Karl Taillepierre

Le dimanche 15 mai, Karl Taillepierre a sûrement participé à son dernier meeting de Montgeron.

 

Gravement blessé au genou gauche en janvier 2015, l’ex-international au triple saut termine sa carrière en douceur, à presque quarante ans.

La prolongation de sa carrière ne devait durer que trois compétitions : les deux tour d’Interclubs et le meeting national de son club de l’ES Montgeron. « Je fais les Interclubs et le meeting de Montgeron pour le plaisir, avait glissé Karl Taillepierre, quand nous l’avions rencontré juste avant le rendez-vous essonnien. Le plaisir de sauter est toujours là car j’ai changé de jambe d’appel. Je veux juste m’amuser avec ma nouvelle jambe. »

15,51 m sur huit foulées

Mais avec 15,51 m réalisés ce dimanche, Karl Taillepierre se verrait bien faire encore un ou deux meetings, juste pour le plaisir. « Pour l’instant, je me pose la question. J’ai fait 15,51 m sur huit foulées et en plus, j’ai pu ressauter sur ma jambe blessée. »

Il faut dire qu’en janvier 2015, l’athlétisme semblait terminé pour celui qui a sauté à 17,45 m en 2005 et qui compte seize sélections en équipe de France seniors. Lors d’un entrainement, son genou gauche a lâché (rupture du tendon rotulien). « J’étais bien en 2014 (16,54 m) mais c’est la blessure qui m’a dit stop. » A 38 ans, son temps était déjà compté, mais son corps a voulu en finir avant. « Ce problème au genou, je l’avais depuis l’an 2000, avoue Taillepierre. Mon genou a toujours été comme-ci, comme-ça. Il y a des années où il m’a laissé un peu tranquille et d’autres, où j’avais très mal. »

Toujours de bons conseils

Cette fois, il a eu trop mal et son retour sur les pistes ne devait être qu’une façon de « ne plus avoir peur de me faire mal sur ce genou ». Mais de fil en aiguille, il a repris goût au saut, une passion qui n’avait évidemment jamais disparu. Surtout que depuis deux saisons, l’espoir de la discipline Sokhna Gallé s’entraine dans son groupe, sous la houlette de Patricia Girard. Et depuis plusieurs mois, c’est lui qui la conseille. « Son coach c’est Patricia. Moi je l’accompagne. Je suis là pour superviser. J’ai toujours donné des petits conseils comme ça. »

Karl Taillepierre

A l’entrainement, Karl Taillepierre conseille la jeune Sokhna Gallé.

 

De toute façon, ce rôle de taulier des sautoirs, ça fait plusieurs années que Karl Taillepierre l’a endossé. Leader du triple saut au milieu des années 2000, il a vu arriver, tour à tour, Benjamin Compaoré et Teddy Tamgho. « J’ai toujours été en relation avec eux. Je me suis même entrainé avec eux. Dès que je vois un truc technique, j’essaie de leur dire. Et ça marche dans les deux sens. Au premier tour des Interclubs, je sautais pour la première fois sur ma nouvelle jambe (la droite) et Teddy m’a un peu coaché. »

Pas intéressé par la catégorie Masters

Un Teddy Tamgho souvent blessé, et qui ne pourra peut-être pas faire durer le plaisir aussi longtemps que Karl Taillepierre. « Il y a des athlètes qui sautent encore à 40 ans à haut niveau comme Fabrizio Donato (record à 17,73 m en 2011 et encore auteur de 17,11 l’année dernière), explique Taillepierre. Après, cela dépend des soins mais également de la vie en général. »

Pour lui en tout cas, sa carrière est derrière lui. « J’ai fait ce que j’ai pu avec ce que j’avais. Le seul regret que j’ai, c’est de ne pas avoir pu participer aux Championnats du monde de Paris en 2003. J’aurais aimé sauter chez moi mais j’ai été diminué toute la saison par une pubalgie. »

Et quand on lui parle de record de France masters (il possède déjà le record de France M35 avec 16,84 m en 2012), il éclate immédiatement de rire. « Je ne sais même pas ce que c’est ! » On lui apprend alors que c’est 15,14 m (Maxime Mornin en 2012) et donc qu’il a fait mieux ce week-end. Le seul problème, c’est qu’il faut avoir 40 ans révolus pour valider un record de France vétérans. Et quand on lui soumet l’idée de ressauter après le 13 août prochain. Il affirme : « C’est trop loin ! »

Tout comme l’idée d’un jubilé, comme l’a reçu Ronald Pognon quelques jours plus tôt à Montgeron. « Je ne veux pas de tout ça. Je veux juste partir tranquille. »

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Journaliste professionnel. Fondateur et rédacteur en chef de Track and Life.

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