Kévin Ménaldo

Kévin Ménaldo s’est imposé au saut à la perche.

Dans un meeting où les stars Renaud Lavillenie et Pierre-Ambroise Bosse étaient attendues, ce sont les outsiders qui sont sortis du lot à l’image de Kévin Ménaldo à la perche et de Benjamin Sédécias au 110 m haies.

A la vue du plateau concocté, le meeting de Nancy pouvait se targuer d’être, depuis le début de la saison, le plus beau meeting français sur le papier. Mais comme c’est souvent le cas en athlétisme, rien n’est jamais écrit à l’avance et on ne peut de toute façon pas acheter le climat. L’atmosphère orageuse peut plaire aux demi-fondeurs, tant que la pluie ne tombe pas, mais cette dernière est en revanche l’ennemie numéro un des perchistes. Dommage quand on a sur le sautoir un certain Renaud Lavillenie.

Valentin devant Renaud Lavillenie

Dans un concours qui débutait juste après une belle drache, le recordman du monde est apparu fatigué, loin de sa meilleure forme. Dans le dernier trio avec son frère Valentin (2e avec 5,61 m) et Kévin Ménaldo, le champion olympique 2012 n’a jamais pu vraiment décoller, se contentant d’un 5,51 m un peu poussif (3 échecs à 5,71 m). « J’aurais pu m’en sortir un petit peu mieux, regrettait Lavillenie. Je reste forcément frustré. Il n’y a rien de dramatique et l’important c’est que je ne sois pas blessé et que je puisse continuer ma préparation. »

Une préparation qui se passe pour le moment à merveille pour Kévin Ménaldo, qui ne cesse de grandir dans l’ombre du maitre. Vainqueur avec 5,71 m, le médaillé de bronze européen de Zurich s’est encore essayé à une barre à plus de 5,80 m (5,86 m). « C’est bien de gagner, lâchait-il. C’était ma première compétition sur 18 foulées. Pour une première, depuis cet hiver, la confiance est bonne et les réglages sont bons. Ca fait trois concours de suite à plus de 5,70 m. C’est bien car les Championnats du monde cette année se joueront au moins à 5,80 m. »

Rentrée mitigée pour Bosse

Londres, Benjamin Sédécias y pense forcément. Alors que Garfield Darien battait son record personnel du côté d’Ostrava (13’’09), le pensionnaire de l’INSEP a, quant à lui, fait sa loi à Nancy, s’imposant en 13’’55 dans une finale où le champion olympique 2008 Dayron Robles a terminé à une anecdotique sixième place (14’’38). « J’étais un peu proche des haies, regrettait Sédécias. J’étais un peu stressé aussi. Mais c’est bien, je joue la gagne, même si le chrono ne descend pas car il y a de grosses fautes. Mais je n’ai pas d’inquiétude, ça va descendre. »

Pierre-Ambroise Bosse

Son lièvre Thomas Larchaud a fait le boulot mais Pierre-Ambroise Bosse a coincé dans la dernière ligne droite.

 

Pierre-Ambroise Bosse doit évidemment avoir le même souhait. Pour sa rentrée tardive sur 800 m, le quatrième des derniers Jeux olympiques a légèrement « explosé » dans la dernière ligne droite après une course où son lièvre Thomas Larchaud avait fait le boulot en passant en 1’04-1’05 au 500 m. « J’avais besoin d’une course pour me débrider, expliquait PAB, qui devançait dans le clan tricolore Aymeric Lusine, 7e en 1’46’’65. Je suis monté en puissance au mois de mai, puis j’ai été freiné et là j’ai du mal à revenir. Même à l’entrainement je sens que je suis moins perçant. Il me manque 3-4 semaines d’entrainements donc pour griller les étapes il faut courir en compétition. Je n’avais pas encore vomi à l’entrainement, il me fallait un 800 complet pour le faire. Je viens d’enlever une capsule de la fusée. »

Selmouni meilleur Français sur 1 500 m

Une fusée qui n’a pas non plus décollé chez les filles, où derrière Akaoui et Jozwiz (2’01’’19 et 2’01’’66), les Françaises n’ont pas pu prendre le bon wagon. Finalement cinquième, Clarisse Moh a été la meilleure d’entre elles. «  C’est vraiment dommage, on avait un lièvre de luxe, lâchait Moh, qui est passé en un peu moins de 58’’ au 400. Je suis bien partie mais j’ai calé entre le 3 et 400, du coup ç’a créé un décalage impossible à rattraper. »

Sofiane Selmouni

Sofiane Selmouni a terminé quatrième du 1 500 m.

 

Un schéma de course qu’on retrouvait également sur le 1 500 m hommes où derrière le patron marocain Iguider (premier en 3’35’’31), les Français n’ont jamais pu profiter du TGV. Ensemble à la cloche, Kowal, Carvalho et Selmouni se battaient dans le dernier tour et le ticket de premier tricolore revenait à Selmouni, bien plus fringuant sur la fin (4e en 3’37’’33 devant Kowal en 3’39’’13). « Je fais un beau dernier 300 m, jaugeait Selmouni. Mais je suis déçu car je sais que j’ai les minima dans les jambes. C’est frustrant. »

Tavernier a des regrets

Même frustration pour Florian Carvalho (7e en 3’41’’05) qui, après avoir retrouvé une préparation spécifique sur 1 500 m (après une début de prépa sur 5 000 m), n’a pas encore tous ses repères. « J’avais l’impression de courir vite, du coup 3’40 je suis un peu étonné. J’ai eu du mal à placer des séances spé avec la préparation 5 000 m. Il faut rester confiant. Je savais que ç’allait être compliqué de finir vite en ce moment donc j’ai essayé de partir de loin. Là ça ne passe pas mais ce n’est pas encore fini. »

Tout comme il restera des cartouches au triple sauteur Benjamin Compaoré (3e aujourd’hui avec 16,06 m derrière Kévin Luron 16,14 m et Fabrice Zango avec 16,84 m) ou aux sprinteuses Floriane Gnafoua (vainqueur du 100 m en 11’’34, +0,3) et Déborah Sananes (3e du 400 m en 52’’60) pour faire les fameux minima.

En revanche, à Londres, Alexandra Tavernier y a déjà un pied. Ce même pied que les juges ont jugé aujourd’hui fautif sur son dernier lancer alors que son marteau était parti à plus de 71 m (essai mordu).« Sur le dernier jet, je lance vraiment bien vu les circonstances, expliquait celle qui terminait 2e avec 70,35 m. Les juges me disent que je mords mais les trois vidéos affirment que non. Je ne suis pas une tricheuse, si je pense avoir mordu je le dis, là non. Je n’ai jamais protesté un jet de ma vie, ce n’est pas maintenant que je vais commencer. »

C’est donc avec des regrets que Tavernier quittera Nancy, comme quelques autres athlètes de l’équipe de France. Mais comme le dit Kévin Menaldo : « J’espère qu’il y aura des bonnes conditions à Paris pour pouvoir faire de gros sauts. » Des gros sauts et des gros chronos, c’est ce que tout le monde souhaite.

Partager cet article

Journaliste professionnel. Fondateur et rédacteur en chef de Track and Life.

Facebook Comments

Website Comments

Post a comment