. « Je sais où je veux aller. J’ai des objectifs précis. » Des ambitions dont elle ne se cache pas. « Mon objectif est de faire un podium aux Championnats du monde juniors (Bydoszcz, Pologne). » Avant de voir plus loin et surtout plus haut. « Nawal est taillée pour le saut en hauteur, continue Patrick Léger. Elle a également la volonté. Elle se transcende en compétitions. Elle veut gagner. Elle a choisi de faire du haut niveau. C’est clair et net pour elle. »

Les Jeux olympiques dans un coin de la tête

Vice-championne olympique de la jeunesse en cadette (2014) et d’Europe dans la catégorie supérieure, la sauteuse de l’Athlé 66 est lancée sur des bases élevées. Celles qui envoient très souvent vers les hauteurs du monde senior. Une atmosphère qu’elle aimerait déjà humer dans les prochains mois. « Je pense aux Jeux olympiques, avoue-t-elle quand on lui demande. Je me dis que 1m94 (minima IAAF, 1m95 minima FFA) ce n’est rien. C’est une petite barre qui monte. Donc pourquoi pas ? »

Des envies de grandeur que tempère son entraineur. « Elle est déjà la meilleure senior française. Après, il ne faut pas bousculer les étapes. Elle peut faire les Europe seniors. Après les Jeux olympiques, ça reste un point de mire. Ce n’est pas une obligation. Cela ne sera pas une déception si elle ne les faits pas. Elle aura le temps. Mais on ne peut pas dire qu’on occulte les Jeux. Elle a déjà fait des concours la saison dernière à 1m90 où elle est au-dessus. C’est vraiment un gros potentiel. »

Un énorme potentiel qui devra s’approcher, voire égaler, le record de France juniors de Maryse Ewanje-Epée (1m95 en 1983) pour rallier le Brésil. Une belle façon de débuter une carrière internationale à seulement dix-huit ans, huit années après avoir eu envie de débuter l’athlétisme en regardant les JO de Pékin à la télévision.

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Journaliste professionnel. Fondateur et rédacteur en chef de Track and Life.

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