Lukas Moutarde

Lukas Moutarde sera l’une des chances de médailles de la délégation française lors des Championnats d’Europe juniors.

Sélectionné pour les Championnats d’Europe juniors qui débutent demain à Grosseto (Italie), Lukas Moutarde (19 ans), gaillard d’1,94 m, affiche ses ambitions, et revient sur sa condition de lanceur étudiant. Portrait.

Pour Lukas Moutarde, le javelot est une affaire de famille. Doté, comme le remarque son père et entraîneur Frédéric Moutarde, d’«un bras intéressant » – car particulièrement puissant -, une orientation vers le lancer de javelot semblait naturelle et inéluctable.

Cependant, le natif de Charleville-Mézières a mis longtemps avant de suivre les traces de son père (champion de France juniors du javelot). Passé par le pôle espoirs de handball – mais aussi par le basket, le judo, le football – ce n’est qu’en classe de 3ème qu’il décide de se consacrer sérieusement à l’athlétisme et au javelot, discipline où il prend le plus de plaisir. Un choix qui s’avère très rapidement payant.

Champion olympique de la Jeunesse

Seulement un an plus tard, il est sacré champion olympique aux Jeux olympiques de la Jeunesse à Nankin (Chine), à la surprise générale. « Je n’étais que cadet 1. Les favoris avaient sorti des performances monstrueuses en qualification mais le jour de la finale, je suis peut-être celui qui a le mieux géré la pression. » Encore troisième avant son dernier lancer, Lukas réalise alors l’un des plus beaux jets de sa jeune carrière et pulvérise son record, établi lors des qualifications, de plus de deux mètres (72,03 m contre 74,48 m, javelot de 700 g) pour monter sur la plus haute marche du podium. « Entendre l’hymne national pour toi, c’est juste incroyable, s’exclame-t-il encore aujourd’hui. Ce n’était que ma deuxième sélection, j’ai mis énormément de temps à réaliser ce que j’avais fait »

Une performance qui lui donne envie de viser plus haut. « Tu te dis : « je l’ai déjà fait, je suis capable de récidiver, c’est à ma portée ». Ça te donne une certaine ambition. » Ultra-dominateur sur le plan national, il vient de glaner son deuxième titre de Champion de France juniors consécutif à Dreux il y a quelques semaines malgré un concours difficile (voir article). « J’ai eu beaucoup de mal à lancer, avoue-t-il. Je n’arrivais pas à obtenir l’angle optimal du javelot, je perdais donc énormément de vitesse et d’énergie, pour un jet plus que moyen (1er avec 69,27 m)».

Un problème technique qui est le résultat d’une préparation hachée par une blessure, mais aussi par ses études. Etudiant en STAPS à Reims, Lukas met en lumière les lacunes du système universitaire français. « Quand tu t’engages, on te dit « ne t’en fais pas, tu auras des aménagements, les cours te seront envoyés durant tes stages..» mais ce n’est finalement pas le cas, concède-t-il. Je pense que 90% des athlètes de mon âge sont dans une situation semblable. C’est une vraie perte de temps. Tu n’es pas serein dans tes études et forcément, c’est difficile d’être serein à côté. »

« J’ai besoin d’être poussé dans mes retranchements »

Ajouter à cela une blessure au coude qui l’a empêché de lancer et donc de s’entraîner convenablement pendant plusieurs semaines, et la confiance s’est trouvée fortement affaiblie. Heureusement, l’athlète peut compter au quotidien sur son père. « L’avoir comme entraîneur nous permet de créer une proximité, de pouvoir aménager parfaitement nos séances et surtout, sourit-il, d’être sûr que l’entraîneur s’engage à fond dans le projet. »

Même s’il n’aborde pas les Championnats d’Europe juniors (20 au 23 juillet à Grosseto, Italie) avec une « performance de pointe », Lukas se veut confiant car c’est au plus haut niveau qu’il donne le meilleur de lui-même. « Je déteste perdre ou j’adore gagner, je ne sais pas lequel sonne le plus fort, s’amuse-t-il. Je fonctionne beaucoup sur ce que font les autres. J’ai besoin d’être poussé dans mes retranchements pour sortir de grosses performances. »

Objectif JO 2020

Et même s’il ne veut pas se projeter trop loin, le lanceur avoue avoir les Jeux olympiques de Tokyo en 2020 en ligne de mire, sans pour autant faire des Championnats d’Europe juniors une simple étape. « Si j’y vais, c’est pour gagner, affirme-t-il. Le javelot étant une discipline principalement européenne, tous les meilleurs seront présents. Je vais donner le meilleur de moi-même. »

Le ton est donné pour Lukas Moutarde qui, après sa sixième place aux Mondiaux cadets de Cali en 2015, compte cette fois-ci ne pas revenir les mains vides.

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Journaliste stagiaire chez Track and Life.

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