Lisa Gunnarsson

Lisa Gunnarsson détient depuis cet hiver la meilleure performance mondiale cadette de tous les temps au saut à la perche avec 4,49 m.

 

Auteure de la meilleure performance mondiale cadette de tous les temps cet hiver avec un saut à 4,49 m, la perchiste suédoise Lisa Gunnarsson est un pur produit de la formation française. Rencontre avec une athlète qui peut viser très haut.

A la vue des bilans tous temps cadettes de la perche, on pourrait penser que la discipline est un sport majeur en Suède. En effet, cet hiver, Lisa Gunnarsson a réalisé 4,49 m s’emparant du record du monde officieux (on parle de meilleure performance mondiale) de la catégorie. Un record que détenait déjà sa compatriote Angelica Bengtsson.

En équipe nationale suédoise de gymnastique

Mais que ce soit pour l’une ou pour l’autre, c’est bien l’école française qui a beaucoup officié pour développer ces deux talents. Et surtout pour Lisa Gunnarsson qui a tout simplement découvert la perche en arrivant en France en 2011. « Quand j’habitais en Suède, je faisais de la gymnastique explique la jeune perchiste de 16 ans. Je m’entrainais trente heures par semaine et je faisais partie de l’équipe nationale. Puis, on a déménagé en France (Angers) à cause du travail de mon père. Et là, j’ai eu envie de découvrir autre chose. Ma mère avait déjà fait de l’athlétisme et je savais que beaucoup de gymnastes se reconvertissaient dans la perche. Donc j’ai essayé ! »

Très vite à l’aise perche en main, Lisa Gunnarsson réalise 3,42 m en minime 1. Le début d’une belle ascension, sous les conseils d’Alain Donias, qui l’a menée cet hiver à égaler la meilleure performance mondiale de tous les temps à Eaubonne (4,47 m, le 9 février), avant d’en être la seule propriétaire en sautant 4,49 m à Stockholm, la ville où elle est née. « Sur le coup, je ne me suis pas rendue compte que j’avais réalisé cette performance. Cette barre était l’objectif de ma saison en terme de hauteur. Je pensais peut-être pouvoir m’en approcher cet été et être autour des 4,35 m cet hiver. »

Dans les pas d’Angelica Bengtsson

Une performance qui la propulse parmi les favorites pour les prochains Championnats du monde juniors, alors qu’elle n’est que cadette 2. De quoi continuer à marcher sur les traces de sa compatriote, Angelica Bengtsson, championne et recordwoman du monde de la catégorie. « Grâce à Angelica, je ne me sens pas toute seule. Il y a une autre Suédoise à haut niveau qui a sauté les mêmes hauteurs. Je peux lui demander des conseils. Je suis pour le moment le même parcours. »

Lisa Gunnarsson et Angelica Bengtsson

Le 9 février dernier à Eaubonne, Lisa Gunnarsson a égalé la meilleure performance mondiale cadette de tous les temps que détenait jusque là sa compatriote Angelica Bengtsson.

 

Lessivée par sa saison hivernale forte de huit concours, la Suédoise a pris six semaines de repos depuis sa troisième place aux France Elite d’Aubière (4,30 m). « J’avais besoin d’un break. Il fallait que je pense à autre chose qu’à la perche. Et j’ai eu peur d’en avoir marre durant la saison estivale donc j’ai préféré prendre mes distances en cet fin d’hiver, pour être d’attaque pour cet été. »

Une saison estivale évidemment ponctuée par les Jeux olympiques de Rio. Avec des minima fixés par la Fédération suédoise à 4,55 m (4,60 m pour la France), Lisa Gunnarsson peut raisonnablement rêver d’olympe. « Je pense que les 4,55 m sont réalisables, glisse-t-elle. En tout cas, aller aux JO serait une bonne expérience. »

Un jour sous les couleurs de la France ?

Et ajouterait un voyage de plus dans les valises de cette élève en première S à Nantes (elle est interne car ses parents ont déménagé à Paris). Puisque, depuis son plus jeune âge, via le travail de son papa, Lisa Gunnarsson a connu plusieurs continents et fuseaux horaires différents. « Je suis née en Suède mais ensuite j’ai vécu à Buenos Aires (Argentine), au Luxembourg, puis en France. »

D’ailleurs, la question du choix de sa nationalité revient souvent sur les sautoirs puisque avec son passé en France, elle pourrait très bien sauter avec le maillot tricolore sur les épaules. « On m’a beaucoup posé cette question. C’est vrai que dans ma vie, j’ai vécu plus de temps en France qu’en Suède. Mais mes parents sont Suédois, je suis née là-bas. Je me sens Suédoise même si je me suis très bien intégrée en France. Mais si un jour je sens que j’ai envie de sauter pour la France. Et bien, je le ferai ! »

De quoi laisser une petite chance à la Fédération française de récupérer un jour sous son drapeau, la plus française des perchistes suédoises.

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Journaliste professionnel. Fondateur et rédacteur en chef de Track and Life.

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