Pierre-Ambroise Bosse

Pierre-Ambroise Bosse est devenu champion du monde du 800 m.

 

Au terme d’une course pleine d’audace, le Français Pierre-Ambroise Bosse est devenu champion du monde du 800 m. Juste bluffant.

On savait le garçon imprévisible. Mais de là à décrocher la timbale un soir de finale mondiale, on ne l’aurait pas cru. Ou si, peut-être, mais seulement après une soirée très arrosée. Mais ce soir, c’est Pierre-Ambroise Bosse qui a arrosé ses adversaires d’une rafale gagnante. Diminué par une blessure à l’insertion de l’ischio-jambier et retardé dans sa préparation, le Français arrivait à Londres sans grande assurance. D’ailleurs, après un premier tour géré, sa demi-finale l’avait vu un peu emprunté.

Attaque foudroyante à 250 m

Cependant, « Pierrot » avait annoncé vouloir que « son double un peu fou » ne sorte de sa cage en finale. Celui-ci est sorti exactement à 250 m de la ligne d’arrivée. A ce moment-là, le Canadien Brandon McBride menait grand train. Mais d’un coup d’un seul, Bosse a accéléré et les autres se sont accrochés. En tête à l’entame du dernier 200 m, le Français à la combinaison bleu serrait les dents et tout le reste de son corps pour courir le plus beau virage de sa carrière et finir le travail au bout d’une ligne droite interminable, surtout avec un Polonais nommé Kszczot aux trousses. « Il a su mettre l’accélération au bon moment, lâchait son entraineur Alain Lignier. Il fallait partir avant les autres mais je ne pensais pas qu’il ferait cette démonstration. C’est une course majestueuse. » « Au 500 m, quand j’ai accéléré, j’ai senti que j’allais leur faire mal et ça m’a fait plaisir de les faire souffrir, lâchait le nouveau champion du monde. Je me suis senti guerrier. Quand j’ai compris que j’allais gagner, c’était très bizarre, je ne me suis plus senti moi-même, comme un rêve bizarre. »

Une rêve bouclait en 1’44’’67 devant Adam Kszczot (1’44’’95) et Kipyegon Bett (1’45’’21) et qui permet au Français de devenir champion du monde, après le dernier titre mondial décroché par Teddy Tamgho à Moscou en 2013. « Je me suis retrouvé. C’est le moi qui prend des risques. Ce n’est pas l’athlète qui est fier aujourd’hui, c’est vraiment l’homme. Je suis fier de ce que j’ai fait. »

Un tour d’honneur d’une heure

Ca valait bien un tour d’honneur à la Bosse, plein de rires et de câlins. Avec un arrêt spécial devant son clan avec notamment son agent Kevin Hautcoeur et son pote Bryan Cantero, avant de lâcher son repas pas loin de la perche, où Renaud Lavillenie venait de décrocher le bronze. Un peu d’eau et un passage à grande vitesse de Wayde Van Niekerk plus tard, et il repartait dans son tour d’honneur, qui aura duré une heure.

Maintenant place à la fête, et comme sur la piste, il y a des chances que ce soir, le Bosse, se soit encore lui !

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Journaliste professionnel. Fondateur et rédacteur en chef de Track and Life.

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