Baptiste Mischler

Baptiste Mischler est devenu le deuxième meilleur performeur français de l’histoire en juniors sur 1 500 m.

 

En réalisant 3’39’’58 lors du meeting d’Amiens, Baptiste Mischler est devenu le deuxième junior français de l’histoire à passer la barrière des 3’40, derrière le recordman de France Samir Dahmani (3’38’’01 en 2010). De quoi laisser augurer de belles promesses pour l’Alsacien, vice-champion d’Europe juniors en 2015 et qui compte jouer une carte à l’échelle mondiale en juillet prochain à Bydgoszcz. Rencontre.

3’41’’25. Voilà le chrono que s’était fixé Baptiste Mischler en début de saison avec son entraineur Hubert Steinmetz. Une fourchette qui lui permettait de faire mieux que le record d’Alsace de Fouad Chouki (3’42’’02 en 1997), sans se mettre une trop grosse pression à devoir courir sur des bases très élevées. Mais évidemment, comme depuis le début de sa carrière, l’athlète de  l’Unitas Brumath est allé plus vite, beaucoup plus vite. En terminant quatrième du meeting d’Amiens en 3’39’’58, il est tout simplement devenu le deuxième junior français à passer sous la barrière des 3’40 sur 1 500 m, après Samir Dahmani en 2010 (3’38’’01, record de France). De quoi rayer Chouki des tablettes. « C’est encore une grosse surprise, lâchait-il après sa course amiénoise. J’étais bien dans le dernier 400 m. Donc je n’ai pas hésité à essayer de titiller les seniors. Je me suis vraiment éclaté. »

« Mon chrono sur 800 m m’a ouvert des perspectives »

Une nouvelle surprise, car le 25 mai à Namur, l’Alsacien s’était déjà étonné en bouclant son 800 m en 1’47’’51, cinquième performance française de tous les temps chez les juniors. « Je pensais faire 1’49-1’48, explique Baptiste Mischler. Mais de là à faire 1’47. C’est un chrono qui commence à parler. Ca m’a ouvert des perspectives. Ca m’a tout de suite motivé pour me dire que je pouvais faire mieux sur le 1 500 m. »

Auteur des minima pour les Championnats du monde juniors dès son premier 1 500 m à Montbéliard (3’43’’09, le 1e juin), Baptiste Mischler est cette fois-ci entré dans une nouvelle dimension. Mais pas de quoi faire tourner la tête à cet étudiant en école d’ingénieur à l’INSA de Strasbourg. Car les hauteurs, il connaît. Vainqueur du Festival olympique de la jeunesse européenne en 2013, il avait dès la saison suivante terminé sixième des Jeux olympiques de la jeunesse sur le 1 500 m. Avant de finir comme un boulet de canon l’année dernière lors des Championnats d’Europe juniors pour s’emparer de l’argent. « Quand j’ai fait 3’47 en cadets 2 (3’47’’22 en 2014) et sixième des JO de la jeunesse, je me suis dit qu’il y avait un coup à jouer, que j’avais un peu de potentiel. Et en plus, avec Mohamed-Amine El Bouajaji et Anthony Pontier, on avait tous les trois fait de bonnes performances lors de cet événement. Donc on s’est dit qu’il fallait qu’on continue à progresser ensemble. »

Leader de la génération dorée

Une promesse tenue puisque depuis, « la génération dorée » a remporté le Championnat d’Europe de cross par équipes en décembre dernier. Et Baptiste Mischler en était, évidemment. « C’est bien d’avoir cette génération (avec entre autres Fabien Palcau, Jimmy Gressier, Mohamed-Amine El Bouajaji), avoue-t-il. Ca permet de nous pousser vers le haut. On s’entend tous super bien. Il y a forcément une rivalité sur le terrain, car si on se respecte trop ce n’est pas bon non plus, mais dès qu’on est en dehors de la compétition, on se sert les coudes. »

Baptiste Mischler

A Amiens, Baptiste Mischler a terminé quatrième devant beaucoup de seniors chevronnés.

 

De quoi donner des ailes à ce miler qui, malgré son statut de leader, depuis sa médaille aux Europe juniors sur 1 500 m, semble plus léger que jamais. « Dans la tête, quand on se dit qu’on est vice-champion d’Europe, on est plus relâché sur les compétitions, explique-t-il. On se dit que les mecs en face ont peut-être plus peur parce qu’ils savent ce que j’ai fait. Ca me relâche. »

Des horaires aménagés à l’INSA de Strasbourg

D’ailleurs, rien ne semble pouvoir l’atteindre. Même pas son entrée dans un cursus universitaire, modifiant quelque peu ses habitudes prises depuis de nombreuses années. « Je ne fais pas des études faciles mais j’ai obtenu un aménagement (il fait sa première année en deux ans). C’était un peu dur pour tout mettre en place au début parce que j’ai changé d’environnement même si je vis toujours chez mes parents à Brumath (à dix minutes de train de Strasbourg). C’est quand même un autre mode de vie, une nouvelle routine qu’il faut mettre en place. »

A la vue de ses prouesses, il semble s’être parfaitement adapté. De quoi regarder avec gourmandises vers les prochaines semaines et le rendez-vous polonais (il s’alignera seulement sur 1 500 m aux Championnats du monde juniors) où sa pointe de vitesse pourrait faire des dégâts. «  J’ai encore un bon mois jusqu’aux Mondiaux. Il faut se reconcentrer. J’ai mis une grosse claque à l’objectif chronométrique. Maintenant, il faut essayer d’aller chercher une place de finaliste. »

Il ne pense pas à Tokyo

D’ici là, il pourrait donner un coup de main comme lièvre, puisque certains athlètes cherchant à réaliser les minima pour les Jeux olympiques l’auraient sollicité. Un rendez-vous olympique auquel il ne pense pas encore, malgré sa présence dans le collectif « Génération 2020 ». « Les JO ça me paraît très loin. Au niveau de l’entrainement, il y aura déjà une charge à ajouter, car pour le moment je m’entraine sept fois par semaine. Et j’ai encore pas mal de choses à mettre en place comme commencer à travailler avec un préparateur physique, ou améliorer mon hygiène de vie. »

Attention aux dégâts, car la tornade n’a pas fini de grandir.

Partager cet article

Journaliste professionnel. Fondateur et rédacteur en chef de Track and Life.

Facebook Comments

Website Comments

Post a comment