Julien Wanders

Julien Wanders, ici lors du meeting Diamond League de Lausanne, est l’un des espoirs du demi-fond européen.

 

Ce week-end, le Franco-suisse Julien Wanders a couru plus vite que le record de France espoirs du 10 km en réalisant 28’12 à Durban. Pourtant, avec le règlement actuel de la Fédération française d’athlétisme, le coureur n’apparaitra pas sur les tablettes. Chose qui pourrait changer dans les prochains mois avec la mise en place d’une nouvelle mesure.

Depuis plusieurs saisons, les performances du Franco-Suisse Julien Wanders sont scrutées, autant par leur niveau que par le fait qu’elles sont régulièrement plus rapides que les records de France. La dernière en date était ce week-end, puisque en bouclant le 10 km de Durban (Afrique du Sud) en 28’12, Wanders a fait mieux que le record de France espoirs (il a 21 ans) de Benoît Zwierzchlewski (28’33 en 1998). Une marque qu’il avait d’ailleurs déjà battue en décembre dernier lors de la Corrida de Houilles en réalisant 28’22 (voir article).

Il court pour la Suisse

Cependant, ces performances, ainsi que ses 28’06’’17 sur 10 000 m réalisés en avril dernier (le record de France espoirs de Philippe Legrand étant de 28’26’’7) n’ont pas été validées comme des records de France espoirs. Pour le 10 km de Houilles 2016, Wanders n’étant pas licencié en France la veille de la compétition, la question ne se posait pas. Pour les autres, malgré le fait qu’il soit licencié (à l’Entente Athlétique de l’Arve), son choix de porter le maillot suisse en compétition internationale (Championnats d’Europe 2014 et 2015, Mondiaux de cross 2015), l’a privé de ces records. En effet, les statuts de la FFA indiquent : « Si un athlète possède la citoyenneté de deux pays (c’est le cas ici), il peut détenir un record de France sauf s’il a représenté l’autre pays lors d’une compétition internationale. »

Logiquement, le coureur n’apparaît donc pas sur les tablettes. Mais là où ça se complique, c’est qu’il détient tout de même le record de France juniors des 10 km (28’49 en 2015), alors qu’il avait déjà porté le maillot suisse et qu’il était majeur. Tout comme il possède certains records de sa Ligue Auvergne-Rhône-Alpes (dont celui du 10 000 m réalisé en avril dernier). Une situation un peu compliquée surtout pour les suiveurs, puisque l’athlète, de son côté, est surtout Suisso-français (il vit entre la Suisse et le Kenya) et n’a jamais émis le souhait de détenir les records de France.

Une nouvelle directive pour les binationaux

Néanmoins, cette situation pourrait changer puisque lors de la prochaine assemblée générale de la FFA, prévue en avril prochain,  une nouvelle directive concernant les binationaux devrait être votée. Cette dernière devrait simplifier la situation puisque tout athlète pouvant présenter une carte d’identité française pourra dorénavant détenir un record de France ou décrocher un titre de champion de France.

Une façon d’éviter des situations grotesques comme lors des derniers championnats de France jeunes où sur le 5 000 m juniors, le Franco-allemand Markus Goerger s’était vu attribuer le titre, avant de le perdre, puis de le récupérer presque trois mois plus tard.

Pour Wanders, l’année 2018 pourrait donc lui permettre de réapparaître sur les tablettes françaises à condition de rééditer ses dernières performances.

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Journaliste professionnel. Fondateur et rédacteur en chef de Track and Life.

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  1. Antoine
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    Sait-on pourquoi Julien Wanders est licencié en France alors qu’il partage sa vie entre la Suisse et le Kenya ?

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