Mahiedine Mekhissi

Mahiedine Mekhissi a terminé troisième du meeting de Marseille pour sa rentrée sur 3 000 m steeple.

 

Têtes d’affiche du meeting de Marseille,Mahiedine Mekhissi et Jimmy Vicaut ont répondu présent ce soir dans la cité phocéenne avec une belle rentrée pour le premier cité et une victoire pour le second.

Il y a des jours où le chronomètre compte beaucoup moins que d’autres. En décidant de venir à Marseille il y a un peu plus d’une semaine, le triple médaillé olympique sur 3 000 m steeple Mahiedine Mekhissi ne voulait pas entendre parler de la montre (voir article). Son coach Farouk Madaci annonçait même se contenter d’un chrono juste en-dessous des 8’30. Mais comme il fallait s’y attendre, la bête Mekhissi n’est jamais aussi dangereuse que lâchée dans l’arène. Parti prudemment, après plus de huit mois sans 3 000 m steeple, le Français est revenu progressivement avant de réaliser un dernier kilomètre de toute beauté pour finir sur les talons des Kenyans Jairus Birech (8’10’’11) et Abraham Kibiwott (8’10’’62) en 8’14’’67, minima pour les Mondiaux de Londres. « Je suis super content de moi, lâchait-il. C’est surtout la manière que j’aime bien. »

La compétition comme test

Surtout que Mekhissi restait sur deux infiltrations de PRP en mars dernier pour soigner ses tendons d’Achille douloureux. Pas de quoi donc arriver en pleine possession de ses moyens après seulement un mois et demi de « vrai » entrainement. « Cette compétition c’était mon premier gros test car je n’avais pas encore travaillé les allures spécifiques. Mais j’avais envie de courir. J’en avais assez de m’entrainer. Moi, ce que j’aime, c’est la compétition, l’adversité. Je n’ai pas été ridicule. Je suis parti prudemment parce que je n’étais pas confiant. Et plus les tours passaient et plus je retrouvais confiance en moi. Sur le dernier kilo, c’était le Mahiedine qu’on connaît. »

Un Mekhissi de retour et un Vicaut qui monte en puissance. Tête d’affiche du meeting marseillais, le co-recordman d’Europe du 100 m n’est pas passé sous les 10’’ (victoire en 10’’02) mais s’est imposé sur « ses terres », puisqu’il court dorénavant pour la SCO Sainte-Marguerite. « J’ai raté mon départ, regrettait-il. Donc je pensais que ç’allait être pire que ça. Le but était de gagner. Il reste des choses à travailler sur le départ. Je me relève un peu tôt mais la deuxième partie est vraiment bien. »

Gueï en réglages

Du travail, il en reste beaucoup pour Floria Gueï. La championne d’Europe en salle du 400 m a en effet décidé de changer de schéma de course depuis le début de l’été (voir article). Bilan, une course terminée à la troisième place (52’’49) et une Gueï un peu perdue sur la piste. « C’était assez particulier pour moi ce soir car le but était de mettre en place mon nouveau schéma de course. Mon corps n’est pas encore habitué, rien n’est automatisé. Je cherche mes repères sur le stade donc ça n’a rien à voir avec mon schéma avec lequel je suis certaine de faire des chronos. »

Floria Gueï

Floria Gueï a encore besoin de réglages sur 400 m.

 

Des réglages il en reste beaucoup à faire, que ce soit pour Jeanine Assani-Issouf, dont c’était le premier concours de l’été au triple saut (14,03 m) ou pour Jean-Pierre Bertrand et Kafétien Gomis, respectivement cinquième (7,81 m) et huitième (7,56 m) du concours de saut en longueur.

La surprise Ilionis Guillaume

Et alors que Teddy Atine-Venel (3e en 45’’78) n’a pas refait le coup de Forbach (voir article) après un départ très rapide, c’est Mélina Robert-Michon qui s’est retrouvée. Un peu en dessous de son niveau lors de ses deux dernières sorties en France (à Montgeron et Montreuil), la vice-championne olympique s’est imposée avec 61,70 m.

Une victoire qui était hors de portée de la junior Ilionis Guillaume sur 100 m haies. Alignée dans la même course que Pamela Dutrkiewitch (1ère en 12’’84), la protégée de Teddy Tamgho a néanmoins maté la concurrence en terminant deuxième en 13’’23. « Je m’attendais à faire quelque chose de mieux car je me sentais vraiment en forme. J’avais beaucoup de motivation mais le chrono n’est pas à la hauteur. »

Geyer-Carles et Selmouni solides

Un chrono qui restait également un peu en travers de la gorge de l’espoir Johanna Geyer—Carles. Venue pour faire moins de 4’10 sur 1 500 m, l’athlète du pôle espoirs de Fontainebleau a battu son record personnel mais s’est arrêtée à 4’10’’38 (5e). « J’espérais vraiment passer sous les 4’10 ce soir, regrettait-elle. Mais tactiquement, je me suis mieux sentie qu’à Oordegem (voir article) où je m’étais fait balader au deuxième couloir. Là, c’était un vrai 1 500 m rapide où il y avait juste à suivre. »

Johanna Geyer-Carles

Johanna Geyer-Carles a failli passer sous les 4’10 au 1 500 m.

 

« Juste à suivre », comme devaient le faire les Français sur le 1 500 m monté autour du médaillé mondial Abdalaati Iguider. A ce petit jeu là, c’est Sofiane Selmouni qui s’en est le mieux sorti en grattant encore une seconde sur son record personnel (6e en 3’36’’39). « C’est dans la ligne de ce que je fais en ce moment. Je ne cours pas après les minima, je cours juste pour me faire plaisir. » Derrière lui, le steepleur Yoann Kowal termine septième en 3’36’’39 alors que Samir Dahmani, dont c’était la deuxième course en trois jours après Montreuil, s’est contenté de 3’38’’95.

Un enchainement de deux courses qu’a également réalisé Carolle Zahi sur le 100 m. Mais alors qu’elle avait signé les minima à Montreuil (11’’18), la Française s’est, cette fois, contentée de la deuxième place (derrière Okagbare en 11’’17) en 11’’34. On retrouvera certains Français, dont Floria Gueï, à Rome le 6 juin, d’autres, comme Selmouni ou Geyer-Carles, seront quant à eux du côté de Montbeliard. La saison est vraiment lancée.

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Journaliste professionnel. Fondateur et rédacteur en chef de Track and Life.

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