Marion Fiack-Sidea

Marion Fiack-Sidea a retrouvé le sourire après deux années gâchées par les blessures.

 

Blessée depuis la saison 2016, la recordwoman de France du saut à la perche est enfin de retour sur les sautoirs. Auteure de 4,20 m lors des Championnats départementaux chez elle à Aubière le week-end dernier, Marion Fiack-Sidea (25 ans) espère pouvoir maintenant enchainer, elle qui a appris à s’entrainer en écoutant son corps.

Pour comprendre par quoi est passé Marion Fiack-Sidea depuis presque deux ans, il faut remonter au meeting d’Eaubonne en salle 2016. Ce soir là, la recordwoman de France du saut à la perche (4,71 m en 2015) assiste en pleurs au meeting francilien depuis les tribunes . Quelques minutes avant, elle vient de déclarer forfait à cause de son tendon d’Achille douloureux. « En 2016, j’ai commencé l’hiver mais j’ai dû m’arrêter car mon tendon (au pied droit) était vraiment trop inflammé. Le tendon n’était pas fissuré mais c’est la gaine du tendon qui coulisse mal. »

Changement d’entraineur

Un problème qui l’a poursuivie tout l’été, et après quatre concours dont deux bouclés sur des 0 (dont les France Elite d’Angers), elle décide de ranger ses gaules pour mieux repartir la saison suivante. Pour cela, elle décide de rester à Clermont-Ferrand tout en changeant d’entraineur. « C’était une nouvelle olympiade. J’avais envie d’un nouveau cycle, de changement.  »

Elle quitte donc Philippe d’Encausse, l’entraineur entre autres de Renaud Lavillenie et rejoint le groupe de Mathieu Boisrond et Fabrice Le Monnier qui coachent notamment Mallaury Sautereau (4,31 m) et Mehdi Amar Rouana (5,45 m). « On a tout de suite pris la décision de ne pas faire d’hiver car il y avait eu pas mal de changements (elle a également changé de marques de perches). Et tout se passait bien jusqu’au stage en avril (2017) où, lors de ma première séance de saut, j’ai ressenti une grosse douleur au pied gauche. »

Dans un premier temps, les médecins sont rassurants avant qu’un ultime test lors d’une compétition à Aubière (où elle sauta à 4,00 m le 25 mai), la convint que le mal était plus profond. « En passant une scintigraphie, on a décelé une fracture de fatigue. » Une nouvelle blessure qui stoppe un été même pas commencé. « On avait fait le choix de prendre notre temps, pour prendre mes marques, mais en fait, mon corps avait besoin de deux ans de repos. »

Fini les sauts sans échauffement

Avec un seul concours au compteur en 2017, avant celui de ce week-end, Marion Fiack-Sidea a donc pu prendre du repos et repartir d’un pied nouveau. « J’ai appris de mes erreurs et surtout de mon impatience à vouloir ressauter rapidement, avoue-t-elle. Là, j’écoute mon corps. On fait en fonction de mes douleurs. »

Car, pour l’heure, son tendon d’Achille continue de lui rappeler de temps en temps qu’il existe et l’oblige à passer par la case échauffement, elle qui a souvent débuté ses séances en s’envoyant en l’air dès le début. « Je me rappellerais toujours de Vanessa Boslak (ex-recordwoman de France du saut à la perche), qui, il y a cinq ans, me disait quand elle me voyait sauter sans m’échauffer, que je verrais dans cinq ans si je faisais encore ça ! J’en rigole maintenant. Je mettais directement mon grand élan et c’était parti ! Toutes les belles années où j’ai pu sauter sans m’échauffer me sont revenues en pleine face ! Là, ce n’est plus possible. Maintenant, dès que je sens mon tendon, je gère les répétitions pour ne pas être dans le rouge. »

Les Championnats d’Europe en tête

Par contre, à 25 ans, aller haut reste encore largement dans ses cordes et sa rentrée en 4,20 m à Aubière la semaine dernière, laisse présager de bonnes choses. « J’ai voulu faire une compétition car je commençais à m’ennuyer aux entrainements. J’avais besoin de cette adrénaline. Si j’arrive à gérer mes douleurs, je ne vois pas pourquoi je n’arriverais pas à faire au moins 4,50 m dès cet hiver. Je veux avant tout refaire des belles barres et retrouver du plaisir. »

Pour sa saison hivernale, Marion Fiack-Sidea a coché toutes les étapes du Perche Elite Tour mais c’est bien l’été et les Championnats d’Europe de Berlin qui l’intéressent. «Les Championnats d’Europe seront l’objectif de l’année. Mais je me concentre avant tout sur les performances. Car je sais que si je vais haut, j’irai aux championnats. »

Sa prochaine sortie est donc prévue le 13 janvier prochain à Orléans. D’ici là, elle devra continuer à être à l’écoute de son corps, un nouveau paramètre dans sa performance.

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Journaliste professionnel. Fondateur et rédacteur en chef de Track and Life.

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