Pierre-Ambroise Bosse

Pierre-Ambroise Bosse et Renaud Lavillenie ont été des acteurs importants de ces Mondiaux chez les Bleus.

 

La France sort des Championnats du Monde de Londres avec le troisième meilleur total de médailles de son histoire (5) et une gratifiante quatrième place au classement des nations. Un bilan évidemment positif dans lequel se cachent des promesses mais aussi des failles.

Si on ne parle que de chiffres, le bilan français est assez simple à dresser. Cinq médailles (3e meilleur total de l’histoire aux Mondiaux), 14 places de finalistes (2e total ex-aequo avec Berlin 2009), trois titres individuels (un record) et une quatrième place au classement des nations derrière des Etats-Unis intouchables (30 médailles) et deux nations montantes que sont le Kenya (11 médailles) et l’Afrique du Sud (6 médailles). « Ce sont des excellents mondiaux, lâche le Directeur technique national Patrice Gergès. Quand on regarde l’histoire de l’athlétisme français, ça fait partie des trois meilleurs résultats. »

Pas de Russie et des blessés

Un bilan inespéré il y a quelques semaines, à la vue du nombre de forfaits dans le clan français. Dimitri Bascou, Pascal Martinot-Lagarde ou Rénelle Lamote auraient certainement pu encore enjoliver le bilan bleu. Mais cet effet année post-olympique, avec son avec son lot de blessures, n’a pas seulement frappé la France. Les absences de De Grasse, Rudisha, ou Braz par exemple ont aussi profité aux Français. A noter également des épreuves un peu moins denses, qui relativisent le résultat des Bleus.

Pour relativiser toujours, la Russie, suspendue par l’IAAF, n’a participé que très partiellement à ces Mondiaux avec des athlètes concourant sous bannière neutre. Malgré un ratio incroyable de 6 médailles pour 19 athlètes, la « Russie » n’avait pas toutes ses cartes en main et assurément que son armada aurait vampirisé plus de podiums.

Vaillant, Coroller, jeunesse dorée

Mais, quoi qu’on en dise, la France possède ses joyaux qui, malgré des saisons compliquées pour la plupart, ont tous répondu présents (Robert-Michon, Lavillenie, Diniz), ajoutant la folle surprise Pierre-Ambroise Bosse. « Le reflet de cette équipe c’est un peu ce qui s’est passé avec le 4×400 m féminin (4e avec le 8e temps des engagés), lance Gergès. Ils sont tous allés jusqu’au bout, ils ont cru en eux, certains avec bonheur, d’autres avec moins de réussite. On a des jeunes qui ont atteint les demi-finales. Cela peut paraître moins glorieux mais ce sont eux qui vont nous construire durant l’olympiade et j’espère qu’on les aura en finale pour Tokyo. » Si on était au football, on dirait que Ludvy Vaillant, Victor Coroller ou Estelle Raffaï ont gagné leur place, alors que d’autres devront revenir plus forts.

Malgré tout, le bilan français masque des failles dans le renouvellement de génération chez les Bleus. Outre les trois cités, peu de jeunes (moins de 25 ans) ont pour l’heure éclos à haut niveau comme on peut le voir dans d’autres nations (titre pour le Norvégien Warholm à 21 ans sur 400 m haies par exemple). Et même si Pierre-Ambroise Bosse et Kevin Mayer représentent un avenir probablement doré pour la France, les autres (Lavillenie, Diniz, Robert-Michon) sont plus près de la fin de leur carrière, que du début. « Globalement, certains ont saisi l’occasion et ont été très bons, livre Gergès. On a vu Ludvy Vaillant qui a pris une énorme maturité dans ce championnat. C’est ça la jeunesse. Et lui, comme Victor Coroller ont été de bons exemples. Ensuite, ce qui est important c’est que les anciens apportent aux plus jeunes. C’est déjà le cas dans l’encadrement et c’est très important pour moi d’avoir ces champions qui apportent leur expertise du haut niveau. »

Où sont les femmes ?

Autre point noir, la présence de très peu de femmes dans cette sélection et donc dans les bons résultats. Comme à Rio, Mélina Robert-Michon est la seule représentante de la gente féminine à obtenir une médaille, mais aussi la seule finaliste en individuel. Le reste du petit contingent (28 athlètes contre 42 garçons) n’a pas brillé, à l’image de Carolle Zahi (éliminée en série du 100 m) et Jeanine Assani-Issouf (éliminée en qualifications du triple saut).

Le vivier existe pourtant avec Ninon Guillon-Romarin (perche), Estelle Raffaï (200 m) pour les présentes à Londres, ou d’autres comme Laura Valette (100 m haies), Yanis David (championne d’Europe espoirs de la longueur), Solene Ndama (championne d’Europe juniors du 100 m haies) ou à plus long terme Cyrena Samba-Mayela (vice-championne du monde cadettes) entre autres, à condition que leur évolution soit bien encadrée.

Rendez-vous à Berlin

De quoi voir l’avenir d’un très bon œil avec les Championnats d’Europe de Berlin l’été prochain. « Si on part du principe que la photographie de cette année va se reporter l’année prochaine, c’est de bon augure, sourit Patrice Gergès. Après on sait que les années ne s’enchainent pas exactement pareil. J’imagine les Polonais et les Allemands très forts à Berlin (Championnats d’Europe 2018). Les Britanniques sont dans une bonne dynamique aussi. Je pense que Berlin va nous permettre d’identifier ce que sera la deuxième partie de l’olympiade. Mais pour le moment, on a presque de l’avance par rapport à ce qu’on pensait. »

Une avance sur laquelle il ne faudrait pas se reposer.

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Journaliste professionnel. Fondateur et rédacteur en chef de Track and Life.

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