Kevin Ménaldo

Kevin Ménaldo a participé au Fly Europe Paris ce mercredi.

 

Déçu par sa saison, l’athlète Kevin Ménaldo a décidé de rejoindre Renaud Lavillenie à Clermont-Ferrand à partir de cette saison. Un choix motivé par un besoin de changements à tous les étages et notamment de prendre son envol loin de l’environnement de l’INSEP qui commençait à fortement lui peser. Interview.

– Kevin, pourquoi avoir choisi de quitter l’INSEP pour Clermont-Ferrand ?

« Cette saison, c’était ma sixième année à l’INSEP. Ca fait deux, trois ans, où, malgré le fait que je batte mon record et qu’on pourrait penser que je fais de bonnes saisons, je suis relativement déçu car je n’arrive pas vraiment à m’exprimer au plus haut niveau, notamment dans les championnats. Chaque athlète a besoin, à un moment de sa carrière, de voir autre chose. Moi, au bout de six ans, je pense avoir fait le tour de l’INSEP.

« S’entrainer avec Renaud ne peut que pousser vers le haut »

– Ce changement entraine également un changement de coach puisque vous allez quitter Gérald Baudoin pour vous entrainer avec Philippe d’Encausse, l’entraineur de Renaud Lavillenie.

J’ai passé six ans avec Gérald. On a eu des moments de folie. J’ai été énormément content de ce qu’il a pu m’apporter, autant sur le plan technique que personnel. C’est une belle page qui se tourne et une nouvelle qui s’ouvre à Clermont-Ferrand aux côtés de Philippe, de Renaud et de Stan (Stanley Joseph, international qui s’entraine également à Clermont-Ferrand), où je vais être dans des conditions encore plus optimales pour aller dans la performance. Parce que s’entrainer avec quelqu’un comme Renaud ça ne peut que pousser vers le haut. Le choix comprend évidemment Philippe. C’est un entraineur pour qui j’ai énormément de respect, qui m’a déjà entrainé lors de stages ou sur pas mal de compétitions. On a un bon feeling. Il a une vision de la perche que j’aime beaucoup. Et c’est quelqu’un à qui je fais confiance. Il a amené Renaud au record du monde. Je vais découvrir quelque chose de nouveau. Et je vais aussi pouvoir prendre un appartement car j’en avais un petit peu marre du côté enfermé de l’INSEP.

– Justement, à l’heure où des groupes d’entrainement en athlétisme sont relancés à l’INSEP, vous quittez, tout comme Pascal Martinot-Lagarde (voir article) cet écrin qui semble à la pointe pour la préparation.

Disons que le confort de l’INSEP ne convient pas à tout le monde. Tous les « Insepiens » sont à peu près d’accord pour dire qu’on est vraiment dans un super confort, dans une structure énormissime. Mais quelque part, ce n’est pas la vie. Je reconnais pour ma part, qu’à la fin, ça me poussait à la fainéantise. Partir du stade après une séance de merde et se retrouver dans sa chambre 100 m plus loin, ça pèse. On ne coupe jamais du sport. Cela a tendance à rendre fou, je commençais à ne plus en pouvoir.

« Je me suis troué en championnat »

– Vous aviez d’ailleurs déjà essayé de couper avec l’INSEP l’année dernière en partant quelques mois à Bordeaux (voir article).

Ma coupure à Bordeaux m’avait déjà fait énormément de bien car j’avais mon appartement, je devais me prendre en main pour aller m’entrainer, faire mes soins. Je me sentais vraiment bien. Là, ça va être similaire, et en plus, dans des conditions idéales pour faire du saut à la perche. Et je vais m’entrainer avec Renaud et Stan qui sont deux personnes avec qui je m’entends super bien.

– Quel événement a été l’élément déclencheur dans votre choix ?

J’avais pour objectif de sauter plus haut en terme de record absolu cette saison. Quand on bat son record au mois d’avril, on est censé sauter plus haut dans le championnat au mois d’août. J’ai fait cette année une saison entière avec énormément de concours sans blessures (déjà 20 concours). Le physique tient bien, il y a eu une bonne préparation mais je me suis troué en championnat. Pour des raisons que je ne pourrais même pas expliquer. Il m’est arrivé la même chose cet hiver et cet été. Je suis arrivé à Belgrade (Championnats d’Europe en salle) en étant champion de France, en battant mon record et en forme comme jamais et ça n’est pas passé. Toutes mes perches étaient trop souples, il me manquait quelque chose, peut-être du travail technique sur les perches. Et c’était pareil cet été à Londres et l’année dernière aussi… J’ai besoin de voir autre chose. »

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Après un été tronqué par une blessure et son forfait pour les Championnats du Monde de Londres, Floria Gueï a décidé de quitter Lyon pour Montpellier. La championne d’Europe en salle du 400 m 2017 va dorénavant être coachée par Bruno Gajer après plusieurs saisons sous les ordres de Djamel Boudebibah.

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Journaliste professionnel. Fondateur et rédacteur en chef de Track and Life.

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