Kévin Mayer

Kévin Mayer a battu deux records personnels lors de son triathlon.

 

Le Français Garfield Darien a prouvé en une soirée qu’il faisait vraiment partie de l’élite mondiale sur 110 m haies en terminant troisième du meeting Diamond League de Paris en courant deux fois 13’’15. Deuxième, Renaud Lavillenie a, quant à lui, encore dû se battre avec les conditions météo alors que Kévin Mayer a une nouvelle fois impressionné.

Auteur en début de semaine de son record personnel à Ostrava, Garfield Darien savait que sa soirée parisienne pouvait lui offrir quelque chose d’énorme. Auteur de 13’’15 en série, son record avant sa sortie tchèque, le Français avait les dents qui rayaient le tartan avant sa finale. Malheureusement pour lui, la disqualification de Devon Allen pour faux-départ le faisait sortir de sa course. « Sur le faux-départ j’ai eu peur que ça soit un peu moi aussi, expliquait Darien. Ca m’a laissé un peu dans les blocks pour le second départ. Mais pour le coup, ma fin de course est pas mal. »

Le temps contre Lavillenie

Complètement lâché après trois haies, Darien refaisait son retard dans la foulée de Ronald Levy, situé à sa droite dans le couloir 8. Et alors que le champion olympique McLeod était touché derrière le genou, c’est Levy qui s’imposait en 13’’05 (-0,1) devant Andrew Pozzi (13’’14) et Darien qui en reprenait pour un 13’’15. « Faire 13’’15, sur une course que je ne trouve pas bonne, ce n’est que du bonus. Car avant, pour faire ça, il fallait que je fasse une course parfaite. »

Avant, Renaud Lavillenie n’était lui pas obligé de faire le concours parfait pour gagner. Mais ça, c’était avant. Ralenti par une blessure cet hiver, et gêné cette saison par les conditions météos, comme les autres perchistes, le recordman du monde n’a pas encore réussi à retrouver ses hauteurs, celles où personne ne pouvait venir jouer avec lui. Cette année, c’est lui qui ne semble pas pouvoir jouer. « Comment ne pas être énervé avec une compétition comme ça. C’est la quatrième compétition de suite où j’ai envie de faire bien, mais la météo ne me donne pas les moyens. C’est frustrant. »

Renaud Lavillenie

Renaud Lavillenie a été réconforté par Sam Kendricks.


 

Pourtant, quand le concours de la perche débutait, un beau soleil régnait sur Charléty. Le vice-champion olympique du décathlon, Kévin Mayer venait d’enflammer les spectateurs avec un monstrueux jet à 70,54 m au javelot et tout était réuni pour sauter haut. Lavillenie en profitait d’ailleurs pour passer 5,62 m à son premier essai. Une barre qui faisait l’écrémage puisqu’ils n’étaient plus que quatre à 5,72 m avec Kendricks, Barber et Wojciechowski. Mais c’est alors que le vent se leva. « Je commence le concours, je me dis qu’il y a quelque chose de bien qui revient mais à 5,77 m (il a fait impasse à 5,72 m), explique Lavillenie. Il n’y avait pas dix secondes correctes pour faire un saut. »

Bosse et Gueï en retard

Finalement deuxième derrière un Kendricks de plus en plus impressionnant (5,82 m), Lavillenie ne pouvait que ronger son frein en attendant mieux. « C’est chiant ! Il y a des jours où ça veut et d’autres où ça ne veut pas. Ca fait partie du jeu. Mais il reste encore cinq semaines avant les Championnats. Et finalement, je fais deuxième en étant mauvais. »

Des Championnats du monde que Pierre-Ambroise Bosse n’est pour l’heure, pas sûr de voir. Seulement septième du 800 m remporté par Nijel Amos (1’44’’24), Bosse a fait mieux qu’à Nancy il y a trois jours (voir article) mais pas assez pour valider les minima (1’45’’71 contre 1’45’’60). « Je reste sur la même longueur d’ondes qu’à Nancy, lâchait Bosse qui a fait belle impression dans la ligne droite opposée avant de fléchir sur la fin. Il me reste 150 m à gagner et je vais aller les chercher à l’entrainement car pour le moment il me manque trois semaines d’entrainement. »

Trois semaines de retard pour Bosse, et une semaine pour Floria Gueï, qui, après avoir déclaré forfait pour les Championnats d’Europe par équipes à cause d’une douleur au dos (voir article) était bel et bien présente sur la piste de Charléty. Mais comme Bosse ou Lavillenie, ce n’était pas la Gueï des grands jours. « Je suis vraiment déçue par le chrono, avouait-elle après avoir terminé cinquième du 400 m en 52’’33. Après j’ai coupé depuis une semaine donc je suis venue avec seulement une séance dans les jambes. Ca peut expliquer cette performance. »

Mayer et Zahi en forme

Finalement, la seule athlète tricolore qui avait le sourire était Carolle Zahi. Cinquième du 100 m, la Française grattait un petit centième sur son record personnel en 11’’17. « C’est dommage car je craque un peu sur la fin de course, lâchait-elle. Mais cela reste une bonne course dans la perspective des Mondiaux. »

Des Mondiaux où Kévin Mayer sera inévitablement le favori au décathlon. Impressionnant sur son triathlon (70,54 m au javelot, 13’’78 au 110 haies et 7,13 m à la longueur), le Français a battu deux records personnels (javelot et haies) et a prouvé qu’il était en forme. « C’est toujours bon à prendre, lâchait son coach Bertrand Valcin. Surtout que c’était des performances qu’on attendait depuis longtemps sur ces disciplines. On a construit des nouvelles choses. Et c’est Kévin, il sait mettre les choses en place au bon moment. »

Le bon moment, ce sera du 4 au 13 août pour les Français du côté de Londres et, mis à part Mayer et Darien, les autres ont encore du travail. Mais comme le dit Lavillenie, il reste cinq semaines. C’est long et peu à la fois, surtout à l’échelle de l’athlétisme mondial.

Tous les résultats.

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Journaliste professionnel. Fondateur et rédacteur en chef de Track and Life.

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