Aurel Manga

Aurel Manga a réalisé les minima pour les Championnats du monde de Londres sur 110 m haies.

 

Dans la compagnie française du 110 m haies, l’athlète Aurel Manga était il y a encore un an, un soldat inconnu. Depuis, le protégé de Giscard Samba est passé dans une autre dimension, celle où il peut côtoyer tous les grâdés. La preuve avec ses 13’’27 réalisés hier lors du meeting de Montreuil, minima pour les Mondiaux de Londres.

Depuis de nombreuses années, le 110 m haies français est un grand champ de bataille où les affrontements se terminent très souvent aux couteaux. Dans ce contexte, il est évidemment très difficile de se faire une petite place dans ces régiments remplis de talents. C’est pourtant le cas d’Aurel Manga. A 24 ans, l’athlète du CA Montreuil 93 est devenu depuis la saison dernière, une valeur sûre de la discipline. Auteur de 13’’33 (+1,7) et sixième des Championnats d’Europe d’Amsterdam en 2016, il a gentiment fait ses classes. De quoi l’amener en 2017 vers le sommet de la pyramide.

Des erreurs techniques

C’est en tout cas le chemin qu’il prend, après un hiver probant (5e des Europe en salle avec un record sur 60 m haies en 7’’53) et un début d’été du même acabit, qui l’a vu prendre la troisième place du meeting de Montreuil en 13’’27 (+0,5), record personnel et minima pour les Mondiaux de Londres (4-13 août). « Je suis satisfait chronométriquement parlant mais j’ai fait des erreurs techniques, lâche-t-il après sa course montreuilloise. J’ai pris un très bon départ. Ca confirme le travail qu’on a mis en place cet hiver où on a bien nettoyé cette phase. Maintenant, on voit qu’il y a des choses à régler sur la fin de course pour qu’elle soit aussi efficace. »

En tête jusqu’à la huitième haie, après un départ tonitruant, Manga s’est fait toucher, a cogité et s’est fait passer. Pas de quoi s’inquiéter. « La touche avec Hansle Parchment lui a fait perdre son rythme, explique son entraineur Giscard Samba. Avant de se faire toucher, il était sur des bases très, très intéressantes alors qu’on n’est que début juin. Il y a vraiment eu beaucoup d’erreurs techniques. Il y a donc plusieurs trucs à nettoyer. Tout ça donne encore plus de cachet à la performance. »

Rio encore en travers de la gorge

Le général Samba de la section Koundy’s (nom du groupe d’entrainement dont fait partie également Dimitri Bascou) distribue les bons points. Mais évidemment, rien n’est fait dans cette guerre où les gradés Garfield Darien (13’’20 hier) et Dimitri Bascou (13’’55 à Eugene en retour de blessure) seront dans la bagarre pour les trois billets pour l’Eurostar. Sans oublier l’aspirant Wilhem Belocian, qui peut, avec son talent, sortir à tout moment du bois. « La bagarre est lancée, lâche Manga. Ca fait du bien à tout le monde. Cette émulation est très bonne pour la France pour les futurs championnats internationaux. »

Une guerre mondiale à laquelle il aimerait participer après avoir manqué celle de Rio sur choix de ses supérieurs. Auteur des minima et d’un podium aux France, il avait vu le sergent Pascal Martinot-Lagarde lui passer devant, médailles et record national parlant pour lui. Un épisode que Manga n’a pas oublié. « C’est un truc qui me forge encore aujourd’hui, avoue-t-il. Ca me permet de me donner encore plus tous les jours. La façon dont ça s’est passé, c’est compliqué à digérer. Mais je me sers de cet élément amer pour avancer plus vite. »

Martinot-Lagarde a aimé le spectacle

Comme un signe, Martinot-Lagarde était hier en bord de piste, le pied dans le plâtre, assistant impuissant à la montée en puissance de ses camarades. « C’est sûr que c’est rageant de ne pas pouvoir courir mais c’est beau de voir des Français devant », lançait le recordman de France de la spécialité.

Si beau et spectaculaire, qu’on attend déjà la prochaine bataille. Sûrement comme le soldat Manga, prêt à prendre la tête du régiment.

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Journaliste professionnel. Fondateur et rédacteur en chef de Track and Life.

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