Léa Navarro

Léa Navarro a réalisé les minima pour les Mondiaux juniors lors du 3 000 m steeple des Championnats de France Elite.

 

L’athlète du Nantes Métropole Athlétisme sera l’une des premières Françaises à s’élancer sur le stade de Bydgoszcz pour les séries du 3 000 m steeple ce mardi matin (19 juillet). Une compétition qu’elle pensait ne pas pouvoir courir après une saison 2015 gâchée, et une année 2016 où elle a dû se reconstruire. Rencontre.

A Angers, lors des Championnats de France Elite (24 juin), sa sixième place a sonné comme une victoire. D’ailleurs, dès la vue du chrono (10’22’’46), Léa Navarro a fondu en larmes, submergée par une sensation de plaisir et de soulagement après plusieurs mois compliqués. Car avant de se qualifier pour les Championnats du monde juniors (10’25), la septième des Jeux olympiques de la jeunesse sur 2 000 m steeple en 2014 ne se voyait pas du tout partir en Pologne avec ses amis de l’équipe de France. « Je savais que les minima étaient accessibles mais je ne croyais pas en moi, raconte la Bordelaise d’origine. Je pensais que pour moi, cela n’allait pas être possible. J’étais dans une totale remise en questions. »

« J’étais au fond du trou »

Une perte de confiance liée à une saison 2014-2015 gâchée par une grosse anémie en fer. « L’année dernière on ne s’est pas rendu compte que j’avais une anémie (meilleur chrono de sa saison 10’49’’77 sur 3 000 m steeple). C’a bousillé toute ma saison. Et alors qu’en début d’année, je pensais faire un podium aux Championnats d’Europe juniors (Eskilstuna) je n’y suis même pas allée. J’étais au fond du trou. »

Une fois le mal dissipé, Léa Navarro retrouve progressivement des couleurs à l’orée de la saison 2015-2016. Mais une pneumonie la prive d’un retour en grâce lors des Championnats de France de cross au Mans. « J’étais vraiment malade aux Championnats de cross du coup je suis tombée dans les pommes pendant la course, explique-t-elle. C’a été une grosse déception car je faisais des séances de fou à l’entrainement. »

Un nouveau contretemps qui fragilise encore un peu plus sa confiance. « Quand j’ai repris ma préparation pour la saison estivale, j’étais un peu en-dedans. Même si mon coach (Patrice Binelli) me disait : “Lea je te promets que les minima tu vas les faire“, je ne le croyais pas. Mais au final, il a toujours raison ! »

« Je ne pensais pas revenir un jour »

Tout près lors du meeting de Genève le 11 juin (10’27’’52), Léa Navarro s’est finalement affranchie des minima en réalisant une course pleine aux Championnats de France Elite. « Avant les France, je me disais que je ne voulais plus courir, que le steeple c’était fini. Mais je me suis concentrée sur moi-même sans penser aux autres juniors qui étaient venues chercher la même chose que moi. »

Cela valait bien des larmes à l’arrivée. « Je n’y croyais même pas. Je reviens de tellement loin. Je pense que j’avais besoin de me prouver quelque chose à moi-même avant de prouver quelque chose à la Fédération. J’étais démoralisée, je n’avais plus de mental. Je ne pensais pas que j’allais revenir un jour. »

Un retour qu’elle a validé en remportant le titre de championne de France sur 2 000 m steeple à Châteauroux le 1er juillet dernier. La meilleure façon de prendre encore un peu plus de confiance à l’aube du rendez-vous mondial.

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Journaliste professionnel. Fondateur et rédacteur en chef de Track and Life.

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