Mahiedine Mekhissi

Mahiedine Mekhissi a terminé quatrième des Championnats du Monde de Londres.

 

Dans une finale du 3 000 m steeple à sa portée, Mahiedine Mekhissi n’a pas cru en ses chances en laissant filer le podium avant de tenter un retour perdant. Finalement quatrième, il ne deviendra pas champion du monde cette année.

La finale du 3 000 m steeple a été un cauchemar de bout en bout pour le clan français alors qu’elle aurait pu être que du bonheur. En tout cas, Mahiedine Mekhissi le méritait, lui qui court après ce titre planétaire depuis neuf ans. Mais dans une finale ouverte comme jamais, le destin en a encore décidé autrement avec le « Grand », le surnom de Mekhissi dans son groupe d’entrainement. D’autant que les Bleus étaient touchés une première fois avec la chute de Yoann Kowal peu après le 1 000 m. « J’ai eu un gros manque de visibilité car j’étais derrière pour éviter les bousculades, expliquait Kowal, finalement 13e en 8’34’’53. C’était au moment où j’hésitais pour passer devant et devenir acteur de cette course, qui était à ma portée. »

Le podium parti sans lui

Acteur, malheureusement, Mahiedine Mekhissi ne l’a été que trop tard. En milieu de peloton, le Français laissait partir progressivement un groupe de trois composé d’Evan Jager, de Soufiane El Bakkali et du Kényan Conseslus Kipruto. Les trois hommes en profitaient pour prendre la poudre d’escampette alors que Mekhissi se réveillait au 500 m.

De là, il était probablement celui qui a fini le plus vite mais il venait mourir sur les talons de l’Américain Jager au terme d’une dernière ligne droite incroyable (8’15’’53 contre 8’15’’80) où Kipruto avait eu le temps de faire le show devant El Bakkali (1er en 8’14’’12 contre 8’14’’49 au Marocain). « Je ne peux pas me satisfaire d’une quatrième place, lâchait Mekhissi. Aujourd’hui, j’ai été spectateur de la course. Je regardais mes adversaires attaquer et je ne bougeais pas. Je n’étais pas en confiance. J’étais blessé cette année, je suis arrivé ici malade. Forcément je n’étais pas en confiance et ça s’est vu dans la course.  »

Pas loin de la médaille

Les regrets seront peut-être éternels pour le triple médaillé olympique, qui, à la vue de sa fin de course, avait certainement mieux dans les jambes. « Si j’avais été au contact, la course aurait été pour moi. A un tour de l’arrivée, j’y ai cru. Mais là c’était trop tard. »

A 32 ans, le meilleur demi-fondeur français de l’histoire a peut-être laissé passer sa chance de régner sur le monde, le même soir où Pierre-Ambroise Bosse a lui réussi à la saisir.

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Journaliste professionnel. Fondateur et rédacteur en chef de Track and Life.

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