Mahiedine Mekhissi

Le double vice-champion olympique du 3 000 m steeple s’est imposé facilement lors des Championnats de France.

 

En l’absence de Yoann Kowal, légèrement blessé, Mahiedine Mekhissi s’est imposé facilement sur le 3 000 m steeple des Championnats de France Elite (8’29’’01) grâce à un dernier tour dévastateur. Une montée en puissance bienvenue pour le double vice-champion olympique de la spécialité à l’approche des grands rendez-vous internationaux.

– Track and Life : Mahiedine, quelle analyse faites-vous de votre course ?

« Le but aujourd’hui était de faire champion de France. Mon entraineur (Philippe Dupont) m’avait demandé de faire un gros dernier 400 m. C’est ce que j’ai réalisé. Le but était d’avoir de bonnes sensations, de finir fort, en pensant à la suite. Je me suis bien préparé, j’étais bien, j’avais de bonnes sensations. J’ai géré la course et mine de rien, le chrono n’est pas si mauvais que ça (8’29’’01 devant Djilali Bedrani en 8’36’’30 et Valentin Pépiot 8’36’’62, encore sur le podium après sa 3e place sur 5 000 m). L’essentiel était de gagner et de finir fort.

« J’avais besoin de retrouver de la confiance »

– Vous aviez abandonné au meeting de Montreuil sur 1 500 m le 2 juin. Ce titre doit vous rassurer ?

Ca me rassure parce que j’avais besoin de retrouver de la confiance, d’enchainer les courses. A l’entrainement, je réalise des bonnes choses. C’est juste que quand j’arrivais en compétition, j’étais fatigué. Après Montreuil, j’avais besoin de m’oxygener, de me retrouver seul, de ne penser qu’à l’entrainement. J’avais besoin de me concentrer pour retrouver des instincts que j’avais peut-être perdu. Mine de rien, avec vingt mois sans compétition, il y a des choses qu’on perd et qu’on a du mal à retrouver. Quand on est blessé (il a été opéré du talon puis du tendu d’Achille en 2015) on n’a pas de pression, pas de stress. Il n’y a plus la souffrance de la compétition. Il y a des choses qu’on oublie.

« J’ai un titre qui m’a échappé et je veux le reconquérir »

– C’est de bon augure pour la suite et notamment les Jeux olympiques de Rio.

Souvent on me parle des Jeux olympiques mais avant les Jeux, il y a les Championnats d’Europe. Chaque chose en son temps. Pour moi c’est important parce que j’ai un titre à conserver. Je suis champion d’Europe (il plaisante à propos de sa disqualification lors des derniers Championnats d’Europe sur 3 000 m steeple qu’il avait remportés). J’ai un titre qui m’a échappé et je veux le reconquérir. Je veux enrichir mon palmarès, je veux marquer l’histoire. Je ne crache pas sur des championnats. Et les Jeux sont dans six semaines. J’ai largement le temps de progresser, de monter mon niveau. Je n’ai pas peur. Je suis un homme de championnats. Les meetings c’est juste pour les réglages. Quand je porte le maillot de l’équipe de France je suis un autre homme. Il ne faut pas l’oublier.

– Pensez-vous encore à votre disqualification des Championnats d’Europe de Zurich ?

Ca m’arrive de temps en temps de penser aux Europe de Zurich. Mais aujourd’hui, j’ai surtout une pensée pour Teddy Tamgho. J’ai su hier soir pour sa blessure (fracture du fémur lors du concours de triple saut) et j’ai été très triste pour lui. C’est quelqu’un que j’apprécie. L’année dernière, on était blessés ensemble et on s’était promis de se retrouver aux Jeux olympiques ensemble. C’est triste pour lui. »

Retrouvez tous les résultats des Championnats de France.

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Journaliste professionnel. Fondateur et rédacteur en chef de Track and Life.

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