Mame-Ibra Anne

Mame-Ibra Anne lors d’un entrainement à l’INSEP.

 

Blessé et auteur d’une saison 2017 quasiment blanche, le spécialiste du 400 m repart avec envie en cette saison de Championnats d’Europe estivaux. Dorénavant basé à l’INSEP, Mame-Ibra Anne compte bien reprendre sa place en tête des bilans nationaux et surtout s’affirmer vraiment comme le leader du tour de piste en France. Rencontre.

Lors des quatre dernières saisons (2013 à 2016), le nom de Mame-Ibra Anne est arrivé en tête des bilans français sur 400 m. 45’’73 en 2013, 45’’44 en 2014, 45’’26 en 2015 (record personnel), 45’’39 en 2016, l’athlète de l’US Ivry avait trouvé une régularité à haut niveau. Une ascension qui a connu un coup de frein en 2017 avec pour seule référence un tour de piste sous la pluie aux côtés de son pote Pierre-Ambroise Bosse lors du premier tour des Interclubs au mois de mai dernier (47’’70). Un coup de frein et surtout un coup dur puisque l’international français s’est rompu le tendon réfléchi du quadriceps gauche lors d’un entrainement peu après le deuxième tour des Interclubs (il avait couru sur 4×400 m). « J’avais des gênes de l’autre côté depuis un moment, explique-t-il. Et lors d’un entrainement, ça s’est rompu. Derrière, j’ai eu quatre semaines de béquilles. »

Nouvelle ouverture d’esprit

De quoi tirer un trait sur une saison qui semblait alléchante. Mais au lieu de courir à Lille pour les Championnats d’Europe par équipes ou à Londres pour les Mondiaux, Anne s’est retrouvé au CERS de Saint-Raphaël pour sa rééducation avant de prendre de grandes vacances, notamment à Cuba, chose qu’il n’avait pas pu faire depuis longtemps. « 45 jours après ma blessure je pouvais déjà trotter donc j’ai pu vite être actif. Ma dernière longue coupure remontait à 2008 car depuis j’avais toujours enchaîné les saisons estivales. J’en ai profité pour faire autres choses, pour souffler un petit peu plus longtemps et couper avec l’athlétisme. »

Surtout, le septième des Championnats d’Europe 2016, a pu apprendre un peu plus sur lui. « J’ai eu une nouvelle ouverture d’esprit, notamment en étant au CERS de Saint-Raphaël. Là-bas, j’ai côtoyé des grands accidentés qui étaient beaucoup plus blessés que moi. En tant qu’athlète, on se plaint souvent quand on a une petite gêne alors qu’il y a des gens qui ont un vrai combat à mener tous les jours. »

L’échec de 2016 a laissé des traces

A presque 28 ans, le voilà donc armé d’une nouvelle maturité. « J’ai pas mal relativisé. En 2016, mon objectif était de faire les minima olympiques. Et c’est compliqué de repartir quand on n’a pas réussi ses objectifs. J’avais beaucoup bossé et je ne suis pas passé loin. Donc, lors de la reprise de l’entrainement la lassitude s’est installée. Peut-être que mon corps m’a demandé une petite pause. A 18 ans, j’ai failli mourir d’une embolie pulmonaire donc un tendon c’est juste un grain de sable. Je n’ai pas pleuré sur mon sort.»

Cette saison est donc un nouveau départ pour Mame-Ibra Anne surtout qu’il est reparti sur une nouvelle dynamique en intégrant l’INSEP. « Mon coach (Marc Vecchio) est maintenant l’entraineur de l’INSEP pour le 400 m et le 400 m haies, explique-t-il. Je me suis toujours entrainé avec lui, c’était normal que je le suive. Ca m’offre un cadre plus professionnel même si j’aurai toujours mes habitudes à Ivry. »

« Devenir plus tueur »

Il aimerait également reprendre ses habitudes en haut des bilans nationaux. « Je veux retrouver la place qui était la mienne. Je me suis rendu-compte que j’étais peut-être un peu laxiste sur certains championnats. Il y a de belles compétitions qui vont arriver, j’ai envie d’être un peu plus tueur. »

Une attitude de gentil, de mec tranquille, qu’on lui a déjà reprochée et qui, pour certains, semble limiter sa progression. « On me voit toujours calme mais les gens ont une mauvaise vision de moi. J’ai plus de 25 chronos (en comptant les relais) en mois de 46’’. Ce niveau tu ne l’as pas si tu ne te rentres pas dedans. Personne ne peut dire que le 400 m c’est tranquille ! »

Mais évidemment pas insensible aux remarques, le Français a déjà pris les devants. « Cet hiver, je risque de m’entrainer avec un athlète beaucoup plus fort que moi. Je vais prendre des branlées mais c’est une expérience exceptionnelle que l’on m’offre. »

La création d’un média

Et alors qu’il n’a pas voulu révéler l’identité de son futur compagnon de galère (ce sera un athlète étranger), le Français restera de toute façon basé à Paris, sa ville – même s’il supporte l’OM au football – là où il a de nombreux projets comme le lancement prochainement de Iconz, un média spécialisé en Brand content. « C’est une société qui accompagnera pas mal de talents que ce soit des sportifs ou des artistes. »

Une première fournée de talents, dont il fera partie, lui qui vise évidemment les prochains Championnats d’Europe de Berlin. « Je sais ce que je veux et où je vais aller. »

Avec la maturité en plus.

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Journaliste professionnel. Fondateur et rédacteur en chef de Track and Life.

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