Clémence Calvin

Championne de France de cross sur l’hippodrome du Mans le 6 mars dernier, Clémence Calvin sera au départ du semi-marathon de Lisbonne ce dimanche (20 mars).

 

Engagée ce dimanche (20 mars) au semi-marathon de Lisbonne, Clémence Calvin prépare tranquillement sa migration vers la route et le marathon, même si, pour cette année, son seul objectif reste le 10 000 m.

« Je n’ai jamais couru 21 km dans ma vie, même pas à l’entrainement. Je ne suis pas du tout préparée pour ce semi-marathon. »

On pourrait imaginer une Clémence Calvin, inquiète, à la vue de ses propos. Mais c’est tout le contraire. Celle qui vient de rafler sa huitième couronne nationale en cross au Mans (le 6 mars) est plutôt très confiante pour la saison estivale et le 10 000 m. Alors pourquoi Lisbonne et ses 21,1 km ? « L’occasion s’est présentée, explique Calvin. J’avais participé au marathon en octobre (elle avait parcouru 17 km en guise de séance) et les organisateurs ont décidé de m’inviter pour le semi. Ca rentre dans ma préparation pour le 10 000 m (record : 31’52’’86 en 2014). Au lieu de faire une sortie d’1h20 toute seule, je casse un peu ma routine. »

Une cheville coincée tout l’hiver

Une rupture dans l’entrainement qu’elle avait déjà réalisée pour se rendre aux Championnats de France de cross. « A la base, je ne m’étais pas fixée les France de cross dans mon programme car je voulais vraiment me concentrer sur le 10 000 m. Mais je ne regrette pas. J’ai pris beaucoup de plaisir et ça m’a mis un objectif à court terme. Ca m’a permis de couper un peu en intégrant une compétition. »

De plus, sa cheville coincée – les suites d’une chute en novembre à Font-Romeu – s’est déverrouillée à l’approche de son terrain de jeu favori. « J’ai été embêtée avec ma cheville pendant tout l’hiver. Elle s’est raidie et j’avais du mal à pousser vraiment sur mon pied. Je n’avais plus confiance en mon appui. Mais quand j’ai décidé de participer au cross, ça m’a obligée à me lancer. Et le travail chez le kiné a permis de tout décoincer. »

Une césure scolaire pour préparer les JO

Bien dans ses jambes, la vice-championne d’Europe du 10 000 m (en 2014 à Zurich) l’est également dans sa tête. Libre de toutes ses prérogatives scolaires en cette année olympique, elle peut se consacrer à 100 % pour son sport. « Mon année 2015 a été gâchée par une varicelle (elle a trainé les séquelles d’une varicelle quasiment toute la saison) que j’ai attrapée en stage (elle étudie la psychomotricité). Pour cette saison j’ai donc demandé à prendre une année de césure. Car en 2015, j’avais essayé de beaucoup m’entrainer et de continuer mes études. Je suis tombée malade au bout de trois semaines, donc là, ce n’était pas possible de repartir comme ça. »

Un choix qui semble parfaitement lui convenir. « C’a changé ma vie. Je n’aborde plus les choses de la même façon. Je suis beaucoup moins stressée et plus détendue avec beaucoup plus de temps pour récupérer. » De quoi arriver en pleine possession de ses moyens pour le 10 000 m de Palo Alto (aux Etats-Unis le 1er mai), le premier gros objectif de sa saison. « Le problème sur le 10 000 m c’est qu’on ne peut pas en courir beaucoup. Je n’aurai pas de seconde chance à part peut-être aux Championnats d’Europe. Il me reste six semaines pour être prête. »

Concentrée sur le 10 000 m, elle prendra le départ du semi-marathon de Lisbonne avec comme seul leitmotiv, le plaisir. « C’est de la découverte pour moi, avoue-t-elle. Je ne suis pas du tout préparée pour la distance. Je fais beaucoup de qualité à l’entrainement car je travaille des allures entre 3’07 et 3’10 au kilomètre pour le 10 000 m. Je n’ai pas d’objectif en terme de chrono. Je viens pour prendre du plaisir. J’ai appris à aimer l’ambiance des courses sur route. C’est plus détendu que sur la piste. »

La prochaine olympiade sur marathon

Un premier pied sur le macadam qui devrait vite appeler le second, puisque sa prochaine olympiade, Clémence Calvin la voit sur le marathon. « Après les Jeux olympiques de Rio, je vais me mettre sur le marathon. Ca fait partie d’un projet. L’idée a mûri depuis plusieurs années. Plus jeune, on m’en parlait. Ca éveillait ma curiosité mais je ne voulais pas. Aujourd’hui j’ai l’âge pour y penser. »

2017 marquera donc, sans aucun doute, son entrée sur la distance mythique, avec en point d’orgue, les Jeux olympiques de Tokyo en 2020. « L’idée est de devenir une marathonienne confirmée pour être compétitive à Tokyo en 2020. J’aurai trente ans, c’est l’âge parfait pour une marathonienne. Mais pour cela, je dois me lancer bientôt et commencer à faire beaucoup plus de kilomètres à l’entrainement, ce qui n’est pas le cas pour le moment. »

Pour l’heure, le tartan garde encore une place privilégiée dans son cœur et c’est avec appétit qu’elle défendra sa médaille suisse avant, peut-être, de découvrir les Jeux olympiques. « Je ferai quelques 5 000 m (record : 15’07’’58 en 2014) en préparation mais mon objectif c’est le 10 000 m. Je veux conquérir une médaille à Amsterdam. Je ferai en sorte d’être prête ! »

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Journaliste professionnel. Fondateur et rédacteur en chef de Track and Life.

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