Sandra Beuvière

Après de longs mois sans courir pour cause de blessures, Sandra Beuvière a repris progressivement l’entrainement.

 

Longtemps blessée, Sandra Beuvière n’est apparue qu’à de rares exceptions sur les pistes depuis septembre 2013. La faute à une inflammation dont elle vient seulement de trouver la cause. Rencontre avec une athlète qui espère retrouver au plus vite le plus haut niveau et l’équipe de France.

Septembre 2013. Sandra Beuvière vient de boucler la plus belle saison de sa jeune carrière. 27e des Championnats d’Europe de cross espoirs en décembre (2012), elle a ensuite parfaitement négocié sa première année chez les seniors en s’invitant au Décanation (7e du 1 500 m) et aux Jeux de la Francophonie (8e du 1 500 m), tout en améliorant son record personnel (4’15’’94 sur 1 500 m). Mais au lieu d’être le début d’une ascension dans l’élite, la suite a plutôt ressemblé à une descente aux enfers. « J’ai commencé à être blessée fin septembre mais j’ai continué de m’entrainer car je me suis dit que ç’allait passer, explique-t-elle. J’ai poussé jusqu’au cross de sélection pour les Europe (11e du cross d’Allonnes 2013). Le lendemain de la course je ne pouvais plus courir. J’avais tellement mal que ce n’était même plus possible de faire un footing. »

Inflammation du grand fessier

Après une première série d’examens, une inflammation au grand fessier droit est détectée. Mais malgré quatre mois de repos, les douleurs restent omniprésentes. Celle qui est à l’époque encore licenciée à l’EFS Reims repart donc pour une nouvelle tournée des cabinets médicaux. « J’ai fait faire des semelles chez un podologue mais les douleurs disparaissaient trois semaines avant de revenir, une fois que le corps s’était adapté à ma nouvelle posture. »

Malgré les douleurs, Sandra Beuvière et son entraineur Ali Slimani décident de participer à la saison estivale (2014). Un choix qui s’avère payant, du moins sur les tablettes, puisque cette dernière améliore, contre ses propres attentes, ses records sur 800 (2’06’’18 à Amiens) et 1 500 m (4’14’’18 à Oordegem). « Je bats mes records mais je ne sais même pas comment j’ai fait, avoue-t-elle. Le jour de mon record sur 1500 m, j’avais dû mettre un emplâtre américain sur ma jambe tellement j’avais mal. Cette année là, j’ai vraiment pris sur moi pour au moins faire une demi-saison. Mais c’était trop usant mentalement. Il fallait que je me soigne. »

Une blessure à l’origine dentaire

Depuis, Sandra Beuvière n’a toujours pas repris un entrainement normal. Mais la source du mal qui la ronge depuis maintenant trois saisons a été trouvée. « En juin 2015, je me suis rendue chez un posturologue qui a détecté un problème de posture lié à une occlusion dentaire. On a travaillé avec un dentiste sur Reims et on est toujours en train de le faire. Tant qu’on aura pas tout équilibré au niveau de la mâchoire il y aura des tensions. »

Sandra Beuvière

Sandra Beuvière et son entraineur Ali Slimani ont retrouvé le sourire après de longs mois d’incertitudes liés à la blessure de la spécialiste du 1 500 m.

 

Des tensions qui se déplacent sur sa jambe droite au grès des rééquilibrages de sa mâchoire. Puisque, à ce jour, c’est le tendon d’Achille qui semble essuyer les plâtres. Mais la fin du tunnel n’a jamais été aussi proche, même si le temps passé est d’ores et déjà perdu. « J’ai eu des périodes où j’ai déprimé. Je me disais que c’était fini, que je ne courrai plus jamais sans douleur. Mais j’aime tellement l’athlé que ces périodes n’ont jamais duré longtemps. Il y aura encore des moments de trou mais le plus important c’est de se soigner. »

Déménagement au Mans

Et de reprendre une marche en avant, entamée depuis dix ans avec son entraineur. « Je pense qu’elle ne s’est pas encore exprimée totalement, ajoute Ali Slimani. Dans le plan sur dix ans que j’avais prévu, les grands championnats étaient envisagés pour cette année. On a été stoppés. La nature est plus forte que nous. Il faut l’écouter et prendre notre mal en patience. Maintenant, le but est de reprendre au moins pour l’hiver prochain. Comme le corps s’est bien reposé, on devrait pouvoir repasser un cap. »

Dans l’optique de retrouver son meilleur niveau, Sandra Beuvière déménagera d’ailleurs au Mans à la rentrée (elle habite actuellement à Charleville-Mézières) pour se rapprocher de l’Entente Sarthe Athlétisme, son nouveau club depuis cette saison (elle a dépanné cette saison sur 800 m lors du deuxième tour des Interclubs, malgré ses douleurs ). « On a été très bien accueillis par Laurent Boquillet (président de l’Entente Sarthe) et Joël Hamel (président de la section de la JS Allonnes). C’est aussi pour ça que j’ai envie d’aller sur place et de trouver cette chaleur que je n’ai pas à Charleville. » « Il faut qu’elle retrouve au plus vite une structure, enchérit Slimani. Il faut qu’elle change de cadre, il faut tout reprendre à zéro. Ce n’est plus Charleville, ce n’est plus la Champagne-Ardenne, on change. Il va falloir tout reconstruire. »

Objectif Tokyo 2020

Tout reconstruire pour rattraper les plans de son entraineur et connaître Tokyo, à défaut de Rio. « L’année où j’ai fait mon premier chrono sous les 4’20, je n’avais pas une grosse charge d’entrainement (6 entrainements par semaine sans travail de musculation). On se disait qu’il restait une belle marge de progression. Et la blessure est arrivée et tous les problèmes nous ont rattrapés. Là, je me dis qu’avec de l’entrainement, ça peut faire beaucoup mieux. J’avais vraiment plein de choses positives dans ma tête. Le niveau européen était envisageable. Il y a des étapes à franchir, mais à long terme, l’objectif est de participer aux Jeux olympiques. »

L’attente pour retrouver les sommets est encore longue, mais elle est beaucoup plus facile à vivre en courant.

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Journaliste professionnel. Fondateur et rédacteur en chef de Track and Life.

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