Cindy Billaud

Cindy Billaud est de retour à l’entrainement à Reims.

 

La co-recordwoman de France du 100 m haies est passée en un peu plus d’un an, d’une demi-finale aux Jeux olympiques préparée à l’INSEP, à une nouvelle vie à Reims, après avoir donné naissance à une petite fille. Une révolution que Cindy Billaud vit avec toujours ce sourire aux lèvres qui la caractérise. Et alors qu’elle a repris le chemin de l’entrainement depuis un mois, la hurdleuse s’est livrée à Trackandlife.fr. Rencontre.

Le rendez-vous était donné au CREPS de Reims, à la halle d’athlétisme Jean Poczobut. C’est ici, depuis un mois, que Cindy Billaud a remis sa panoplie d’athlète de haut niveau. Evidemment, pour l’heure, la toute fraiche maman est loin de la co-recordwoman de France du 100 m haies (12’’56 en 2014, même temps que Monique Ewanjé-Epée) ou de la demi-finaliste des derniers Jeux olympiques de Rio. « Je sens que mon corps a vraiment changé, avoue-t-elle. Il faut que je me réhabitue à ce nouveau corps. Je ne suis plus du tout la même personne qu’avant ma grossesse. »

Des difficultés en 2015 et 2016

Avant, Cindy Billaud enchainait les 100 m haies à une allure supersonique pour terminer septième des Mondiaux de Moscou (2013), puis vice-championne d’Europe en 2014 à Zurich. Et même si 2015 et 2016 avaient été plus compliqués (meilleur chrono à 12’’83) avec plusieurs changements d’entraineurs, elle dominait l’Hexagone sur cet enchaînement de dix haies (championne de France Elite de 2013 à 2016). « J’ai fait 2013 et 2014 au top niveau, explique-t-elle. Et 2014 s’est fini sur une blessure (décollement osseux à la fesse). Ensuite, il y a eu le changement de coach (elle est passée de Giscard Samba à Patricia Girard). Mais j’étais bancale à cause de ma blessure. C’était une période compliquée où j’ai failli arrêter l’athlétisme. Avant que Benjamin (Crouzet) ne réussise à me ramener. J’avais besoin de quelque chose de nouveau. »

Et de la nouveauté, Cindy Billaud vient d’en rajouter une nouvelle couche. Alors qu’elle s’entrainait à l’INSEP avant les JO, la voilà à Reims, toujours avec Crouzet et les frères Pascal et Thomas Martinot-Lagarde, mais avec un enfant en plus. Mère d’une petite fille, qu’elle a eue avec Thomas Martinot-Lagarde, la hurdleuse a donc mis sa carrière entre parenthèses en 2017 avant de revenir il y a peu sur les pistes. « Après ma grossesse, je me suis fixée l’objectif de revenir. Quand je suis partie j’étais encore en forme donc je reviens pour essayer de refaire du haut niveau. Mais je ne sais pas si ça va marcher. »

Un retour en minimes

Cantonnée pour l’heure à une réathlétisation, la sprinteuse sent que le chemin va être long même si elle est toujours restée active pendant sa grossesse. « Je n’ai jamais vraiment coupé avec une activité physique. Sur la fin, je faisais jusqu’à 8 km par jour de marche. Et j’ai gardé tout ce qui était fitness, squats, travail de jambes et de proprioception. Mais c’est vrai que je n’ai pas pu courir vite depuis longtemps. Et là, à l’entrainement, j’ai l’impression de redevenir une minime. »

Une sorte de saut dans l’inconnu qu’elle aborde néanmoins sereinement. « Je suis amie avec Sandra Gomis (internationale française sur 100 m haies) qui a fait ses meilleurs chronos après sa grossesse. Il n’y a pas de secret. Elle m’a dit qu’au début elle en avait chié mais qu’il fallait s’accrocher. Quand tu as été bonne, c’est possible de revenir. Pour cela, il faut avoir confiance en soi et en son coach. »

Un coach qu’elle a suivi à Reims, ville où elle a égalé le record de France en 2014. « C’est une ville dans laquelle je me sens bien. On s’est vite adapté. Tout est à 15’. Il n’y a plus de bouchons. Ca change la vie ! »

Se battre pour revenir

Tout comme l’arrivée d’un enfant. « Je ne passe plus les dix minutes à discuter à la fin de l’entrainement, sourit-elle. Dès que j’ai fini ma séance, je m’en vais car j’ai trop hâte d’aller chercher ma fille. Avant, je menais ma vie pour l’athlétisme. Aujourd’hui, je vis pour ma fille et c’est un vrai bonheur. »

La femme est conquise, et l’athlète aimerait le redevenir. « Je pense reprendre la compétition cet été, en tout cas je ne ferai rien cet hiver. J’aimerais évidemment aller aux Europe de Berlin mais il va falloir se battre. Maintenant, il y a aussi un petit niveau en France. Les jeunes poussent. On sera pas mal de filles à pouvoir faire 13’’00 cet été. Si je peux être dans le lot, ça sera tout bonus pour moi. »

Un bonus qu’elle aimerait étirer au moins jusqu’à Tokyo. « J’aimerais finir ma carrière sur des JO. Après il y a plein de facteurs. Est-ce que mon corps va suivre ? Est-ce que je suis encore capable ? Il y aura beaucoup de questions mais je vais prendre ça pour m’amuser. J’ai toujours dit que les compétitions étaient comme un parc d’attraction. Je prendrai ça toujours pareil. Mais pour l’heure, j’adore cette nouvelle vie. J’ai tout changé et j’adore ça ! »

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Journaliste professionnel. Fondateur et rédacteur en chef de Track and Life.

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