Mahiedine Mekhissi

Mahiedine Mekhissi a terminé troisième du 3 000 m steeple du meeting de Marseille.

 

Il ne cessera jamais de surprendre. Annoncé en petite forme – ce qu’il n’était pas vraiment – et en manque de repères – ce qui est certain -, l’athlète Mahiedine Mekhissi a une nouvelle fois démontré que lorsqu’il épinglait un dossard, ce n’était jamais pour faire de la figuration. Parti prudemment sur son 3 000 m steeple de rentrée, après presque neuf mois sans barrières, le triple médaillé olympique a remonté ses adversaires un à un avant de buter tout près des Kenyans Birech et Kibiwott pour signer un excellent 8’14’’67. Un chrono loin de ses standards mais très intéressant quand on sait qu’il y a deux mois, le Français était encore en rééducation à l’INSEP après des injections de PRP dans ses deux tendons d’Achille. Maintenant, il compte bien rattraper « son retard » en attaquant le travail spécifique du coté de Reims avant le rendez-vous de la Coupe d’Europe, qu’il a évidemment déjà coché. Entretien.

– Mahiedine, on peut dire que cette rentrée s’est très bien passée pour vous.

« Je suis super content de moi. C’est surtout la manière que j’aime bien car je n’ai pas encore travaillé d’allure spécifique. Ca fait un mois et demi que j’ai repris l’entrainement avec beaucoup de travail en nature. Cette compétition, c’était mon premier gros test. Je suis super content, sachant, qu’à la base, je ne devais pas venir à Marseille. Mais j’avais envie de courir. J’en avais assez de m’entrainer.

« Je pars vraiment de trop loin »

– Vous terminez troisième d’une course où Birech a signé la meilleure performance mondiale de la saison (8’10’’11), vous êtes déjà dans le coup.

A un tour de l’arrivée, je reviens, je les voyais. Mais je pars vraiment de trop loin. Si j’avais été au contact, je n’aurais pas terminé troisième. Ce que j’aime c’est la compétition, l’adversité. Je n’ai pas été ridicule. Je suis parti prudemment parce que je n’étais pas confiant . Et plus les tours passaient et plus je retrouvais confiance en moi. Sur le dernier kilomètre, c’était le Mahiedine qu’on connaît. Aujourd’hui (samedi 3 juin), il y a la meilleure performance mondiale de l’année et je suis troisième de la course en 8’14, j’ai fait les minima, donc c’est bien pour la suite. Maintenant, je vais rentrer à Reims et vraiment commencer le travail spécifique.

– Comment ont réagi vos tendons suite à cette première apparition sur le steeple ?

Là, on a vu que j’étais bien. Au début de la course, je n’osais pas trop pousser pour être prudent. Car forcément, quand on a été blessé aux deux tendons d’Achille, il faut retrouver confiance en son corps. Mais plus je passais des barrières, plus j’étais en confiance. Après, quand j’ai vu qu’il restait un kilomètre, il fallait y aller.

« L’équipe de France c’est ce que j’aime le plus »

– Et dire que vous n’avez pas encore commencé le travail spécifique et que vous avez quasiment passé vos premières barrières la veille de la course.

Lors de mon stage de cinq semaines à Font-Romeu, je n’ai fait pratiquement que du travail nature avec des fartleks. Pour être bien, il faut évidemment faire du spécifique mais aujourd’hui j’ai couru sur mes qualités naturelles et avec l’expérience. C’est super pour la suite.

– Justement, quel est votre programme pour la suite ?

Je veux répondre présent pour l’équipe de France donc ça sera les Championnats d’Europe par équipes. Pour l’équipe de France, je m’adapte. On me dit de courir le 1 500, le 3 000 ou le 3 000 m steeple, j’irai où on me demande d’aller pour le bien de l’équipe. L’équipe de France c’est ce que j’aime le plus. Pour moi, c’est important de répondre présent et de marquer un maximum de points. »

A lire également

Meeting de Marseille : Mekhissi de retour, Vicaut sur sa lancée

Rentrée marseillaise pour Mahiedine Mekhissi

Partager cet article

Journaliste professionnel. Fondateur et rédacteur en chef de Track and Life.

Facebook Comments

Website Comments

Post a comment