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Le décathlète Gaël Quérin a réussi à obtenir 5 000 euros grâce à une levée de fonds sur une plateforme de crowdfunding.

 

A l’image de Gaël Quérin, Maëva Contion ou Valentin Lavillenie, plusieurs athlètes internationaux ont récemment lancé une campagne de crowdfunding. Etat des lieux d’un phénomène qui ne cesse de croître.

Depuis plusieurs années, les sites de crowdfunding se multiplient sur la toile, que ce soit pour financer une entreprise, un projet ou même un voyage. Une mode qui est entrée également dans les stades d’athlétisme. En 2014, Ladji Doucouré, champion du monde du 110 m haies (2005), avait été l’un des premiers athlètes à faire appel au financement participatif. Pour financer sa préparation aux Etats-Unis, le hurdleur avait reçu un fort soutien du public et levé 13 960 euros pour un objectif de 8 000 euros.

Une réussite, qui, en cette année olympique, a donné l’idée à plusieurs athlètes internationaux de se lancer. C’est le cas de Gaël Quérin, champion de France Elite du décathlon en 2015. « J’avais vu la campagne de Ladji, se souvient l’international français. Cela avait bien marché. Il me manquait des fonds pour préparer les Jeux olympiques et mon entraineur Gaëtan Blouin m’a conseillé de tenter cette opération. »

Pour financer des stages

Réalisée en début de saison, la campagne de Gaël Quérin a été une réussite (5 000 euros récoltés). De quoi permettre au Lillois de se préparer dans les meilleures conditions. « J’ai fait cette campagne pour financer un gros stage aux Etats-Unis que je vais faire au mois d’avril. »

Financer un stage, voilà la première raison des athlètes pour faire appel au crowdfunding. « Cette année, je veux partir plusieurs fois en stage, explique Maëva Contion, spécialiste du 400 m haies, qui est actuellement en pleine campagne de levée de fonds (page de collecte de Maëva Contion). On a besoin de bonnes conditions d’entrainement pour se préparer de la meilleure des façons. »

C’est le cas également du perchiste Valentin Lavillenie, qui tente actuellement de lever 4 500 euros pour financer un stage en Espagne en début d’année (page de collecte de Valentin Lavillenie). Mais contrairement à ses deux collègues, à qui on a conseillé de lancer leur page de levée de fonds, lui a été contacté directement par la marque de boisson Powerade et la plateforme Sponsorise.me. « Ce sont eux qui sont venus me chercher. Je faisais partie de leur short-list. Je ne l’aurais pas fait si on ne m’avait pas contacté. Mais la finalité est très intéressante car ça permet de financer quelque chose que je n’aurais pas pu faire.  Car quand t’es juste derrière les tops en terme de niveau, c’est plus dur financièrement. »

Une grille d’aides selon les niveaux

Un manque de soutien financier dont les athlètes, dits de « second rang » souffrent énormément. « Si tu es bon, tu peux bien vivre de ton sport », avance Valentin Lavillenie, en connaissance de cause puisque son frère Renaud, fait partie du gratin mondial. Mais pour les autres, il est souvent compliqué d’avoir les fonds suffisants pour une préparation optimum. « Les aides de la Fédération française sont en adéquation avec le niveau de l’athlète, explique Gaël Quérin. Pour moi c’était insuffisant par rapport à mes ambitions. Mes aides ne pouvaient pas combler mes dépenses. Donc j’ai pris les devants. »

Surtout que ces athlètes veulent également obtenir des fonds pour financer les déplacements de leur entraineur. « L’argent que je cherche à récolter c’est pour Laurent (Hernu) et moi, explique Maëva Contion. On a besoin d’avoir notre coach en stage et sur les meetings avec nous. On s’entraine toute l’année avec un entraineur ce n’est pas pour qu’il soit absent lors des moments importants de la saison. »

Pour attirer le public, Maëva Contion a publié une vidéo sur sa page de collecte.

Pour attirer le public, Maëva Contion a publié une vidéo sur sa page de collecte.

 

Souvent soutenus par leur club, les collectivités locales et la FFA, ces sportifs essaient également de trouver des partenaires privés. « J’ai démarché des partenaires en début de saison, rappelle Gaël Quérin. Ca m’a demandé beaucoup de temps entre les mois de septembre et décembre. Mais j’ai la chance d’avoir été aidé par Benjamin Delattre, un étudiant en école de communication pour mettre en place une stratégie de communication sur Facebook. » Des efforts récompensés puisque le décathlète a conclu un accord avec l’entreprise CITEVERT basée à Arras.

Accompagnés par un conseiller

Une aide logistique que mettent en place les plateformes de crowdfunding. « J’ai un entretien toutes les semaines avec un conseiller pour faire le point, explique Maëva Contion. Il me conseille sur les façons de communiquer pour toucher mon public. J’essaie donc de poster plus d’informations sur les réseaux avec des photos et des petites vidéos. Je suis beaucoup plus active. »

Toucher le public : la clé du succès d’une campagne de financement participatif. Une occasion pour ces champions de se tourner vers leurs fans. « Cela permet d’avoir un rapport plus poussé avec les fans, abonde Lavillenie. J’avais déjà prévu de changer ma façon de communiquer, d’être plus présent auprès des gens qui me suivent. Cette campagne me permet de trouver un lien avec le public. »

Se tourner vers ses fans

Un lien dont les athlètes n’avaient pas forcément pris conscience. « Mon regard vers mes supporters a changé, avoue Maëva Contion. J’ai beaucoup de soutien de gens que je connais de loin. Ca me touche. Ca me donne confiance car je ne me sens pas toute seule. »

Un échange qui ne s’arrête pas à une simple donation, puisque en fonction des sommes allouées, les athlètes s’engagent à des contributions envers leurs mécènes. D’une carte dédicacée de Rio à un entrainement de perche avec Valentin Lavillenie, celles-ci peuvent s’avérer originales. De plus, ils permettent à ces champions d’aborder leurs saisons avec plus de certitudes. « J’ai récolté les fonds nécessaires, savoure Gaël Quérin. C’est super ! Je vais pouvoir bien me préparer. »

Des préparations optimales qui pourraient déboucher sur des exploits cet été. De quoi donner de nouvelles contributions à ces mécènes, devenus en trois clics, des sparring-partners virtuels.

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Journaliste professionnel. Fondateur et rédacteur en chef de Track and Life.

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