Florian Théophile

Florian Théophile a tout donné pour décrocher sa première médaille aux championnats de France Elite.

 

Troisième du 3 000 m des Championnats de France Elite d’Aubière, Florian Théophile a décroché une médaille qu’il ne pensait pas atteignable, lui, qui ne se considère pas comme un athlète de haut niveau.

Ce samedi (27 février), dans la salle d’Aubière, la finale du 3 000 m est encore très indécise quand Florian Théophile se porte en tête du peloton. Il reste 600 mètres de course et le Tourangeau vient d’attaquer. Seul le Marocain Youness Essalhi s’accroche à sa foulée. Derrière, les favoris Hassan Chahdi, Guillaume Adam et Djilali Bedrani ne réagissent pas. « Il y a eu un trou, se surprend encore Florian Théophile. J’ai senti qu’il n’y avait personne derrière moi. »

 Premier à 80 mètres de l’arrivée

Champion de France jusque dans le dernier virage, Théophile terminait finalement troisième (8’09’’51), exécuté dans les derniers hectomètres par le miler Guillaume Adam (champion de France en 8’07’’42) et l’international espoirs Djilali Bedrani (8’07’’72). « A la fin j’étais lactique mais c’est normal. Je n’ai pas la même valeur athlétique que ces gars-là. Partir de loin était la seule façon de m’exprimer. Mais franchement, je pensais qu’une médaille aux Elite me ferait fondre en larmes. Mais en fait, j’ai un petit sentiment d’inachevé, car à 80 mètres de la ligne j’étais encore premier. »

Une déception vite digérée pour l’athlète de l’Athletic Trois Tours (section Free Run). « La médaille aux Elite c’était un souhait dans ma carrière. Je ne m’attendais pas à pouvoir faire ça. C’est génial car je ne suis pas un athlète de haut niveau. C’est un aboutissement qui récompense mon investissement. »

Florian Théophile

Très concentré avant la course, Florian Théophile avait fait de ces championnats son objectif hivernal.

 

Impasse sur le cross long

Salarié au magasin Running Conseil de Tours, Florian Théophile travaille 45 heures par semaine, loin des horaires aménagés de la plupart de ses adversaires. Un équilibre qu’il juge pourtant important dans son évolution. « Je travaille dans ma passion. Mais je n’ai pas couru les meetings nationaux avant les France (il a seulement couru un 3 000 m en 8’18’’68 à Eaubonne le 6 février) car je ne peux pas bien récupérer avec mon travail si je fais trop de compétitions. Avec l’expérience je sais que lorsqu’on n’est pas un athlète de haut niveau, on ne peut pas se permettre de faire n’importe quoi. J’avais ciblé ma saison sur ces championnats. »

Pourtant très attaché aux championnats par équipes sur le cross long, François Barreau son employeur et le président de la section Free Run lui a même fait un « cadeau » en lui épargnant de participer au cross long lors des interrégionaux (il a gagné le cross court). « J’ai bataillé avec mon club pour faire la salle. Mais je rendrai la pareille ce dimanche aux championnats de France sur le cross long. »

International espoirs en 2009

Des cross qu’il n’affectionne pas plus que ça mais sur lesquels il a décroché sa seule sélection internationale (35e des Europe espoirs en 2009). Une saison 2009 qui l’avait vu rafler les titres nationaux du 10 000 m et du 5 000 m chez les espoirs. Depuis, le Tourangeau avait tourné autour du podium des France Elite (5e en 2014 et 7e en 2013 sur 5 000m), si on excepte ses deux titres aux France Nationaux (qui vont disparaître, lire article) sur 5 000 m (2012 et 2013). « Quand j’avais fait cinquième (4e Français) il y a deux ans, derrière des cadors comme Bob Tahri, ça m’avait surpris. Mais depuis, je m’étais dit que c’était possible. »

Le déclic a d’ailleurs eu lieu l’année dernière, quand, blessé à la hanche, il assistait à la victoire de Benjamin Choquert sur le 5 000 m des Elites, un athlète qui possède à peu près les mêmes références que lui. « Je me suis dit plus jamais ça, avoue Florian Théophile. Depuis la reprise, je fais tout ce que je peux. Je m’entraine huit à dix fois par semaine malgré mon travail. Mais tout le monde peut doubler, il suffit de le vouloir. »

Les 13’50 sur 5 000 m en ligne de mire

Une volonté récompensée et fêtée avec son entraineur Jean-Pierre Maréchal, présent ce samedi dans les tribunes d’Aubière. « Mon coach me suit depuis douze ans. Je suis content de lui apporter cette médaille. »

Sa médaille en poche, il se tourne déjà vers l’été où il aimerait bien faire descendre son chrono sur 5 000 m. « Je ne passerai jamais le palier pour être au niveau des gars de l’équipe de France. J’ambitionne de faire moins de 13’50 (13’58’’45 en 2014). Avec ces références, dans un bon jour, tout peut arriver aux France. »

Remonter sur la boite à Angers au mois de juin prochain serait un beau cadeau de mariage, puisqu’il passera devant l’autel à la fin du mois de juillet. Un autre aboutissement de vie.

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Journaliste professionnel. Fondateur et rédacteur en chef de Track and Life.

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