Soufiane El Bakkali

Soufiane El Bakkali a remporté sa série des Championnats du Monde de Londres sur 3 000 m steeple.

 

En lice ce soir pour sa troisième finale aux Mondiaux sur 3 000 m steeple, Mahiedine Mekhissi sera en conquête d’un premier sacre planétaire. Outre les Kényans Kemboi, Kipruto et Birech et l’Américain Jager, le Français devra fortement se méfier du Marocain Soufiane El Bakkali, l’une des valeurs montantes de la discipline.

Ce dimanche, dans la première série du 3 000 m steeple des Championnats du Monde de Londres, on a surtout vu un grand échalas avec le maillot rouge du Maroc. En tête quasiment de bout en bout, Soufiane El Bakkali a assuré sa place en finale mondiale avec, jamais très loin dans sa foulée, un certain Mahiedine Mekhissi (8’22’’60 contre 8’22’’83). Un signe envoyé à ses adversaires mais qui n’a pas dû perturber le triple médaillé olympique, rompu aux tours préparatoires et jamais aussi fort le jour où ça compte vraiment.

Basé à Fez au Maroc

Ce jour est d’ailleurs arrivé. Et ce soir, Mahiedine Mekhissi a rendez-vous avec cette médaille d’or qui le fuit à l’échelle du monde. Cinq fois médaillé planétaire (argent aux JO 2008 et 2012, bronze aux JO 2016, Mondiaux 2011 et 2013), le Français veut monter sur la dernière marche. Mais dans une saison où il apparaît moins fort que les précédentes, notamment dû à des pépins physiques (voir article), il aura fort à faire pour contrer Evan Jager, le favori du plateau avec ses 8’01’’29 de Monaco, et ses meilleurs ennemis Kenyan, dont Ezekiel Kemboi, le plus rusé de tous. Sans oublier évidemment, le fameux El Bakkali.

Car, à seulement 21 ans, le Marocain, qui s’entraine à l’année à Fez (Maroc) a prouvé cette année qu’il était capable de jouer l’or. Vainqueur des meetings Diamond League de Stockholm et de Rabat (8’05’’12, record personnel), et deuxième à Rome (8’05’’17), il semble lancé dans une ascension fulgurante, après sa quatrième place des JO de Rio, juste derrière un certain Mekhissi. « Sa progression est logique et normale (8’52’’00 en cadets, 8’27’’79 en juniors, 8’14’’35 en espoirs 1), explique Pascal Bureaux, son manager. Quand on fait 13’44 (sur 5 000 m) en juniors et 18e aux Mondiaux de cross (2015), c’est dans la logique d’un athlète qui doit atteindre le haut niveau. On n’a pas gagné 20 secondes d’un coup. Cette année, vu les séances qu’il faisait en début de saison, les 8’05 n’ont pas été une surprise. Ca correspondait à son entrainement. »

Des questions sur son finish

Quatrième des Mondiaux juniors à Eugene (Etats-Unis) en 2014, El Bakkali est sur les radars des spécialistes depuis un moment. D’ailleurs, dès cet hiver, il avait fait parler de lui en faisant partie de l’imbroglio autour du record de France erroné de Morhad Amdouni sur 5 000 m en salle (voir article). A savoir maintenant, s’il résistera à la pression et surtout au schéma d’une course de championnat que Mekhissi comme Kemboi, connaissent sur le bout des pointes. « Il ne faut pas se casser la tête, avance Bureaux. Il faudra courir avec la situation du moment. C’est là qu’on prouve qu’on est capable d’être le meilleur dans toutes les situations. A partir du moment où on est là pour prendre une médaille, il ne faut pas se poser de questions. »

De son côté, Mahiedine Mekhissi a des doutes sur le finish du Marocain. « C’est un bon coureur de train, après, niveau finish, il faut voir. » « Soufiane est très fort aussi sur le finish car à Rabat il finit le dernier 400 m en 1’ en levant la main », contre quant à lui Pascal Bureaux.

Le verdict est prévu pour ce soir à partir de 21h10 (22h10 en France), en espérant que l’épine soit Mekhissi.

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Journaliste professionnel. Fondateur et rédacteur en chef de Track and Life.

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