Michaël Gras

Michaël Gras, champion de France en titre du marathon sera au départ de celui d’Annecy, le 17 avril.

 

Champion de France du marathon le 25 octobre dernier à Rennes pour sa première sur la distance, Michaël Gras sera au départ des 42,195 km d’Annecy (17 avril), avec un chrono inférieur au 2h15 dans le viseur.

Officiellement, ses 2h18’32 réalisés au marathon de Rennes, support des derniers championnats de France de la discipline, ne sont pas effectifs, la faute à un parcours jugé trop favorable, d’où le « F » suivant sa performance dans les bilans. Mais pour Michaël Gras, le tracé rennais n’avait rien d’une promenade de santé. «  Après avoir disparu, le chrono a été remis dans les bilans, explique-t-il. C’est logique que les performances aient été maintenues. Surtout que pendant la course, je n’ai pas eu l’impression d’être sur un parcours facile. »

Plus à l’aise sur les longues distances

Outre cette péripétie, le Talençais avait réussi une première probante en décrochant son premier titre de champion de France Elite. « La course s’est bien passée. Je n’ai pas ressenti le mur. J’ai été plutôt régulier avec un passage en 1h09 au premier semi pour finir en 1h09’30. Mais je n’étais pas très à l’aise dès le premier semi. Je n’ai pas fait une performance exceptionnelle. »

De quoi, néanmoins, confirmer le choix des jumeaux (Damien, 2h23’40) de se lancer très tôt (24 ans) sur les longues distances. « On pense tous les deux que c’est sur les longues distances qu’on sera les meilleurs, explique Michaël, premier Français au Marathon des Sables 2014. Plus les distances augmentent, plus on se sent bien. Et on voulait commencer tôt sur le marathon, car pour être performant sur cette distance, il faut de l’expérience. Ca fait deux ans qu’on prépare cette épreuve et on voit que la progression est lente. »

Des stages réguliers au Kenya

Incontournable chez les jeunes (8 titres de champion de France en course de montagne, cross, 10 km et semi-marathon), Michaël Gras a donc privilégié le marathon dès 2014. Dans ce but, lui et son frère ont pris leurs habitudes au Kenya pour se préparer. « On a découvert le Kenya en 2010 sur les conseils de James Theuri, raconte Michaël. Mais on ne faisait pas encore d’entrainements intensifs. Cela nous a plu et on gardé des contacts pour venir préparer le marathon depuis l’année dernière. On loue toujours la même maison. En janvier, c’était la quatrième fois qu’on y allait. »

Dans l’avion pour Iten deux jours après le cross Ouest-France (17 janvier), les frères Gras sont restés, cette fois-ci, six semaines dans le Sud-Est de l’Afrique. Et sur les hauts plateaux, ils ont pu compter sur la présence du groupe de Jean-François Pontier pendant trois semaines, dont Timothée Bommier, premier Français à Paris ce dimanche (2h15’36). « C’est la première fois qu’on restait aussi longtemps en stage. Mais on a pu bien bosser. Et par rapport à la performance de Timothée, on a des repères avec les séances qu’on a pu faire avec lui. »

Les minima olympiques envisagés

Sensiblement devant son compatriote sur les séances clés, Michaël Gras semble en capacité de réaliser un gros chrono pour son deuxième essai sur la distance. « Au début de la préparation on était partis pour viser les minima olympiques, avoue-t-il. Mais en étant au Kenya, avec l’altitude, on ne pouvait pas bien se rendre compte des allures. Et depuis qu’on est rentrés en France, on a vu que les allures en 3’06 au kilomètre allaient être trop compliquées. Donc, on va partir sur 3’10. Le but sera de faire moins de 2h15. »

Michaël Gras

Michaël Gras a terminé quatrième Français aux Championnats de France de cross du Mans en mars dernier.

 

Dans cette optique, les deux frères ont choisi le marathon d’Annecy, le 17 avril prochain, plutôt que Paris – «  un peu tôt dans le calendrier » – ou celui de Nantes, qui a lieu le même week-end. « On a longtemps hésité entre le marathon d’Annecy et celui de Nantes. Mais les organisateurs d’Annecy semblaient plus impliqués pour nous donner les meilleurs moyens pour performer. On aura un lièvre chacun mon frère et moi (voir par ailleurs). Et l’organisateur nous a assurés que le parcours était très rapide avec les derniers changements du tracé, apparemment comme celui de Rotterdam. »

Des erreurs lors de la précédente prépa marathon

De quoi laisser présager une bonne performance pour un athlète qui a fini quatrième Français des derniers championnats de France de cross, et qui vient de signer deux sorties intéressantes sur 10 km (29’48) et semi-marathon (1h06’39). « La préparation du premier marathon avait été compliquée, avoue Michaël. Avec Patrice (Lagarde, son entraineur à l’US Talence), on avait fait quelques erreurs, comme pas assez de sorties longues ou de séances spécifiques aux allures marathon. Et on était arrivés un peu fatigués sur la ligne de départ. Mais on a débriefé après Rennes et là, ça fait six mois qu’on prépare celui-là. On a bien allégé les deux dernières semaines de la préparation. On sera complètement frais. »

Les deux frères partiront d’ailleurs sur les mêmes bases. « Le but est de finir tous les deux ensemble, résume Michaël Gras. A Rennes, on était ensemble avec Damien jusqu’au 30e kilomètres. Et quand il a commencé à décrocher je me suis posé des questions avant de continuer tout seul. Là, si jamais cela arrive, je jouerai ma carte à fond. »

Cinquième année de médecine

Lucide sur son niveau, Michaël se projette plutôt vers les prochains Jeux olympiques de Tokyo sans oublier le semi-marathon des Championnats d’Europe d’Amsterdam. « Si ça ne passe pas du tout cette fois-ci on aura quelques doutes. Mais je vise forcément les JO en 2020. En quatre ans, c’est possible de les atteindre. Pour cette année, je pense avant tout au marathon, mais ensuite, je tenterai sûrement le semi-marathon de Strasbourg (15 mai) pour essayer de me qualifier pour les Europe. »

Une première sélection en équipe de France seniors qui pourrait récompenser un athlète, qui en plus de ses onze entrainements par semaine, est actuellement en cinquième année de médecine, tout comme son frère. « On a obtenu le droit de passer la cinquième année de médecine en deux ans, explique Michaël. Mais l’avenir me fait un peu peur. En juin 2017, on devra passer l’internat. Ca m’inquiète un peu car cela demande beaucoup de travail pour l’examen et ensuite, on ne sait pas trop, selon la spécialité choisie, quels seront nos rythmes de travail. J’ai envie de perfer en course à pied. Donc je pense que je choisirai une spécialité qui peut me permettre de continuer à beaucoup m’entrainer. »

Pour l’heure, seul le rendez-vous haut-savoyard est dans sa tête, avec l’ambition d’un gros chrono sur un parcours plat, mais pas Favorable.

Romain Courcières en lièvre de luxe
Michaël et Damien Gras ont notamment choisi le marathon d’Annecy pour les moyens mis à leur disposition, à savoir un lièvre chacun jusqu’au 30e kilomètre sur une allure de 3’10 au kilomètre. Les deux lièvres seront le Kenyan Wilson Kamau (1h03’56 au semi), que les Gras ont déjà hébergé chez eux à Bordeaux, et l’international Français Romain Courcières. Devant, la course a été montée pour battre le record de l’épreuve qui est de 2h11’33. « Au départ, on s’est dit qu’on allait profiter de ce train, explique Michaël Gras. Mais en fait, l’organisateur a demandé 1h04’45 au semi pour être sûr que les coureurs réussissent le record. Donc c’est trop rapide pour nous. » Le Français James Theuri est également annoncé avec en vue les minima olympiques (2h11).

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Journaliste professionnel. Fondateur et rédacteur en chef de Track and Life.

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