Alexandra Tavernier

Alexandra Tavernier s’est qualifiée aisément pour la finale du lancer du marteau.

 

Dans une session matinale catastrophique pour les Bleus, seuls Alexandra Tavernier et Pierre-Ambroise Bosse ont réussi à se qualifier pour le prochain tour alors que Carolle Zahi et Jeanine Assani-Issouf, entre autres, ont été éliminées.

Dans une journée marquée par le fil rouge de l’heptathlon avec Antoinette Nana Djimou (13’’46 sur 100 m haies et 1,71 m à la hauteur pour le moment), les Bleus ont fait une très mauvaise entrée en matière. Jusqu’au premier lancer salvateur d’Alexandra Tavernier au marteau, l’équipe de France était dans un affligeant 100 % d’éliminés.

Mauvaise tactique pour Atine-Venel

Premiers en lice, les spécialistes du 400 m n’ont pas pu exister. Dans une série où il avait devant lui le recordman du monde Wayde Van Niekerk, Teddy Atine-Venel a été piégé. Croyant être dans un temps canon dans la foulée du Sud-africain, il courrait finalement en sous-régime avant de s’en rendre compte trop tard (5e en 45’’90 de sa série). « Je voulais me mettre dans la roue de Van Niekerk, explique-t-il. La seule erreur que je commets c’est de ne pas avoir fait ma course. Au second virage, je temporise, je ralentis en pensant qu’il était en 44’’, je voulais éviter de le doubler et de le payer sur la ligne droite. Mais quand j’ai vu le chrono j’ai réalisé que j’avais fait une grosse erreur. J’aurais dû faire ma course, quitte à le forcer à accélérer et finir à la bagarre avec lui. »

Teddy Atine-Venel

Teddy Atine-Venel a été éliminé en série du 400 m.

 

Pour Mamoudou-Elimane Hanne la tactique inverse n’a pas marché non plus puisque le Français a accéléré trop tôt au 200 m avant d’avoir du mal à finir (6e de la 4e série en 45’’89). « Je fais une erreur au 200 m : au lieu de maintenir mon allure, j’ai accéléré, donc je l’ai payé dans la dernière ligne droite. Ca me saoule parce que je me sentais en forme. Mais en même temps je relativise, le fait d’être là c’est déjà une victoire pour moi : j’ai connu deux années compliquées, sur le plan personnel et sportif. L’année dernière je ne savais pas si je pourrais encore courir après une rupture du tendon. Donc je suis quand même heureux ! »

Incompréhension pour Assani-Issouf

Relativiser, Jeanine Assani-Issouf ne pouvait pas encore le faire. Meurtrie par ses qualifications indignes de son rang, la championne de France a quitté les Mondiaux par la petite porte (13,87 m au 2e essai). « Je n’ai rien à dire. C’est l’incompréhension totale. »

Jeanine Assani-Issouf

Jeanine Assani-Issouf a quitté le stade olympique la tête basse après ses qualifications ratées.

 

Une incompréhension qu’on pouvait également lire sur le visage de Carolle Zahi. Dans des séries du 100 m douchées par une pluie battante, la Française n’a pas pu s’exprimer à son meilleur niveau (5e de sa série 11’’41, vent nul). « C’est une grosse déception, je m’attendais à me qualifier pour les demi-finales, avouait la Française. A l’échauffement ça s’est bien passé, il ne restait plus qu’à faire les choses correctement sur la piste, mais ça n’a pas été le cas. Je sors amer de cette course. » Un peu avant elle, en série 2, Orphée Neola avait connu le même sort (6ème en 11’’58, +0,8).

Inquiétude pour Bosse ?

D’ailleurs, avec la pluie, on a cru que la poisse allait s’abattre sur la délégation française puisque le concours de qualifications d’Alexandra Tavernier débutait sous des trombes d’eau. Mais, bien inspirée, la Française a passé le minimum de temps dans la cage en se qualifiant dès son premier essai (6e des qualifications avec 72,67 m, vidéo de son jet à découvrir ci-dessous), signant la première bonne nouvelle de la journée dans le clan bleu. « Je suis contente de voir que tout ce que j’ai pu travailler cette année s’est mis en place le jour J, expliquait-elle. Je ne pouvais pas être plus satisfaite. Je pense que la médaille va se jouer à 74,50 m. On est six à prétendre à une médaille de bronze. »

Une médaille à laquelle doit également penser Pierre-Ambroise Bosse. Dans une saison compliquée, le Français semble retrouver des couleurs depuis peu (2e de sa série en 1’47’’25). « Quand j’ai vu qu’on est passés en 52’’, j’ai compris qu’on ne ferait pas mieux que les autres séries, expliquait Bosse alors que Samir Dahmani, l’autre Français engagé a été éliminé (6e en 1’48’’62). J’ai donc misé sur la sécurité en me concentrant sur le dernier 200 m pour éviter la bousculade. »

Pierre-Ambroise Bosse

Pierre-Ambroise Bosse s’est plaint d’une douleur au tendon d’Achille droit.

 

Mais une inquiétude pointe néanmoins puisque, dès son arrivée, PAB s’est touché le tendon d’Achille droit, confirmant quelques minutes plus tard au micro de France TV qu’il avait mal. « Je me suis fait un peu peur sur la fin, j’ai cru que mon tendon d’Achille allait rompre. »

Autant dire qu’il faudra surveiller l’état de santé du recordman de France, puisqu’à la vue de l’hécatombe des Bleus, les chevaux susceptibles de ramener des breloques vont devenir de plus en plus rares.

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Journaliste professionnel. Fondateur et rédacteur en chef de Track and Life.

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