Village olympique

Les athlètes sont installés dans des immeubles au coeur du village olympique où seuls les drapeaux accrochés aux balcons permettent d’identifier les délégations. (Photo : Mickaël meba Zeze)

 

Grâce aux témoignages des athlètes Mathilde Andraud et Mickaël meba Zeze, découvrez l’envers du décors du village olympique, où les stars se mêlent aux anonymes dans une ambiance exceptionnelle, néanmoins altérée par des vols. Récit.

« On est entrés dans le concret, c’est sûr que ça fait une différence ! » Arrivée à Rio depuis samedi, Mathilde Andraud, a enfin découvert ce village olympique dont on lui a tant parlé. Regroupée avec l’équipe de France pour un stage terminal à Sao Paulo (voir article) depuis près de deux semaines, la lanceuse de javelot avait hâte de découvrir l’épicentre des Jeux. « C’est génial ! On est des athlètes de tous les sports réunis au même endroit, ce qui fait que tu as vraiment l’impression que c’est une petite ville. » Une ville qui enchante le membre du relais 4×100 m, Mickaël meba Zeze. « C’est mieux que ce que j’imaginais. Je ne m’attendais pas à voir d’aussi grands bâtiments. C’est beau, c’est grand, c’est neuf, c’est impressionnant ! »

Le self, lieu central du village

Regroupée au sein d’un même immeuble – qu’elle partage avec le Sénégal – , la délégation française vit donc depuis une semaine son aventure olympique. Dans des appartements pour quatre ou six personnes, composés d’un salon et d’une télévision pour certains, le temps file vite entre les entrainements, les épreuves à suivre ou les repas au self, point culminant du village. « La cantine est incroyable, lâche Mickaël meba Zeze, qui partage sa chambre avec le sprinter Marvin René et les relayeurs du 4×400 m Thomas Jordier et Ludvy Vaillant. C’est un espèce de gros dôme. Il y a quasiment tous les athlètes qui y sont pour manger. On a l’impression de croiser tous les athlètes des JO. Il y a beaucoup de variétés de nourriture. C’est un self où tu peux choisir ce que tu veux pour manger. C’est vraiment top. »

Pour quelques jours, Rio est la ville la plus sportive du monde, où les athlètes vivent les uns sur les autres. De quoi faire de belles rencontres. « Tu croises tellement de monde finalement que tu n’as pas le temps de savoir qui c’est. J’ai quand même vu la petite gymnaste Simone Biles (triple championne olympique), lâche Andraud, qui fait colocation avec la marcheuse Emilie Menuet et les hurdleuses Sandra Gomis et Cindy Billaud. Mais j’aurais aimé capter le rugbyman Sonny Bill Williams (membre des All Black à XV et à VII) pour mon frère qui se marie en septembre. Mais il était déjà reparti (blessé). » « Je n’ai pas encore eu l’occasion de me faire un torticolis en me retournant vers une star, rigole Zeze. On a aperçu des basketteurs comme Tony Parker mais celui que j’aimerais croiser c’est Teddy Riner. »

Présents pour le record du Monde du 400 m

En attendant Riner, Zeze et quelques autres membres de l’équipe de France ont néanmoins pu assister à la soirée qui est déjà entrée dans les annales des JO avec le record du monde du 400 m de Wayde Van Niekerk et le nouveau sacre de la légende Bolt. « Wouahou ! Le stade était en feu ! C’était un truc de fou ! C’est vraiment le 400 m qui m’a le plus impressionné. J’ai envie d’en faire maintenant (rires). » En lice ce mardi (2h50) pour les qualifications du javelot, Mathilde Andraud a, quant à elle, évité les deux heures de bus (aller-retour) pour se rendre au stade, préférant la salle commune de l’immeuble des Bleus où une télévision avec France TV a été installée. « C’est cool on peut vraiment suivre les Français. On était tous derrière Jimmy (Vicaut 7e du 100 m) pour la finale. Des fois tu es triste, tu es content, c’est bien de partager les émotions avec tout le monde. Il ne faut pas se perdre dedans mais je trouve ça bien. »

Village olympique

Mickaël meba Zeze (au premier plan) aux côtés de Carole Zahi, Thomas Jordier, Maroussia Paré et Stella Akakpo (de droite à gauche) lors de la finale du 100 m dans le stade olympique. (Photo : Mickaël meba Zeze)

 

Des émotions qu’ils vont bientôt découvrir. « J’avais très peur mais plus ça approche et plus j’ai envie, avoue Andraud. J’avais l’impression de ne pas être forcément au top. Je me disais comment c’est possible d’arriver à cette période de la saison et ne pas se sentir au top. Et au finale, plus ça approche et plus je me dis qu’il n’y a pas de raisons. J’ai fait beaucoup de choses cette année pour. Je voudrais juste ne pas avoir à regretter d’avoir été spectatrice. J’ai tellement envie, donnez-moi un javelot ! » « Il va falloir éviter de s’éparpiller, juge Mickaël meba Zeze qui fera son entrée ce jeudi avec les séries du 4×100 m. La compétition va arriver très très vite. Il va falloir être solide et ne pas perdre d’énergie. Juste essayer de garder notre rythme de Sao Paulo. »

Attention aux vols

Finalement, le seul point qui pourrait gêner la quiétude des Bleus est le risque de vols. De nombreux cas ont été rapportés et les Français, comme tous les autres sportifs, sont donc sur leurs gardes. « On fait attention à ne pas laisser traîner nos affaires, précise Mathilde Andraud. On ferme à la fois l’appartement et les chambres à clé et on a même mis les affaires qui craignent, comme celles de compétition, dans un sac avec un cadenas. »

Des tenues de compétition qu’il faudrait qu’ils réussissent à conserver jusqu’à la fin des JO.

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Journaliste professionnel. Fondateur et rédacteur en chef de Track and Life.

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