Kevin Mayer

Kevin Mayer est en route pour le titre mondial.

 

De plus en plus proche du titre de champion du monde, Kevin Mayer est largement sur les bases de son record de France (8 834 pts), de là à penser à la meilleure marque mondiale ? Si le Français est capable d’être au niveau de ses records sur les trois dernières épreuves, tout est possible, mais ce n’est pas si simple.

Il est l’heure de sortir les calculettes. Toujours en tête du décathlon des Championnats du Monde de Londres, Kevin Mayer est lancé sur des bases qu’il n’a encore jamais explorées. Auteur d’une belle première journée (4 478 points), le Français a enchainé avec un nouveau record personnel (le troisième pour l’instant après le 100 m et le 400 m) sur 110 m haies en 13’’75 (-0,1), avant d’envoyer son disque à 47,14 m. De quoi tourner dans la dernière ligne droite avec 6 296 points, soit 24 unités d’avance sur son dauphin Rico Freimuth (6 272 pts). Cela semble peu, mais les épreuves à venir sont des points forts pour le Français.

 

Au moins 8 900 points

Pour le titre, sauf accident, disons que c’est dans la poche, le Français étant sur le papier supérieur à ses concurrents directs, notamment à la perche. Dorénavant, c’est sur le total à la fin des dix travaux que tous les fantasmes se plongent. En avance sur son record de France de Rio (6 211 points après 7 épreuves, soit 85 points d’avance), Mayer devrait assurément dépasser les 8 900 points.

Autant dire que les 9 045 points de Ashton Eaton (2015), meilleure marque de l’histoire, peuvent être dans un petit coin de la tête du français. Pour cela, plusieurs scénarios sont possibles. Si, dans les trois dernières épreuves (perche, javelot, 1 500 m), Kevin Mayer égale ses trois records personnels (5,40 m, 70,54 m, 4’18’’04), il totalisera 9 054 points, soit le Graal !

Record d’Europe ?

Mais Kevin Mayer reste un humain et il lui sera difficile de réaliser ces trois performances coup sur coup. Autant la perche (l’une de ses disciplines préférées) où il est en progrès permanent et le javelot,où il vient de battre son record personnel à Charléty, sont ses points forts. Mais c’est surtout le 1 500 m qui pause question. Son record date de 2012 et à l’époque, le Français était beaucoup moins étoffé physiquement qu’aujourd’hui. Depuis, il a plus souvent couru autour des 4’25-4’30, une performance qui ne suffira pas ce soir.

Un autre espoir demeure avec ce fameux concours de perche qui va débuter dans quelques minutes. Si Kevin Mayer s’envole dans le ciel londonien à au moins 5,50 m, ce qui serait son record de plus de 10 cm, il pourrait entrevoir le record du monde. Il devrait alors finir son décathlon avec une performance autour des 70 m au javelot et des 4’22 au 1 500 m. Pas impossible mais très difficile, alors que le record d’Europe de Roman Sebrle est un peu moins perché (9 026 points).

Cependant l’athlétisme est loin d’être une science exacte et le Français se contentera évidemment du titre mondial si aucun souci ne lui arrive d’ici là. Pour le reste, il suffit de rêver.

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Journaliste professionnel. Fondateur et rédacteur en chef de Track and Life.

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