Léo Morgana

Très attendu cette saison, Léo Morgana n’a pas réussi les résultats qu’il escomptait.

 

Le médaillé de bronze juniors du 800 m en 2013 (1’46’’98 en 2014) avait en tête cette saison les minima pour les Championnats d’Europe d’Amsterdam. Pourtant en forme, le pensionnaire de l’INSEP n’est pas parvenu à faire descendre le chrono malgré une année pleine de travail. Rencontre.

A l’image de ses deux dernières saisons, Léo Morgana n’a pas eu de chance lors des Championnats de France Elite (24-26 juin). En tout cas, beaucoup moins qu’Aymeric Lusine, nouveau champion, qui a pu accéder à la finale du 800 m après le forfait de Pierre-Ambroise Bosse, accessoirement le partenaire d’entrainement de Morgana à l’INSEP. Finalement premier non repêché pour la finale pour cinq centièmes (1’50’’67 pour lui contre 1’50’’62 pour Lusine), le jeune athlète de la SCO Sainte-Marguerite (21 ans) a dû regarder la finale des tribunes. Un petit signe qui démontre que cette saison 2015-2016 ne sera pas la sienne. « C’est dommage car j’avais vraiment de bonnes jambes à Angers », regrette-t-il. C’est frustrant. »

Une adaptation réussie à l’INSEP

Une frustration d’autant plus forte pour un athlète qui ne s’est jamais senti aussi bien. « Je me suis très bien entrainé, lâche celui qui a rejoint le groupe de Bruno Gajer à l’INSEP en septembre dernier, en provenance de Montpellier. J’ai beaucoup progressé. Je suis meilleur dans tous les domaines, que ce soit en vitesse, en force, en aérobie ou en résistance lactique. Ca s’est vraiment bien passé toute l’année. »

Pourtant, cet été en compétitions, son meilleur temps est resté bloqué à 1’47’’65, loin des minima européens (1’46’’00). « J’ai eu du mal à mettre en place en compétitions les progrès que j’ai faits à l’entrainement, avoue-t-il. Il y a eu de gros changements au niveau de l’entrainement. Il faut un temps pour assimiler tout ça et le mettre en place sur des courses. Et en plus, j’ai un peu manqué de chance en compétitions avec des temps de passage qui ne correspondaient pas aux miens. J’ai beaucoup couru et je n’ai pas eu une seule course où ça s’est bien passé par rapport à mes capacités. »

Touché par le Chikungunya

D’ailleurs, même le meeting de Montreuil, qui devait marquer son « record de la saison » ne s’est pas déroulé comme prévu. Pourtant, Pierre-Ambroise Bosse, le recordman de France du 800 m,  comptait l’aider en rendant la course la plus fluide possible. « Le problème c’est que ça s’est mal goupillé avec le lièvre, rapporte Morgana. C’est passé sur des allures astronomiques, 48’’8 au 400 m. » Derrière, même le patron Bosse a toussoté.

Léo Morgana

Les courses de Léo Morgana ne se sont jamais déroulées comme prévu cette saison.

 

Mais les aléas des courses n’expliquent pas tout. Infecté par le virus du Chikungunya en janvier 2015, Léo Morgana a connu par la suite une saison blanche (un seul 400 m l’été dernier). « Il y a eu une attaque de moustiques tigres à Montpellier en début d’année dernière. Et je l’ai chopé. Ce n’est pas de chance (rires) ! J’avais des douleurs articulaires, des grosses courbatures, des dérèglements hormonaux et de grosses crampes. Après une prise de sang, on a vu que j’avais les anticorps du Chikungunya. »

Une pression des minima difficile à gérer

Un manque de repères en compétition, jumelé à une certaine pression des minima et voilà comment on peut passer à côté d’une saison. « Il n’y a que des feux verts, glisse-t-il. Il faut que je débloque un petit peu le côté psychologique. Je manque un peu d’expérience et de sérénité. Courir pour faire des minima, d’un côté ça booste mais ça met aussi beaucoup de pression. Les minima pour les Europe ne sont pas arrivés à temps mais avec tout le travail que j’ai fait, c’était possible. J’ai peut-être un peu de recul à prendre. Il faut que je cours en donnant le meilleur de moi-même et ne pas courir pour faire ce que j’attends de moi. Il faut commencer par faire de bonnes courses où j’arrive à mettre en place tout ce que j’ai travaillé à l’entrainement. »

Et alors qu’il souhaite prolonger sa saison pour « rattraper cette saison blanche », Léo Morgana peut compter au quotidien sur un allié de taille en la personne de Pierre-Ambroise Bosse. « Dans son ensemble, le groupe de Bruno m’a super bien accueilli (composé de Clarisse Moh et Lisa Blameble entre autres), confie Morgana. Et c’est vrai que s’entrainer avec Pierre-Ambroise ça aide. Evidemment, il me tire sur les séances. Mais au-delà de ça, il a une très grande expérience. Derrière son côté relax, il est très sérieux dans ce qu’il fait. Quand on en parle, il m’apporte beaucoup, il me donne beaucoup de conseils. Il y a une bonne entente entre nous deux, que ce soit humainement ou sportivement. »

Et alors que Bruno Gajer devrait quitter l’INSEP à la fin de la saison, Léo Morgana ne sait pas de quoi son avenir sera fait. Néanmoins, il reste sûr de lui. « J’ai vraiment bien travaillé. J’ai confiance en moi. Ca finira par payer, que ce soit cette année ou l’année prochaine. Peu importe, le travail paie toujours. »

La chance devrait tourner. Léo Morgana attend juste son tour.

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Journaliste professionnel. Fondateur et rédacteur en chef de Track and Life.

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