Marie Gayot

Après l’entrainement, Marie Gayot aime, de temps en temps, se faire plaisir avec de bons cookies de la boulangerie.

 

Une vie d’athlète de haut niveau est toujours assimilée à une hygiène de vie d’ascète, où le plaisir se retrouve sur les podiums et non dans l’assiette. Marie Gayot, championne d’Europe du relais 4×400 m en 2014, déroge à la règle. Pour elle, le plaisir de manger prend une place prépondérante dans sa vie. 

Pour préparer sa saison estivale, Marie Gayot a choisi la Floride et Miami. Le soleil, un complexe d’entrainement moderne, un coach qu’elle connaît, tout est en effet réuni pour performer. Mais quand l’internationale française explique les raisons de cette destination, la qualité de la nourriture locale arrive parmi les premiers arguments. « On mange bien là-bas, rigole Marie Gayot. Il y a la communauté cubaine, et également beaucoup de Jamaïcains, donc il y a plein de petits restaurants très abordables. Le midi, entre deux séances, avec Angel (Chelala, son compagnon, champion de France Elite du 400 m en salle cet hiver), on se prend un bon riz assaisonné avec des bananes plantain frites et du poisson. Après ça, on est prêts pour la séance de l’après-midi. »

« Je ne me prive pas  »

Car pour Marie Gayot, manger est avant tout un plaisir, auquel elle ne voudrait pas renoncer. « La nourriture a une place très importante dans ma vie. Je suis assez difficile mais j’adore bien manger. Je ne me prive pas forcément. » A l’heure où la société stigmatise les kilos à coup de spots publicitaires, les sportifs de haut niveau représentent l’exemple du régime ascète. « On me demande souvent si je suis un régime particulier, renseigne Gayot. Je vois pas mal d’athlètes qui font super attention. Si je ne mange qu’une salade le soir, j’ai faim une heure après. Par rapport à quelqu’un de lambda, nous faisons attention avec les quantités et la répartition entre les féculents, les légumes et les viandes. Mais si je ne mange pas un petit truc sucré ou quelque chose qui a du goût, je deviens aigrie ! »

Vous ne verrez donc jamais la spécialiste du 400 m (50’’97 en 2015) attablée avec une seule petite feuille de salade à picorer. Chez elle, les petits plats sont souvent dans les grands. « Je ne cuisine que le sucré comme les gâteaux, les crêpes ou les gaufres (rires). C’est Angel qui cuisine le salé généralement. Il fait souvent des plats d’origine cubaine (Angel Chelala est cubain d’origine) avec des bananes plantain, du riz, des haricots rouges, des tomates séchées. J’adore la cuisine française avec des touches de différents pays exotiques. »

Marie Gayot et Angel Chelala

Marie Gayot et Angel Chelala en pleine discussion, peut-être à propos du dîner du soir.

 

Un dessert la veille des Championnats de France

Très portée sur le sucré – « les crêpes au Nutella sont mon péché mignon » -, Marie Gayot se refuse rarement un petit plaisir. « A Compiègne (là où elle s’entraine et fait ses études), il y a une super boulangerie où je trouve de très bons cookies ou une brioche feuilletée. En plus, ça tombe bien, car elle est située sur notre route quand on va à l’entrainement à vélo. »

Evidemment, les crêpes ne sont pas au menu de tous les repas. Mais il doit toujours rester une petite place pour le plaisir. « Quand on arrive en période de grosses compétitions, on fait peut-être un peu plus attention, reconnaît Marie Gayot. Mais cela ne m’empêche pas de manger ce qui me fait plaisir et de prendre un petit dessert la veille d’un championnat de France quand on est à l’hôtel avec le club. Mon entraineur (Laurent Hernu) est au courant et m’encourage. Car il sait, sinon, que je vais être frustrée si je ne mange pas bien. »

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Riz noir, bananes plantain et poisson assaisonné, voilà le type de spécialités cubaines dont raffole le couple.


 

« La seule fois où j’ai grossi c’est à l’INSEP »

D’ailleurs, la seule fois où la Soissonnaise d’origine a dû se plier à un régime, elle a paradoxalement pris du poids. « A l’âge de 18 ans, quand j’étais à l’INSEP, on était pesés toutes les deux semaines, se rappelle Gayot. Les entraineurs contrôlaient également notre masse grasse. C’était assez gênant et ça me complexait. Ce qui fait que j’ai pris du poids. »

Depuis, l’athlète de l’EFS Reims se tient à sa ligne de conduite qui semble marcher à la perfection. « Je pars du principe que je ne fais pas de régime mais que je mange une nourriture équilibrée. Je ne vais pas rajouter des sauces ou du sel. Mais j’ajoute toujours une note sucrée. J’ai peut-être la chance de pouvoir bien manger sans grossir. Dans tous les cas, si ça nuisait à mes performances, je ferais plus gaffe. Mais pour le moment, ce n’est pas le cas. »

Très au fait des meilleures adresses compiégnoises, Marie Gayot prodigue de très bons conseils. Mais être invité chez le couple un soir, après une grosse séance, semble la meilleure solution pour bien manger. « Quand on s’est fait une grosse musculation avec Angel. On aime bien se faire un bon petit plat comme des croque-monsieur. On va au supermarché, on achète du bon jambon et plein de choses à mettre dedans. C’est notre récompense. Mais comme on s’est bien dépensés, on ne culpabilise pas. »

Bon appétit !

Les sensations reviennent
Malgré un quatrième titre de championne de France Elite en salle sur 400 m, Marie Gayot n’a pas apprécié son hiver. Mais avec l’arrivée des beaux jours, les feux semblent repasser au vert. « J’avais de mauvaises sensations en janvier-février et je n’arrêtais pas de le dire à Laurent (Hernu). J’avais du mal à me situer. Je suis quelqu’un qui fonctionne beaucoup aux sensations et quand je ne ressens pas ce que je fais, je suis un peu pommée. Mais depuis trois semaines, les séances s’enchaînent très bien grâce au travail de cet hiver. Là, je prends beaucoup de plaisir à l’entrainement et j’ai envie de faire les séances où on va se rentrer dedans. » 

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Journaliste professionnel. Fondateur et rédacteur en chef de Track and Life.

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