Lenny Brisseault

Lenny Brisseault est le nouveau recordman de France minimes (crédit photo : Magali Waldet-Brisseault).

 

Ce samedi (22 avril), l’athlète du Nice Côte d’Azur Athlétisme Lenny Brisseault a battu le record de France minimes du lancer de javelot (600 g) avec 65,81 m. A 14 ans, le fils des ex-internationaux Magali Waldet-Brisseault et David Brisseault semble lancé sur les traces de ses parents et notamment celle de son père, spécialiste du javelot, qualifié aux Jeux olympiques d’Athènes en 2004 avec un jet à 82,20 m.

Alors que les Christophe Lemaitre, Renaud Lavillenie, Kevin Mayer ou Mélina Robert-Michon ont brillé aux derniers Jeux olympiques de Rio, la relève de l’athlétisme français est en marche. Outre la sauteuse en longueur Heather Arneton, recordwoman du monde de sa catégorie avec un bond à 6,57 m en salle (voir article), un autre phénomène né en 2002 commence à faire parler de lui. En lançant son javelot de 600 grammes à 65,81 m à Cannes-la-Boca ce samedi (22 avril), Lenny Brisseault s’est emparé du record de France minimes de la spécialité (ex-record 65,13 m par Lukas Moutarde en 2013), se classant par la même occasion au 15e rang mondial de tous les temps chez les moins de 16 ans (selon www.athlerecords.net). Une grosse performance qui n’a pas surpris son entraineur de père David Brisseault. « On savait depuis quelques mois et notamment à la vue de sa préparation physique, qu’il allait battre une première fois le record de France au mois d’avril. »

Tombé dedans quand il était petit

Il faut dire que le « beau bébé » de 1,80 m et 75 kg à 14 ans (né le 2 septembre 2002) à de qui tenir, puisque sa mère Magali Waldet-Brisseault a été internationale au lancer de poids (15,49 m en 1998) et que son père, David, a participé aux Jeux olympiques d’Athènes en 2004 au javelot, avec un jet à 82,20 m. « Il baigne dedans depuis qu’il est né, livre David Brisseault. Il a pu profiter des séances techniques puisqu’il a toujours été là quand on a formé au javelot Nadia Vigliano (57,31 m en 2008), Alexia Kogut Kubiak (57,85 m en 2016) et Mathilde Andraud (recordwoman de France en 2016 avec 63,54 m, voir article). Le mimétisme a été très important. Il est très avancé d’un point de vue technique, plus que physique. Il est doué en dextérité et en gestuelle puisque c’est un mouvement qu’il fait depuis qu’il a l’âge de deux ans. Il a des automatismes ancrés. »

Des automatismes et une passion pour le javelot – « il est encore plus passionné que moi, il respire javelot », avoue son père – qui ont fait pencher la balance vers l’athlétisme, quand, à la fin de la dernière saison, il a dû choisir entre le tartan et les gymnases de handball. « C’a été compliqué jusqu’à l’année dernière parce qu’avec le handball, il avait entre huit et neuf entrainements dans la semaine, explique David Brisseault. Ca faisait trop ! D’ailleurs, il s’est fait une triple fracture de fatigue au niveau du dos (L5-L4). Généralement, on choisit un peu plus tard. Moi, par exemple, j’avais pu continuer à faire les deux jusqu’en cadets. »

100 kg au développé couché

Et alors que le papa lançait à 48 m au même âge, Lenny est presque vingt mètres devant, autant dire qu’il a pris de l’avance. « Il a, à peu près, trois, quatre ans d’avance physiquement, juge son père. Il fait 100 kilos au développé couché, 60 kg à l’arraché, 150 kg en squats, 3 m au saut en longueur sans élan. Il fait de la préparation physique comme un cadet. Tous les tests laissent croire qu’il doit faire 70 m cette saison. »

Comme tout enfant prodige, l’éternelle question du trop tôt, trop fort, apparaît, mais celle-ci est vite éludée par le paternel. « On sort de deux semaines où il a fait du biquotidien car c’était les vacances. Là, il va reprendre un rythme plus classique de cinq entrainements par semaine. Avec ma femme, on entraine au quotidien. On sait très bien qu’il ne faut pas brûler les étapes avec les adolescents. Il y a beaucoup de facteurs à respecter. Mais je suis aussi préparateur physique et j’ai donc la petite prétention de penser qu’on ne fera pas trop de conneries. »

Priorité à l’école

Pour cette année, Lenny aura donc en tête d’essayer de placer le record de France minimes le plus loin possible, avant d’entamer un nouvel épisode de sa vie en entrant au lycée. « Il va intégrer une classe à Saint-Raphaël avec des horaires aménagés pour pouvoir s’entrainer au CREPS de Boulouris. C’est après le BAC que ça va être compliqué, avance son père. Il partira peut-être aux Etats-Unis où le sport de haut niveau a sa place à côté des études. »

De toute façon, une chose est claire chez les Brisseault, le javelot ne passera jamais avant l’école. « J’ai connu Stéphane Laporte qui est le recordman de France espoirs du javelot (80,76 m en 1988), explique David Brisseault. Il faisait des études d’ingénieur et à partir du moment où il n’a plus réussi à combiner les deux, il a arrêté sa carrière. Nous, on envisage plutôt ce genre de profil pour Lenny plus que le haut niveau coûte que coûte. »

Les JO à 18 ans ?

Le père en sait quelque chose, puisque pour mettre toutes les chances de son côté afin de participer aux JO en 2004, il s’était mis volontairement au chômage. « Avant, je bossais 35 h et je m’entrainais quatre heures par jour. Ce qui m’a valu autant de séjours à l’hôpital que de sélections en équipe de France. C’était du sport de maso et non de haut niveau. J’en suis bien conscient. Donc pour Lenny, ça dépendra vraiment des opportunités qu’il va rencontrer. »

L’idée d’une carrière éclair pourrait être la solution. « C’est clair qu’il a le potentiel pour faire les Jeux olympiques à 18 ans. On essaie d’y penser un peu. Ca vaut le coup car il n’aura pas encore entamé de grandes études. Une échéance olympique en juniors ça peut être sympa ! »

Pour l’heure, le prochain pic de forme est prévu en juin. Et une chose est sûre, le tout frais record de France minimes sera en grand danger !

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Journaliste professionnel. Fondateur et rédacteur en chef de Track and Life.

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