Christophe Lemaitre

Christophe Lemaitre n’est pas passé en finale du 200 m pour deux centièmes.


 

Dans une soirée morose, Christophe Lemaitre a échoué pour intégrer une nouvelle finale mondiale sur 200 m, terminant neuvième et premier non qualifié. Auparavant, sûr de son fait, le spécialiste du marteau Quentin Bigot n’avait eu besoin que d’un essai pour passer en finale.

Comparée à la folle soirée d’hier, cette sixième session des Championnats du Monde est apparue très fade. D’une part, quand la pluie et le vent s’invitent en plein mois d’août, ça calme. Ajouter à cela un programme un peu léger en terme de points forts et vous vous retrouvez à regarder votre montre tout au long de la soirée.

Deux centièmes de trop

Finalement, dans le clan bleu, les meilleurs moments ont eu lieu en ouverture de programme, quand Pierre-Ambroise Bosse, puis, un peu plus tard, Renaud Lavillenie, sont venus récolter leur dû. Des breloques, que Christophe Lemaitre avait l’habitude de ramasser en été. Mais cette fois, le sprinteur bleu repartira de Londres sans récompense individuelle.

Seulement quatrième de sa demi-finale en 20’’30 (+0,3), le Français pouvait éventuellement espérer un repêchage au temps, mais c’était finalement, Wayde Van Niekerk, la légende en marche, qui héritait du précieux sésame (3e dans la série de Lemaitre en 20’’38). « Je suis dégoutée car j’avais les jambes, lâchait le recordman de France du 200 m. Je prends un bon départ et je vire bien, j’arrive à doubler Talbot. Je savais que je n’étais pas dans les deux premiers mais je pensais passer au temps. En fait je ne suis pas allé aussi vite que je le pensais. Je n’ai pas l’impression d’avoir manqué quelque chose dans cette demi, ce qui me manque c’est de l’entrainement. Aujourd’hui j’ai fait avec les armes du moment et je ne passe pas pour 2 centièmes, c’est tout. »

Quentin Bigot expéditif

En revanche, un essai c’est tout ce qu’il a fallu du côté de la cage de lancer pour Quentin Bigot. Impressionnant cette saison, le Français a expédié son engin à 76,11 m, troisième performance des qualifications. « Le but c’était de se mettre au sec le plus vite possible, même si j’ai l’habitude en Moselle, souriait Bigot. J’ai la satisfaction du travail bien fait. Maintenant, il faut rester concentré pour la finale, il n’y a pas de raison que ça se passe mal. »

Maëva Danois

Maëva Danois a été éliminée en série du 3 000 m steeple.


 

La finale du 3 000 m steeple, Maëva Danois la regardera, quant à elle, des tribunes. Classée dans la première série et sous des trombes d’eau, la Française a été dans le groupe de tête jusqu’à l’emballage finale avant de capituler (7e de sa série en 9’49’’21). « Qu’il y est de l’orage ou quoi, pour moi c’est toujours un plaisir de courir un steeple, lâchait la Normande. L’objectif était de rester le plus longtemps au contact des filles, c’est ce qui a été fait. A 800 m de l’arrivée, je me sentais encore bien en jambes, capable de répondre aux accélérations. Mais à 400 m, ç’a vraiment été une autre dimension. Je pense que c’est psychologique, je fais encore un peu trop la timide mais cette course m’a débloqué un truc. »

Les surprises continuent

Pour le reste, on retiendra qu’il ne fait pas bon être un favori dans ces Mondiaux londoniens. Mis à part Sir Mo Farah, qualifié aisément pour la finale du 5 000 m, les Américains Kerron Clement sur 400 m haies et la star Allyson Felix sur 400 m ont baissé pavillon face à plus jeunes qu’eux. Demain, le Norvégien Karsten Warholm (21 ans, 1er en 48’’35) et l’Américaine Phyllis Francis (25 ans, 1ere du 400 m en 49’’92) se réveilleront dans la peau de champions du monde. Une sensation qu’a découvert ce matin Pierre-Ambroise Bosse.

Makwala apte au 200 m
Touché par un virus gastrique qui ravage l’un des hôtels de l’organisation des Mondiaux de Londres, Isaac Makwala avait dû déclarer forfait lundi pour les séries du 200 m. Egalement qualifié pour la finale du 400 m hier, le Botswanais se sentait apte mais l’organisation avait décidé de le forcer à 48 h de quarantaine, lui refusant l’accès au stade. Une décision bizarre que l’IAAF a essayé d’assouplir en autorisant l’athlète à courir seul aujourd’hui sa série du 200 m qu’il avait manqué lundi… En 2h15, Makwala a donc enchainé série et demi-finale du 200 m (20’’20 et 20’’14) pour se qualifier pour la finale.

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Journaliste professionnel. Fondateur et rédacteur en chef de Track and Life.

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