Garfield Darien

Garfield Darien a échoué à deux centièmes d’une médaille mondiale.

 

Dans une finale très ouverte, le Français Garfield Darien est passé d’un rien à côté d’une médaille, en terminant quatrième du 110 m haies en 13’’30 (vent nul). Le compteur bleu reste bloqué dans une soirée où seul Jean-Marc Pontvianne a rejoint une finale.

Celle-là, Garfield Darien s’en rappellera longtemps. Le problème, c’est que c’est le goût amer de la déception que le Français va trainer jusqu’à son prochain rendez-vous avec le monde. En forme comme jamais, dans une finale ouverte comme rarement, le Français est rentré bredouille, la faute à pas trop de chance et à des outsiders aux dents très longues.

Une touchette à la troisième haie

Placé au couloir 6, Darien se savait bien entouré avec, entre autres, McLeod, Ortega et Shubenkov à sa gauche et Parchment et Merritt à sa droite, autant dire, que des chronos sous les 13’’. Mais aujourd’hui, peu d’entre eux avaient du feu dans les jambes, mis à part le champion olympique en titre Omar McLeod, solide vainqueur en 13’’04. Le reste de la meute semblait prenable. Mais dès la troisième haie, le Français était touché par Shane Brathwaite. « On me touche le bras droit à la troisième haie, explique-t-il. Je fais un écart incroyable sur la gauche et je tape brutalement la haie suivante, je ne sais même pas comment j’ai fait pour ne pas tomber. En meeting, j’aurais arrêté la course à la quatrième. »

Mais ce soir c’était jour de finale mondiale et Darien a poussé jusqu’au bout, fermant les yeux sur la ligne mais comprenant tout de suite que Balazs Baji, juste à côté de lui, venait de lui piquer la médaille (13’’28 contre 13’’30 au Français), derrière le Russe Sergey Shubenkov (2e en 13’’14), bien caché au couloir 2. « Cette touchette m’a coûté une médaille. J’aurais préféré faire une course à fond et faire une grosse erreur. Je reste sur ma faim. Il va falloir se remobiliser pour aller chercher un gros chrono dans les courses à venir (meeting de Varsovie mardi soir). »

Tavernier passe à côté

Voilà en tout cas une grosse cartouche de perdue pour la délégation française. Surtout qu’un peu plus tôt, Alexandra Tavernier avait été l’ombre d’elle-même en finale du marteau, après pourtant des qualifications réussies (12e avec 66,31 m). « Je pensais que ça passerait, que le travail finirait par payer mais ce n’est pas le cas. Je vais attendre de débriefer avec Gilles sinon je risquerais de dire des choses que je regretterai. Le premier jet était loin, c’est dommage que ça ne passe pas (mordu). Tout allait bien, je pense que c’est dans la tête que ça n’a pas été. Je pense que j’ai baissé les bras trop vite, j’étais peut-être trop satisfaite de ma performance des qualifications. Mais la saison n’est pas finie, il me reste les Universiades et le Decanation. »

Alexandra Tavernier

Alexandra Tavernier est passée à côté de sa finale du marteau.

 

Pendant que Tavernier s’égarait dans la cage de marteau, les Bleus du triple saut perdaient leurs repères sur les sautoirs un peu plus loin. Avec trois balles dans le chargeur, la France pouvait espérer passer en force en finale. Mais Melvin Raffin trop jeune et Benjamin Compaoré blessé, n’ont pas pu imiter leur pote Jean-Marc Pontvianne, seul bleu qui sera au rendez-vous de la finale jeudi. « J’ai fait des erreurs techniques mais je suis resté concentré, ce qui m’a permis de faire 16,78 m au dernier essai », expliquait Pontvianne (9e ).

Pontvianne le rescapé

Alors que ses deux collègues regrettaient de ne pas avoir pu s’exprimer pleinement. « J’étais en forme à l’échauffement mais je n’ai pas pu l’exprimer en compétition, lâchait Raffin (24e avec 16,18 m). Je suis déçu du résultat. J’étais impressionné par le stade. Je pense que c’est dans la tête que ça n’a pas fonctionné. » « J’ai senti un pic avant le concours, dans le mollet, avouait de son côté Compaoré (21e avec 16,46 m). J’ai fait le premier essai pour tester mais la douleur a augmenté. La qualif aurait pu passer au dernier mais j’ai mordu d’un rien. »

Des qualifications qui ne sont pas non plus passées au 400 m haies. Alors que les jeunes Ludvy Vaillant et Victor Coroller étaient avant tout là pour apprendre, c’est l’élimination de Mamadou Kassé Hann qui laisse un autre regret dans cette soirée. En tête à l’entrée de la dernière ligne droite, le Français butait sur la dixième haie perdant par la même occasion tout espoir de continuer l’aventure (6e de sa demie en 50’’35). « Ca me fait trop mal car j’étais bien, avouait-il. Je pouvais vraiment gagner cette demie. Cette dernière haie m’a gâché mes championnats. Je dois arriver sur la dernière en 14 foulées mais là avec 14 foulées j’étais trop près et 13 foulées trop loin, j’ai donc fini par toucher la haie. »

De la casse sur 400 m haies

Des haies que Coroller et Vaillant ont également touchées. « Je ne suis pas bien sur la 2e haie et je tape celle d’après, expliquait Coroller, 7e de sa demie en 55’’69 après une chute. Je l’accroche avec la jambe de retour. Ce n’est pas pardonnable sur un 400 m haies. » « La dernière ligne était vraiment très dure, racontait de son côté Ludvy Vaillant, 4e en 49’’95. J’ai fait une grosse première partie de course, ce qui était prévu. Je piétine sur la dernière haie, ce qui me fait perdre de précieux centièmes. Je n’ai pas de regret, j’espérais faire un meilleur chrono mais je n’avais plus de jus. »

Christophe Lemaitre

Christophe Lemaitre s’est qualifié pour les demi-finales du 200 m.

Il n’y aura donc pas de Français en finale du 400 m haies. Mais avec la qualification en début de soirée de Christophe Lemaitre pour les demi-finales sur 200 m, un autre espoir vit encore, même si le TGV de Culoz n’a pas déployé sa foulée habituelle (3e de sa série en 20’’40, alors que Jeffrey John a été éliminé en terminant 5e en 20’’66). « J’ai vu que j’étais troisième donc je n’ai pas forcé d’avantage, avouait Lemaitre. J’en ai mis un peu trop dans le virage donc en arrivant dans la ligne droite, j’étais en cycle arrière et je ne suis pas parvenu à accélérer comme je le fais d’habitude. Mais je pense pouvoir me qualifier en finale si je corrige cette erreur. »

Ca serait bien pour le moral de l’équipe de France qui, depuis le début de ces Championnats, semble passer à côté du rendez-vous londonien. Heureusement, demain, c’est jour de perche et de steeple, les pourvoyeurs officiels de médailles de la France.

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Collaboratrice chez Track and Life.

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